Points clés
- Les participants à l’étude ont imaginé comment ils réagiraient si un ami ou un partenaire romantique commettait un acte répréhensible.
- Dans le contexte d’une relation amoureuse, les sentiments de colère augmentent la probabilité d’une confrontation.
- La colère augmente également la probabilité que les personnes essaient de se racheter auprès de l’ami ou du partenaire romantique.
- Les sentiments de dégoût ont conduit à un désir d’éviter la partie offensante.
Nos relations font naître toute une gamme d’émotions, certaines positives et d’autres négatives. Il est clair que le fait de ressentir et d’exprimer des émotions positives avec les autres est susceptible d’améliorer nos relations. Mais qu’en est-il des émotions négatives , comme la colère? Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Personality and Individual Differences, Helena Karppinen et ses collègues ont examiné le rôle de trois émotions hostiles dans les relations amicales et romantiques: La colère, le mépris et le dégoût.
Les émotions hostiles dans les relations
Lorsqu’un ami ou un partenaire romantique fait quelque chose qui vous ennuie ou vous blesse, vous pouvez ressentir des émotions hostiles. Cependant, le type spécifique d’émotion hostile que vous ressentez dépend de la manière dont vous évaluez la situation qui l’a provoquée. Les gens sont plus susceptibles de ressentir de la colère s’ils pensent que quelqu’un leur a intentionnellement fait du mal ou les a traités de manière injuste. Le dégoût naît d’un sentiment de contamination ou d’inquiétude quant à la pureté. Le mépris survient lorsque nous percevons quelqu’un comme étant incompétent ou ne méritant pas notre respect.
Les émotions hostiles jouent un rôle particulièrement important dans nos relations intimes. De manière peut-être un peu surprenante, la colère peut en fait être utile dans les relations amoureuses à long terme. Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que cela était dû au fait que l’expression de la colère à l’égard d’un partenaire est un moyen d’amener ce dernier à modifier son comportement et à rétablir la relation. Par exemple, une femme peut réprimander son partenaire avec colère parce qu’il a oublié un anniversaire, en espérant qu’il sera moins enclin à oublier la date à l’avenir. Toutefois, certaines émotions hostiles sont plus susceptibles d’être nuisibles. Des recherches sur la manière dont les couples mariés interagissent en cas de conflit ont montré que les personnes qui expriment du dégoût et du mépris à l’égard de leur partenaire sont particulièrement susceptibles d’éprouver une faible satisfaction conjugale et de divorcer.
La recherche
Dans cette nouvelle recherche, Karppinen et ses collègues ont mené deux études dans lesquelles il était demandé aux participants d’imaginer qu’un partenaire avait commis des actes répréhensibles qui leur inspiraient du dégoût, du mépris ou de la colère. Les participants ont évalué à quel point ils ressentiraient chacun de ces types d’émotions. Ils ont également évalué la probabilité qu’ils adoptent trois types de comportements spécifiques en réponse à l’acte répréhensible : un comportement agressif (par exemple, critiquer le partenaire), un comportement d’évitement ou un comportement réparateur (par exemple, essayer de s’amender). Les chercheurs voulaient également déterminer si le contexte de la relation avait de l’importance. Dans la première étude, on a donc demandé aux participants d’imaginer que la transgression avait eu lieu dans le cadre d’une relation amoureuse et, dans la seconde, d’imaginer qu’elle avait eu lieu dans le cadre d’une relation amicale.

Les résultats
Les chercheurs ont constaté que différents types d’émotions hostiles étaient liés à différentes réactions comportementales. Lorsque les participants imaginaient leur partenaire romantique en train de commettre un acte répréhensible, plus ils ressentaient d’émotions hostiles (colère, dégoût et mépris), plus ils déclaraient qu’ils se comporteraient de manière agressive envers leur partenaire en le critiquant ou en le confrontant à leurs émotions négatives. Cependant, lorsque l’acte répréhensible avait été commis par un ami, seuls les sentiments de dégoût étaient associés à des réactions plus agressives. Ce résultat est quelque peu surprenant, car si la colère conduit généralement à la confrontation, le dégoût est le plus souvent associé à l’évitement. Comme les chercheurs s’y attendaient, le dégoût était également lié à la tendance à éviter le transgresseur, tant dans la relation amoureuse que dans le contexte amical. La colère est également liée à l’adoption de mesures réparatrices, tant dans les relations amoureuses que dans les relations amicales. Ainsi, plus les personnes se sentaient en colère, plus elles étaient susceptibles de dire qu’elles essaieraient de se racheter.
En résumé
Ces études montrent que les émotions hostiles peuvent parfois être bénéfiques pour les relations. En particulier, les sentiments de colère peuvent conduire à des actions positives. Tant dans le contexte de l’amitié que dans celui de la relation amoureuse, plus les personnes se sentaient en colère, plus elles étaient susceptibles d’essayer de se réconcilier et de réparer la relation. En outre, dans le contexte romantique, la colère était associée à la critique du partenaire. Si la critique est désagréable, elle n’est pas nécessairement mauvaise si elle motive l’autre personne à faire un changement positif. Le dégoût, quant à lui, est en grande partie néfaste ; les sentiments de dégoût créent un désir d’éviter la partie offensante. Cela risque de créer une distance dans une relation et de réduire les possibilités pour les partenaires de faire amende honorable, de pardonner ou d’encourager des comportements plus positifs à l’avenir.