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Points clés
- La mise en scène est un moyen de communiquer ce qui ne peut être verbalisé.
- Les actes sont des comportements non verbaux dans la salle de traitement.
- La transformation des actes en paroles est une partie importante de la guérison.
La façon la plus courante d’envisager le « passage à l’acte » est de penser qu’il s’agit d’un comportement autodestructeur. Mais à l’origine, Freud utilisait ce terme pour décrire le fait qu’un patient agit sur la base d’un sentiment inconscient plutôt que de s’en souvenir. Par exemple, le patient peut régulièrement payer en retard ou manquer des séances. Cette action recouvre un désir ou un conflit inconscient et l’analyste peut la comprendre comme une résistance au traitement. C’est pourquoi le terme « acting out » a développé une connotation péjorative.
Actes dans le cadre du traitement
Un autre type de passage à l’acte que les psychanalystes contemporains ont tendance à appeler « mise en scène » se réfère à des comportements non verbaux dans la salle de traitement qui favorisent la croissance parce qu’ils sont des tentatives de communiquer quelque chose d’inexprimable. J’ai eu une patiente qui a soudainement sauté du canapé et couru à la salle de bain et une autre qui a soudainement ressenti une douleur au côté. Ces comportements étaient des tentatives de recréer des expériences traumatiques précoces. Les patients qui ont subi des abus sexuels, en particulier ceux qui ont eu une relation importante avec l’auteur, souffrent souvent d’inondation et de désorganisation psychiques. Ces expériences de terreur dans l’enfance ne peuvent pas être verbalisées, mais les souvenirs sont plutôt vécus comme des changements d’humeur radicaux, des crises de panique ou des expériences somatiques. Les survivants adultes d’abus sexuels dans l’enfance connaissent souvent des épisodes répétitifs d’abus et incarnent à bien des égards le paradoxe de la compulsion de répétition.
Les survivants d’abus sexuels dans l’enfance ont subi le traumatisme du parent ou de la personne proche qui est l’agresseur et le traumatisme psychologique supplémentaire d’avoir un parent qui ne les protège pas contre la trahison primaire. Dans le transfert, la survivante peut considérer l’analyste comme l’agresseur ou le parent qui l’a trahie en ne la protégeant pas. La patiente peut également traiter le thérapeute comme elle a été traitée – en abusant du thérapeute en changeant l’histoire ou en accusant le thérapeute d’avoir tout inventé. Ces différents transferts peuvent ne pas être stables, mais évoluer rapidement.
Comportement à risque en dehors de la thérapie
Si le survivant suit une thérapie, le traumatisme peut être mis en scène dans le transfert, où le thérapeute peut offrir un refuge sûr et où les mises en scène peuvent être comprises. Mais la plupart des survivants ne suivent pas de thérapie et adoptent des comportements autodestructeurs tels que l’automutilation, la toxicomanie, la promiscuité, la conduite en état d’ivresse, le vol et le fait de se mettre constamment dans des situations dangereuses, comme marcher dans des rues désertes tard dans la nuit ou faire de l’auto-stop. Les comportements à risque transforment un traumatisme passif en un contrôle actif sur le moment, le rythme et la gravité de l’abus. Se soumettre à des abus en se mettant dans des situations dangereuses revient souvent à être à nouveau une victime, mais cette situation est familière et offre une identité sûre. Il s’agit d’une tentative de maîtriser une expérience traumatisante ou de maintenir un sentiment d’identité fragile basé sur l’identification en tant que victime. C’est l’une des façons dont les abus sexuels dans l’enfance ont des répercussions tout au long de la vie.
Le terme « passage à l’acte » peut se référer à des actions qui sont autodestructrices ou qui favorisent la croissance. Même les comportements répétitifs qui ont des conséquences autodestructrices peuvent parfois être des tentatives inconscientes de résoudre un conflit inconscient ou un souvenir traumatisant. L’objectif de la psychanalyse, par le biais du mécanisme du transfert, est d’encourager le patient à agir dans la sécurité de la salle de traitement plutôt que dans le monde extérieur et de transformer les actions en souvenirs verbaux. Une fois que l’indicible est « parlable », il est possible de travailler sur le conflit ou le traumatisme et de le maîtriser suffisamment pour ne plus le répéter.
Références
Davies, J.M. et Frawley, M.G. (1994) Treating the Adult Survivor of Childhood Sexual Abuse : A Psychoanalytic Perspective. New York : Basic Books.