Sacrifieriez-vous une personne pour la survie de plusieurs ?

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

Points clés

  • Lorsqu’ils sont confrontés à un dilemme moral, les gens sont susceptibles d’être guidés par l’une des deux grandes philosophies suivantes.
  • La philosophie utilitariste considère qu’un comportement est moral s’il maximise le bien-être du plus grand nombre.
  • La philosophie déontologique considère qu’une action est morale ou immorale sans tenir compte du contexte général.
  • Mais de nouvelles recherches suggèrent que la moralité n’est peut-être pas si facile à déterminer après tout.

Les dilemmes moraux peuvent être décrits comme des décisions entre deux grands principes moraux contradictoires : utilitaire et déontologique. Les philosophies utilitaristes considèrent qu’une action est moralement acceptable si elle maximise le bien-être du plus grand nombre de personnes. En revanche, les philosophies déontologiques évaluent la moralité d’une action en fonction de sa nature intrinsèque.

 Cottonbro/Pexels
Source : Cottonbro/Pexels

Un exemple de ces principes moraux est illustré par le dilemme du chariot: un chariot vide, parti à la dérive, roule à toute allure sur une voie ferrée en direction de cinq cheminots. Il existe également un embranchement à droite de la voie principale, sur lequel se trouve un seul ouvrier. Il est possible d’éviter la mort des cinq ouvriers en tirant un levier qui fera tourner le chariot sur les voies latérales. Mais ce faisant, le chariot entrera en collision avec l’ouvrier seul, ce qui causera sa mort. Allez-vous tirer le levier ?

L’utilitarisme suggérerait qu’il est moralement acceptable de tirer le levier, car cela maximiserait le nombre de vies sauvées. En revanche, un décideur déontologique soutiendrait qu’il est moralement inacceptable de tirer le levier, car il s’agirait d’un meurtre.

Dans une autre version du dilemme, au lieu de tirer un levier pour détourner le chariot, vous devriez pousser un homme d’une passerelle devant le chariot. Cet homme mourra mais arrêtera le chariot parce qu’il porte un sac à dos suffisamment lourd, et les cinq personnes qui se trouvent sur le chemin du chariot seront sauvées. Notez que vous n’auriez pas pu éviter les cinq morts en sautant vous-même, car vous n’avez pas le temps d’enlever le sac à dos. Pousseriez-vous l’homme ?

Roberto Nickson/ Unsplash
Source : Roberto Nickson/ Unsplash

Un vaste réseau interculturel de chercheurs (dont je fais partie), appelé Psychological Science Accelerator, a examiné ces dilemmes moraux dans 45 pays. L’étude « Situational factors shape moral judgments in the trolley dilemma in Eastern, Southern, and Western countries in a culturally diverse sample« , dirigée par Bence Bagó et Balazs Aczel, a été publiée dans la revue scientifique Nature Human Behavior . Les résultats, publiés cette semaine, montrent que lorsque la force personnelle est jugée nécessaire pour sauver plus de vies (comme dans le scénario de la poussée), les gens sont moins enclins à juger favorablement le résultat (c’est-à-dire sauver plus de vies). En d’autres termes, les gens étaient moins enclins à juger moralement acceptable le fait de sacrifier une personne pour en sauver d’autres lorsqu’ils devaient utiliser leur force personnelle pour tuer la personne. Cet effet a été constaté dans tous les pays, ce qui prouve que l’effet de la force personnelle est influencé par des processus cognitifs et émotionnels de base qui sont universels pour les humains.

Ces résultats sont importants car le dilemme entre les principes utilitaires et déontologiques joue un rôle prépondérant dans les décisions juridiques et politiques, allant de l’allocation des budgets de santé aux protocoles des voitures autonomes. La manière dont les gens perçoivent ces règles morales ou agissent en fonction de celles-ci peut influencer les politiques qui sont acceptées, et ces résultats fournissent donc des indications nécessaires sur les facteurs qui contribuent aux perceptions morales.