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Cette rubrique a été rédigée par Eugene Rubin, docteur en médecine, et Charles Zorumski, docteur en médecine.
Au cours des dernières années, il est devenu de plus en plus évident que les systèmes chimiques et neuronaux reliant l’intestin et le cerveau sont d’importants modulateurs du comportement humain. Les microbes vivant dans l’intestin peuvent exercer une influence majeure sur cette relation intestin-cerveau, et des progrès considérables sont réalisés dans l’élucidation des moyens par lesquels les microbes intestinaux peuvent affecter le comportement. Un article publié par Christine Fülling, Timothy Dinan et John Cryan dans la revue Neuron fait le point sur ce domaine scientifique passionnant.
La recherche sur ce sujet a été facilitée par la possibilité d’étudier des souris exemptes de germes, c’est-à-dire des souris nées et élevées dans des conditions exemptes de germes. Lorsque des microbes du système gastro-intestinal (GI) de personnes souffrant de certaines maladies sont transférés dans des souris exemptes de germes, certains des symptômes de ces maladies se développent chez les souris. Par exemple, des souris exemptes de germes auxquelles on inocule des microbes intestinaux provenant de personnes atteintes de la maladie de Parkinson développent certains des symptômes moteurs de la maladie de Parkinson. Un autre exemple de l’influence des microbes intestinaux sur le comportement est la découverte que les microbes de souris anxieuses peuvent transférer des traits d’anxiété à des souris non anxieuses.
Comment les microbes qui vivent dans l’intestin influencent-ils le cerveau et le comportement ? L’un des moyens consiste à libérer des substances chimiques, soit par ces microbes, soit par les cellules qui tapissent le système gastro-intestinal et qui sont influencées par ces microbes. Ces substances chimiques sont libérées dans la circulation sanguine, puis traversent la barrière hémato-encéphalique et influencent la croissance, la fonction et la connectivité des cellules nerveuses.
Certaines de ces substances chimiques influencent également les cellules impliquées dans le système immunitaire du cerveau. En outre, on sait depuis longtemps que certaines substances chimiques synthétisées dans l’intestin sont également fabriquées par des cellules du cerveau (par exemple la somatostatine et la cholécystokinine, entre autres) et que ces substances chimiques intestinales synthétisées par le cerveau modulent puissamment les fonctions cérébrales.
Le nerf vague est une autre méthode utilisée par les microbes gastro-intestinaux pour influencer la structure et le fonctionnement du cerveau. Le nerf vague est un nerf parasympathique majeur qui assure la communication entre de nombreux organes du corps, y compris le système gastro-intestinal et le cerveau. Ce nerf est une autoroute à double sens, ce qui signifie que des signaux sont envoyés de l’intestin au cerveau et du cerveau à l’intestin.
Les substances chimiques libérées par les microbes et les cellules qui tapissent l’intestin peuvent directement entraîner des changements dans l’activité électrique du nerf vague et des régions du cerveau innervées par le nerf vague. L’activité du nerf vague est bien connue pour influencer le comportement humain. En fait, les dispositifs électriques implantés pour stimuler ce nerf (stimulateurs du nerf vague) peuvent être efficaces dans le traitement des personnes souffrant de dépression sévère et résistante aux traitements et d’épilepsie.
Au cours de la dernière décennie, il est devenu de plus en plus évident que les substances chimiques synthétisées dans l’intestin peuvent avoir des effets considérables sur nos sentiments et nos comportements. Il est étonnant que les bactéries et autres microbes vivant dans l’intestin puissent influencer l’homme de cette manière. Au fur et à mesure que l’on en apprend davantage sur la régulation des interactions entre l’intestin et le cerveau, il est possible, voire probable, que de nouvelles thérapies pour les troubles psychiatriques et neurologiques soient mises au point.
Références
Fulling, C., Dinan, T.G., & Cryan, J.F. (2019 Mar 20). Microbe intestinal à la signalisation du cerveau : ce qui se passe dans le vagus…. Neuron. 101(6) : 998-1002.