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Ce n’est pas un secret : les gens aiment se voir de manière positive. Des décennies de recherche indiquent que les gens se donnent beaucoup de mal pour accentuer leurs qualités et minimiser leurs défauts. Mais que se passe-t-il lorsqu’un partenaire potentiel séduisant présente ces défauts ? Dans deux études récentes publiées dans le Journal of Experimental Social Psychology, les chercheuses Erica Slotter et Wendi Gardner ont émis l’hypothèse que lorsque les gens sont attirés par des partenaires potentiels présentant des défauts, leurs désirs romantiques peuvent les inciter à adopter eux-mêmes ces défauts. Les auteurs ont cité l’exemple de Sandy Olsson dans Grease, qui (spoiler alert ?) décide d’abandonner son image de jeune fille bien dans ses baskets pour tenter de séduire son amoureux « greaser », Danny Zuko.

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Slotter et Gardner ont testé leur hypothèse à l’aide d’une expérience intelligemment conçue. Les participants – tous des étudiants célibataires – ont vu un ensemble de caractéristiques, ou traits, qui allaient de très positifs (par exemple, intelligent, gentil) à très négatifs (par exemple, égoïste, malhonnête). Ils ont évalué dans quelle mesure ils considéraient chaque trait comme positif et ont indiqué dans quelle mesure chaque trait les décrivait. Ensuite, les participants ont lu le profil d’un autre élève qui aurait été scolarisé dans la même école. Il est important de noter que le profil a été adapté à chaque participant afin d’inclure un trait que le participant avait évalué comme étant à la fois négatif et peu caractéristique de lui-même. Par exemple, si un participant se considérait comme très altruiste et avait noté qu’il n’aimait pas l’égoïsme chez les autres, la personne décrite dans le profil était considérée comme égoïste. Les participants ont été assignés au hasard à lire que le profil était soit un profil de rencontre d’un étudiant célibataire (condition expérimentale), soit un profil professionnel d’un étudiant qui se présentait au gouvernement étudiant (condition de contrôle). La condition expérimentale illustre la situation d’un intérêt romantique pour une personne imparfaite, tandis que la condition de contrôle représente le simple fait de rencontrer une personne imparfaite dans un contexte non romantique.

Après avoir lu le profil, les participants se sont à nouveau évalués sur les traits de personnalité positifs et négatifs. Lorsque les participants pensaient que le profil était celui d’un étudiant se présentant au gouvernement étudiant, ils ne s’évaluaient pas différemment après avoir lu le profil. En d’autres termes, le simple fait de rencontrer une personne imparfaite dans un contexte non romantique n’a pas affecté l’opinion que les participants avaient d’eux-mêmes. En revanche, la lecture du profil d’une personne célibataire sur le plan sentimental a modifié la perception que les participants avaient d’eux-mêmes : ils ont considéré que les traits négatifs les caractérisaient davantage après avoir pris connaissance des profils de personnes qui présentaient ostensiblement ces traits. Par exemple, les participants qui se disaient plutôt altruistes et qui n’aimaient pas l’égoïsme se considéraient en fait comme plus égoïstes après qu’on leur ait présenté le profil d’une personne égoïste. Les chercheurs ont obtenu les mêmes résultats dans une étude de suivi menée en ligne auprès d’un échantillon communautaire d’adultes : une fois de plus, après avoir été exposés à une personne séduisante mais présentant des défauts, les participants étaient plus enclins à admettre qu’ils présentaient eux-mêmes ces mêmes défauts.

Qu’est-ce que cela signifie ? Dans le but de gagner l’affection d’un partenaire potentiel attrayant, les gens sont prêts à adopter eux-mêmes les traits négatifs de ce dernier. Il est important de noter que ces études n’ont pas vérifié si les gens commençaient réellement à afficher les défauts de leurs partenaires amoureux. Par exemple, si une personne s’éprend d’une personne égoïste ou malhonnête, est-elle plus susceptible de se comporter de manière égoïste ou malhonnête ? De futures recherches devront répondre à cette question. Toutefois, la présente étude suggère que les gens sont prêts à se considérer comme plus imparfaits. Une telle conclusion ne doit pas être prise à la légère : modifier l’identité d’une personne n’est pas une mince affaire. À l’instar de Sandy, qui est passée du statut de gentille fille à celui de rebelle, les gens peuvent être prêts à apporter des changements importants à leur image dans le but de séduire leurs partenaires amoureux, même si ces changements ne sont pas très flatteurs.

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Slotter, E. B., et Gardner, W. L. (2012). The dangers of dating the « bad boy » (or girl) : Quand le désir romantique nous encourage-t-il à assumer les qualités négatives de partenaires potentiels ? Journal of Experimental Social Psychology, 48, 1173-1178.

Samantha Joel – Articles surla science des relations

Les recherches de Samantha portent sur la manière dont les gens prennent des décisions concernant leurs relations amoureuses. Par exemple, quels types de facteurs les gens prennent-ils en considération lorsqu’ils décident de poursuivre un rendez-vous potentiel, de s’investir dans une nouvelle relation ou de rompre avec un partenaire romantique ?

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