La folie et la gloire : (12) : La révélation d’une conspiration

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Il s’agit d’une œuvre de fiction historique concernant les événements de la Révolution française.

Chapitre 12

Denis essaya, tandis qu’Ajacis et lui avançaient à travers les groupes de personnes excitées, de réfléchir à ce qu’il y avait dans la tête de Lalladiere. La veille, Marguerite Pussin, inquiète, avait appelé immédiatement des surveillants. Mais ce jour-là, plusieurs détenus, qui ont l’intuition étrange des aliénés en cas de perturbation dans leur asile, ont été perturbés. L’ensemble du personnel est submergé par la nécessité de mettre en place des mesures de contention et d’autres mesures de sécurité. Le temps que l’un d’entre eux se libère, le crépuscule était tombé. Quelques gardiens s’enfoncèrent dans l’obscurité, tentant de trouver Lalladiere à l’aide d’une torche et d’une bougie. Mais ils furent vaincus par la faible luminosité, les petites ruelles et les multiples possibilités de dissimulation.

Le lendemain matin, Denis et Ajacis sont envoyés chercher de l’aide pour les recherches à la gendarmerie. Au bout d’un certain temps, ils constatent qu’aucun gendarme n’est disponible. Tous sont envoyés au centre de Paris pour l’exécution de Marie-Antoinette.

Dans un premier temps, les deux accompagnateurs ont retracé le parcours précédent de Lalladiere, pensant qu’il se rendrait à nouveau sur les toits et qu’il y resterait pour éviter les poursuivants. Ils ont cherché des portes ouvertes ou entrouvertes comme accès potentiels à un toit et ont examiné attentivement les parties visibles des avant-toits et des saillies. Ils ont procédé à des recherches approfondies dans les rues situées à proximité de l’asile.

Denis se souvenait aussi de la description que Jean-Luc avait faite de la Lalladière dans un enclos étroit. Ils revinrent sur leurs pas, tête baissée, cherchant les points de rencontre entre les pavés et les maisons. Plus tôt, Denis avait envisagé la possibilité que Lalladiere soit retournée à l’endroit où vivait Jean-Luc, mais il avait rejeté l’idée comme étant très improbable. Même si, comme Denis le savait, Lalladiere était assez perturbé ce jour-là, il devait quand même se rendre compte qu’on le chercherait d’abord à cet endroit. Denis se demanda, en repensant aux circonstances tout en marchant, si Jean-Luc était vraiment la raison pour laquelle Lalladiere s’était à nouveau enfui. Cette pensée le troubla. Sa propre évaluation des sentiments de Lalladiere pouvait être erronée ; il pouvait s’agir d’une agression bizarre ou de la convoitise d’un jeune garçon, d’une affaire détestable. D’un autre côté, c’est le garçon qui a amené Lalladiere dans cette maison, en demandant à sa mère de l’aider. Peut-être, pensa Denis et le mentionna à Ajacis, que le simple fait de revenir le voir, pour quelque raison que ce soit, était la force motrice. Ajacis grogna. Denis en tête, ils se rendirent rapidement à la maison des Rochereau et s’assurèrent auprès de Suzette que Lalladiere n’y était pas.

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« Théo n’est pas là non plus », dit-elle. « Jean-Luc et lui sont partis il y a un moment ».

« Où sont-ils allés ? demanda Ajacis.

« Ils sont allés, vous savez, à l’exécution de la reine. » Elle se corrige rapidement : « L’ancienne reine. »

« Dans ce cas, Lalladiere les a peut-être suivis », dit Denis.

« Vraiment ? », demande-t-elle, inquiète.

« Nous irons nous aussi, dit Ajacis.

« Il n’est pas vraiment dangereux, n’est-ce pas ? »

« C’est un maniaque », grogne Ajacis.

« Il s’entendait si bien avec Jean-Luc.

« Nous allons nous assurer que tout va bien », dit Denis alors qu’ils s’apprêtent à partir.

À l’extérieur de la maison, Ajacis dit à Denis d’un air narquois : « Nous pourrions nous assurer que tout se passe bien, bien sûr. Comme avant. »

Aux abords de la place de la Révolution, Lalladiere avait repéré l’arrivée des accompagnateurs avant d’être lui-même vu. Il se retourne rapidement pour se cacher dans un groupe d’hommes et de femmes éméchés. Comme ils continuaient à se diriger vers la foule dense près de la guillotine, il retourna à contrecœur au milieu d’eux sur la place. Un gendarme à cheval, à la posture raide, arriva à côté du groupe et, voyant un meilleur bouclier, Lalladiere se plaça à l’arrière du cheval, obstruant la vue depuis l’embouchure de la rue.

Le meurtrier est ici. Il est venu te chercher. Cache-toi, recroqueville-toi en un ver.

La voix était insistante, impérieuse, et se détachait de la cacophonie de la foule. Il marche, la tête penchée, à côté du cheval. À proximité, le mouvement est ordonné. Les chevaux et les gens se pressent en une foule vive et insistante. Derrière lui, une femme parlait d’une voix continue et fervente. Lalladiere l’entendit dire « comploter contre la Révolution ». De l’autre côté du cheval, une voix aiguë et dérisoire s’élève : « Il suffit de voir la tête se détacher des épaules. » Devant lui, un homme dit à son compagnon : « On dit que Danton ne viendra pas voir ça. Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’il a ? »

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Lalladiere, alerté, fourmillait de pensées. Les mots de complot, d’enlèvement d’une tête, se référaient sûrement à lui. Ils se mêlaient à des bribes de phrases qu’il avait entendues dans l’enceinte auparavant. L’absence de Danton était certainement un message. Tout se passait parce qu’il avait entendu les plans secrets des deux hommes, dont les détails se précisaient de plus en plus dans sa mémoire.

Attention. Ils sont là. Ils sont autour de vous.

Denis et Ajacis, en avançant, jetèrent un coup d’œil scrutateur à travers la foule qui s’épaississait. Ne voyant aucun signe de Lalladière, Denis envoya Ajacis à l’extérieur du grand boulevard incurvé, où il y avait une large vue d’ensemble, tandis qu’il avançait dans le centre de plus en plus dense et bondé. Plus grand qu’un certain nombre de personnes autour de lui, il arpenta une large zone, essayant de voir s’il pouvait trouver Jean-Luc et Théo dans la foule. Leurs formes lui étaient moins familières que celle de Lalladiere, et le garçon était difficile à distinguer des nombreux jeunes enfants de la zone centrale. Puis, apercevant un homme de la carrure musclée de Lalladière, qui semblait se déplacer à la hâte parmi les groupes de personnes à proximité, Denis se dirigea rapidement vers lui. Lorsqu’il arriva à sa hauteur, l’homme le regarda avec surprise et agacement, et Denis comprit son erreur. Malgré ce contretemps, il était persuadé que Lalladiere avait suivi le garçon et son père jusqu’à la Place et qu’il se trouvait quelque part dans la foule. Denis ne comprenait pas vraiment pourquoi il en avait après le garçon. Ni pourquoi il venait là et risquait de se faire prendre.

Parfois, se dit-il, ils semblent vraiment vouloir se faire prendre. Ces fugueurs font des choses évidentes, ne prennent aucune précaution. C’était peut-être le cas de Lalladiere, l’assistant du ministre devenu fou. Ils étaient tous très déroutants, ces fous, mais parfois il sentait des choses à propos de Lalladiere, comme son besoin, pour une raison ou une autre, de suivre le garçon. Il aurait aimé en savoir plus.

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Jetant un coup d’œil du côté du cheval, Lalladière aperçut, non loin de là, le sommet de la tête de Denis qui s’élevait périodiquement au-dessus de la foule. Où était l’autre, le tortionnaire Ajacis ? Il recula, près du cheval et derrière la forme montée du gendarme affairé. Quand ils avancent, il s’avance à son tour, au milieu d’une phalange de spectateurs qui s’agitent et crient. Mais c’est à peine s’il parvient à garder Jean-Luc et Théo en vue alors qu’ils s’avancent dans la foule compacte autour de la guillotine. Autour de cette structure imposante, Lalladiere peut voir un certain nombre de femmes se déplacer dans la foule, encourageant bruyamment l’exécution. Ce sinistre plaidoyer, effectué par ces mercenaires, les lécheuses de la guillotine, du Comité de Sûreté Générale, n’était guère nécessaire face à une foule aussi bruyante. A quelques mètres en arrière, hors de la vue de Lalladière, assistent les représentants de la Convention nationale qui gouverne. Hébert avait pris soin de venir, impatient, excité, et savourant le résultat de ses accusations. Saint-Just, associé de Robespierre, Collot d’Herbois, dramaturge et député, Couthon, commissaire de l’Intérieur, Barras, chef militaire, Hérault de Séchelles, ancien président de la Convention, et bien d’autres encore, tous venus pour démontrer la légitimité de la procédure et s’assurer que tout se passe comme prévu. Robespierre, comme Danton, ne vient pas assister à l’exécution.

Le fait de se blottir contre le cheval et de se déplacer dans la foule soudée eut un effet inhabituel sur Lalladiere. Au lieu de la terreur que lui inspirait habituellement la proximité des gens, le fait de marcher au sein du groupe à côté d’un gendarme à cheval protecteur, anonyme et totalement invisible pour ses poursuivants, lui donnait un sentiment de sécurité inconnu. Il savait que Denis, ou pire, Ajacis, pouvait encore l’appréhender, et qu’il y avait peu de chances à ce moment-là d’entrer en contact avec Jean-Luc dans la foule massive. Mais les voix étaient étrangement silencieuses, rien ne passait à travers le mur de bruit qui l’entourait comme auparavant. Il s’avança prudemment, de concert avec les gens qui jasaient et s’agitaient à proximité.

Théo, en compagnie de Jean-Luc, avait pris place aussi près de la guillotine que le permettait la foule dense. Riant de son intention de jouer la comédie pour Jean-Luc, Théo penche la tête sur le côté, puis se frappe le côté du cou avec le talon de sa main. Compagnon réticent et captif, peu amusé par la performance de son père, Jean-Luc grimace. Au sein des groupes familiaux serrés les uns contre les autres, les têtes d’autres enfants se redressent lorsque leurs parents impatients les soulèvent pour avoir une meilleure vue de la sinistre machine. Deux hommes ivres se cognent et se balancent dans les groupes rassemblés près de l’avant, l’un d’eux déclamant bruyamment l’ancien roi et l’ancienne reine, et promettant que la femme Capet – « la salope de veuve » – aurait maintenant ce qu’elle mérite.

Ne perdant pas Jean-Luc de vue et guettant les signes d’Ajacis, de Denis ou d’autres accompagnateurs encore invisibles, Lalladière s’avança aux côtés du grand cheval hargneux jusqu’au poste désigné par le gendarme, à quelques mètres de l’avant de la guillotine. Sans s’arrêter, le gendarme tourna brusquement sa monture sur le côté afin de policer une grande partie de la foule qui se pressait. Pris au dépourvu, Lalladiere resta là où il était, dans un espace momentanément dégagé parmi la masse des gens. Il n’était pas certain qu’Ajacis puisse le voir à ce moment-là, mais Lalladiere aperçut distinctement la grosse tête rouge de l’assistant qui allait et venait à la lisière de la foule. Paniqué, il se retourna vers le groupe le plus dense, plus proche de la guillotine, et percuta l’une des femmes lécheuses qui s’y trouvaient. Il tomba à terre, puis se releva, étourdi. Il fit volte-face et poussa sauvagement à travers la foule jusqu’à ce qu’il soit arrêté par le cordon d’assistants des représentants de la Convention nationale qui se tenait près de la guillotine.

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Il est resté debout et a regardé fixement. À l’exception de deux d’entre eux, les autres personnes présentes lui étaient toutes connues. Chacun d’entre eux avait rencontré plus d’une fois en sa présence le contrôleur général, le ministre du peuple Necker. Cette rencontre devait être un signe, un présage important. De là où il se trouve, il voit Hébert, familier et à la mine renfrognée, Couthon, infirme et sans expression, l’ancien aristocrate distingué de Séchelles, ainsi qu’un inconnu au visage ouvert, jeune et manifestement sûr de lui, Saint-Just. Lorsque, par-dessus tous les autres, la belle tête de Barras apparut, le cœur de Lalladiere battit à tout rompre.

Il est ici pour vous arrêter, vous emprisonner, vous torturer.

« C’est vrai, c’est vrai », marmonne-t-il. « C’est pourquoi cet homme dangereux est ici. » Il se retourna vers la foule derrière lui. Mais en même temps qu’il entendait la trompette du danger dans ses oreilles, il se souvenait clairement de phrases conspiratrices spécifiques, « Faites entrer Danton » et « L’Incorruptible… est dangereux ». Ici, au milieu de la foule qui l’entoure, il comprend parfaitement que les hommes qu’il entend préparent secrètement un complot séditieux. Et pas seulement un complot qu’il croyait dirigé contre lui. Ils complotaient pour défaire la Révolution. Et, bien qu’il ait souvent l’impression que ses pensées sont embrouillées, cela lui tenait profondément à cœur. La révolution était pour le peuple. Il y a cru dès le début, il était là, et il a ardemment juré qu’elle devait fonctionner.

Plein d’énergie, décidé à atteindre un nouvel objectif, il pousse vigoureusement les assistants qui le gênent. Les voix de commandement se taisent momentanément. Se déplaçant si rapidement qu’il ne pouvait plus être arrêté, il arriva juste derrière le bras droit de Robespierre, Saint-Just, qui parlait à ce moment-là d’un ton directif à ceux qui l’entouraient. Pensant à juste titre que Saint-Just était la personne qui faisait autorité dans le groupe, il lui saisit le bras, tirant le jeune homme vers lui. D’une voix anxieuse mais calme, Lalladiere dit : « Ils complotent pour détruire Danton. Ils complotent pour utiliser et tuer Robespierre. »

« Qu’est-ce que c’est ? Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que c’est ? » demande Saint-Just, les yeux écarquillés et stupéfaits.

Hérault de Séchelles, debout à côté de Saint-Just, dit : « Je connais cet homme, il a été le premier assistant de Necker. « Mais que t’est-il arrivé, demanda-t-il en s’adressant à Lalladiere ? Vous avez une mine épouvantable. »

« Oui, l’homme était très fiable, » dit Collot d’Herbois. « Mais j’ai entendu dire que les choses allaient mal, très mal, pour lui. »

« Danton défait, puis Robespierre », répète Lalladiere à Saint-Just, ignorant les commentaires. L’un des assistants s’approche pour écarter Lalladiere mais Hérault de Séchelles lui fait signe, d’une timide tape en l’air, de se retirer.

« De quoi s’agit-il, citoyen ? reprend Saint-Just. « Qui complote pour tuer Danton et Robespierre ? Pourquoi es-tu venu ici ? »

Lalladiere leva la tête pour jeter un coup d’œil rapide vers Barras, partiellement dissimulé par des assistants et des membres de la foule à quelques mètres de là. Ni Saint-Just ni aucun autre n’a vu le geste, mais Barras, du coin de l’œil, a remarqué l’échange agité et s’est tourné vers les deux hommes.

« Une conspiration. Je les ai entendus. Élever Robespierre, puis l’amener à la guillotine. » En disant cela, Lalladiere pointe du doigt l’imposante machine à effrayer.

Toi aussi, tu vas être tué. Vous aussi, vous devez aller à la guillotine. C’est pour toi. Toi, toi aussi. Lalladiere tourna la tête vers le son des voix qui revenaient et son visage prit une expression déformée et douloureuse.

Les yeux de Saint-Just se rétrécissent en lignes fendues. Robespierre est le libérateur, pour lui le héros incontesté de la Révolution. Cet homme au comportement bizarre fait partie du gouvernement du roi et pourrait être lui-même un conspirateur. Comment peut-on élever Robespierre et ensuite le faire assassiner ? Robespierre, fer de lance, organisateur, accroît chaque jour son influence.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? Qui vous a permis de venir ici et de me parler ainsi ? Je vous ferai arrêter, assistant de Necker ou pas. »

« Arrested ». Les temps sont à la fête. Nous sommes rétifs et nous devons enlever le sel. Beaucoup de gens sont impliqués et il sera très embarrassé, la personne la plus embarrassée que l’on connaisse. » Il fixa ses yeux, cette fois-ci de façon prolongée, sur Barras en disant la dernière phrase. Barras, qui voyait le regard mais ne pouvait pas l’entendre dans le vacarme ambiant, le fixa avec méfiance. Exaspéré, cherchant de l’aide autour de lui, Saint-Just ignore à nouveau le regard révélateur de Lalladiere.

« Qu’avez-vous dit ? demande Saint-Just à voix haute, tout en levant le bras pour attirer l’attention du gendarme à cheval qui se trouve à proximité. Quelques personnes dans la foule compacte s’approchèrent pour voir ce qui se passait. À ce moment-là, une agitation à l’autre bout de la place a détourné l’attention de tout le monde. A l’entrée de la Place par la rue National, la charrette ouverte portant l’ancienne reine apparut.

Les roues du tumbrel claquent bruyamment sur les pavés tandis que la femme angoissée et effrayée, assise bien droite dans un simple bonnet et une robe blanche, est transportée vers la guillotine. Les personnes se trouvant à proximité du véhicule crient des épithètes et des malédictions : « traître », « mère vampire », « perverse et sorcière », « dégénérée de merde » et le slogan « putain autrichienne ». La charrette avança, le martèlement des roues résonnant au-dessus des cris.

Alors que Saint-Just et d’autres personnes à proximité se tournaient vers le chariot en mouvement, Lalladiere tourna rapidement sur lui-même pour s’enfuir dans la foule qui se trouvait derrière lui. Il se faufila habilement, déplaçant son corps d’un côté à l’autre par d’étroites ouvertures parmi les gens qui se traînaient et se retournaient pour regarder vers la charrette. Contrairement à ses crises de catatonie défensives, il bougeait vigoureusement et était intouchable, comme un athlète recouvert d’une couche de graisse. En quelques minutes, il s’est perdu dans la masse des spectateurs, s’enfuyant rapidement, respirant à s’en faire mal à la poitrine. L’aidant dans sa fuite, sans qu’il le sache, son poursuivant Denis s’éloignait de lui. En scrutant largement la foule, Denis avait remarqué l’altercation près de la guillotine et, croyant avoir repéré son homme, il se dirigeait directement vers l’endroit où se trouvait Lalladiere, à présent à une certaine distance.

Lalladiere tourna dans la direction opposée à la charrette transportant l’ancienne reine, et malheureusement loin de l’endroit où il avait vu Jean-Luc et Théo pour la dernière fois, mais aussi loin d’Ajacis et de Denis. Alors qu’il atteignait le bord de la place de la Révolution et qu’il s’engageait sur le nouveau pont qui enjambait la Seine, il n’entendait plus le claquement des roues de charrette sur les pierres, ni le chœur des crieurs de vilenies.