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Points clés
- Les jeunes transgenres et gender-diverse (TGD) sont soumis à des facteurs de stress minoritaires, comme la victimisation.
- Les jeunes TGD risquent de boire de l’alcool pour faire face au stress de la minorité.
- La consommation d’alcool pour faire face à la situation peut avoir des effets néfastes sur la santé physique, sociale et mentale.

Les jeunes transgenres et les jeunes issus de la diversité des genres (TGD) sont des jeunes dont l’identité de genre diffère du sexe qui leur a été assigné à la naissance. En raison de leur statut de minorité, de nombreux jeunes TGD sont victimes de victimisation, de discrimination, d’invalidation de leur genre et de transphobie. Ces expériences sont désignées par les chercheurs et les cliniciens comme des « facteurs de stress minoritaires ». À une époque où les jeunes TGD sont la cible d’une marginalisation croissante et de facteurs de stress minoritaires (voir Cartographie des attaques contre les droits des LGBTQ aux États-Unis), il est essentiel de reconnaître que ces facteurs de stress minoritaires peuvent avoir un impact profond sur le bien-être mental et physique des jeunes TGD.
Les jeunes TGD développent naturellement des moyens de faire face à ces facteurs de stress liés à leur appartenance à une minorité. Certaines de ces stratégies d’adaptation peuvent être responsabilisantes et renforçantes, comme la recherche de soutien auprès des pairs et des membres de la communauté TGD et l’obtention d’interventions affirmant l’appartenance à un sexe. D’autres stratégies d’adaptation, en revanche, ont leurs propres inconvénients. L’une des préoccupations est que les jeunes TGD peuvent consommer des substances pour les aider à faire face à la détresse et aux impacts du stress des minorités, comme la consommation d’alcool.
Modes de consommation d’alcool chez les jeunes du TGD
Des recherches récentes suggèrent que les jeunes TGD sont exposés au risque de consommation d’alcool et de consommation excessive d’alcool. Dans une étude récemment publiée par moi-même et d’autres chercheurs, sous la direction de Kalina Fahey, nous avons constaté que les jeunes TGD étaient généralement plus susceptibles de déclarer avoir consommé de l’alcool que les jeunes cisgenres (c’est-à-dire non transgenres), en particulier les jeunes hétérosexuels(Fahey et al., 2023). De même, dans de nombreuses études, les jeunes TGD étaient plus susceptibles de déclarer avoir bu cinq verres ou plus par séance que les jeunes cisgenres. Les jeunes non binaires peuvent toutefois constituer une exception : Ils ont tendance à ne pas avoir de différence dans leur consommation d’alcool, voire à avoir une consommation plus faible, par rapport aux jeunes cisgenres.
Le stress des minorités et la consommation d’alcool pour y faire face
On s’attend à ce que ces taux accrus de consommation d’alcool résultent en partie du stress subi par les minorités. En d’autres termes, les jeunes TGD qui subissent des facteurs de stress liés à leur appartenance à une minorité peuvent compter sur la consommation d’alcool pour les aider à échapper à ces expériences douloureuses et à la détresse qui en découle. En fait, plusieurs études portant sur les jeunes TGD ont montré que le stress lié à l’appartenance à une minorité est associé à une consommation accrue d’alcool(Fahey et al., 2023).
Les conséquences toxiques de l’alcool
Si la consommation d’alcool peut aider à court terme les jeunes TGD à gérer cette détresse, elle est aussi l’une des principales causes évitables de blessures et de décès. En outre, l’intoxication par l’alcool peut en fin de compte aggraver le bien-être émotionnel et mental des jeunes TGD. Une étude menée par moi-même et d’autres personnes auprès d’étudiants universitaires TGD a révélé que la consommation d’alcool risquait de leur causer un certain nombre de préjudices, notamment une augmentation des pensées suicidaires et du risque d’agression sexuelle(Dermody, Fahey, & Kerr, 2022). Il est clair que boire pour faire face à la situation peut coûter très cher aux jeunes TGD.
Agir
Il ne fait aucun doute que le stress des minorités est répandu et qu’il a un impact négatif sur les jeunes TGD de nombreuses façons, notamment en augmentant la consommation d’alcool et les méfaits qui y sont associés. Il est clair qu’en tant que société, il est nécessaire de prendre des mesures pour éliminer les facteurs de stress des minorités et développer une société inclusive sur le plan du genre. Il est important d’arrêter et d’inverser les politiques et les pratiques qui nuisent aux jeunes TGD ou les marginalisent davantage, comme les projets de loi sur les toilettes et l’accès restreint aux soins de santé et aux soins qui tiennent compte du genre. En outre, il est nécessaire de trouver des moyens de remédier aux effets que les facteurs de stress des minorités ont eu et continuent d’avoir sur les jeunes TGD. Des recherches sont nécessaires pour développer un soutien individuel et collectif aux jeunes TGD afin de renforcer leur bien-être et de promouvoir des stratégies d’adaptation saines.
Enfin, pour les jeunes TGD, être un allié signifie s’informer sur l’identité et l’expression de genre et respecter la diversité des genres. Le projet Trevor propose un guide utile sur la manière d’être un allié pour les jeunes TGD.
Références
Fahey, K. M., Kovacek, K., Abramovich, A. et Dermody, S. S. (2023). Substance use prevalence, patterns, and correlates in transgender and gender diverse youth : a scoping review. Drug and alcohol dependence, 110880.
Dermody, S. S., Lamb, K. M. et Kerr, D. C. (2022). Heavy drinking and drinking harms for cisgender and transgender college students. Psychology of addictive behaviors, 36(5), 466.