
La crise actuelle est unique par son incertitude. Les experts ne savent pas exactement quand la crise se résorbera. Cette incertitude est source de difficultés supplémentaires pour faire face à la situation.
Cette crise est également répandue dans les communautés du monde entier. Ainsi, d’autres communautés, organisations et même des individus qui seraient en mesure d’apporter leur soutien lors d’une catastrophe localisée risquent de manquer de ressources, ce qui peut avoir un impact sur la santé mentale des communautés et des individus touchés par le COVID-19.
Troisièmement, la crise s’accompagne de divers défis. Alors qu’on a l’impression que beaucoup d’autres aspects de la vie sont à l’arrêt, d’autres responsabilités et obligations subsistent : Les factures sont toujours dues, les courses doivent toujours être faites, le travail peut continuer ou non, et les enfants doivent toujours être pris en charge. L’inquiétude et la peur peuvent être omniprésentes alors que nous sommes physiquement séparés de ceux sur qui nous comptons. Comment pouvons-nous faire face à de tels défis dans cette crise tout en renforçant notre résilience?
La thérapie d’ acceptation et d’engagement (Hayes et al., 2011), l’autocompassion (Neff, 2015) et la gratitude (par exemple, Wood et al., 2010) sont des approches qui peuvent être utiles pour faire face aux périodes difficiles.
- Être ouvert. Être ouvert signifie être capable d’accepter des expériences privées difficiles, y compris des pensées et des sentiments, au lieu d’essayer de les supprimer ou de les changer. L’acceptation ne signifie pas que l’on se résigne à ces pensées et à ces sentiments, mais que l’on reconnaît que l’on vit ces expériences et qu’on les voit pour ce qu’elles sont (une pensée n’est rien d’autre que cela, tandis qu’un sentiment n’est rien d’autre que cela). Ces pensées et ces sentiments, y compris les plus difficiles, font partie de l’être humain. Lorsque vous avez une pensée ou un sentiment difficile, reconnaissez-le pour ce qu’il est au lieu de lutter contre lui.
- Être conscient. Être conscient, c’est être pleinement présent dans l’instant avec ses cinq sens. En période de stress et de défis, il peut être très facile de se laisser emporter par ses pensées, ses sentiments, ainsi que par le passé ou le présent. Au lieu de se laisser happer par ces expériences, il faut prendre conscience du moment présent, en faisant appel aux sens si possible. Un exercice simple nous encourage à prendre le temps de nous concentrer sur notre respiration tout en remarquant une chose avec chaque sens (une chose que l’on peut voir, une chose que l’on peut entendre, une chose que l’on peut toucher, une chose que l’on peut sentir et une chose que l’on peut goûter). Faites appel à vos sens en prenant le temps de vivre cette expérience. Au milieu de tout ce qui se passe, l’engagement des sens peut être un moyen utile de s’ancrer dans l’expérience présente.
- Soyez engagé et actif. Lorsque nous traversons des périodes difficiles, que nous vivons des émotions pénibles ou que nous avons des idées noires, nous perdons souvent de vue ce qui est important pour nous. Prenez le temps de réfléchir aux domaines de la vie qui sont importants pour vous, ou à vos valeurs. Les valeurs peuvent inclure des domaines de la vie (par exemple, être parent, les loisirs, la vocation, les relations ou la communauté) ainsi que des façons dont vous souhaitez vivre votre vie (par exemple, la connexion, l’intégrité, l’humour, la gentillesse). Il est également essentiel de ne pas se contenter de déterminer ces domaines de valeur, mais de s’engager dans des actions qui vous rapprochent de ce domaine de valeur. Par exemple, si vous souhaitez avoir plus de contacts dans votre vie, prenez le temps d’appeler un membre de votre famille ou un ami, de lui envoyer un message, de lui envoyer un courriel ou de lui faire un FaceTime.
- Faites preuve d’auto-compassion. Nous vivons une période difficile et éprouvante. L’autocompassion consiste à être bienveillant envers soi-même plutôt qu’à se juger, à voir notre humanité commune et à être attentif ou présent (y compris face à des émotions ou des pensées difficiles). Souvent, nous nous disons à nous-mêmes des choses blessantes et critiques que nous n’oserions pas dire à une autre personne. La prochaine fois que vous vous surprendrez à souffrir, que ce soit à cause d’une erreur ou d’un moment de douleur, demandez-vous ce qu’un ami ou un membre de la famille bienveillant pourrait vous dire dans cette situation. Reconnaissez que nous sommes tous humains et que nous connaissons des difficultés. Accordez-vous de la grâce.
- Pratiquez la gratitude. La gratitude peut être bénéfique pour le bien-être (voir Wood et al., 2010). Même si les temps sont difficiles, la gratitude est une lueur d’espoir. Essayez différentes approches de la gratitude, notamment en tenant un journal des choses dont vous êtes reconnaissant ou en exprimant votre gratitude à un être cher, un ami ou un collègue pour les qualités que vous appréciez ou admirez chez lui.
Ce sont des moments difficiles, mais ils offrent l’occasion de renforcer la résilience. En étant ouvert, conscient, engagé et actif, en pratiquant l’autocompassion et la gratitude, nous pouvons renforcer notre résilience dans ces moments difficiles.
Écrit par Jordan D. Snyder, Psy.D.
Références
Hayes, S. C., Strosahl, K. D. et Wilson, K. G. (2011). La thérapie d’acceptation et d’engagement : The process and practice of mindful change. Guilford Press.
Neff, K. (2015). L’autocompassion : Le pouvoir prouvé d’être gentil avec soi-même. William Morrow.
Wood, A. M., Froh, J. J. et Geraghty, A. W. (2010). Gratitude et bien-être : A review and theoretical integration. Clinical psychology review, 30(7), 890-905.
Pour en savoir plus sur le Dr Jordan Snyder, consultez son site web.