La connaissance dépend de ce que l’on ressent

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THE BASICS

Points clés

  • Nous ne détectons pas le monde extérieur ; nous construisons le monde à l’intérieur d’un corps vivant.
  • La perception de notre corps vivant résulte d’une conversation biologique permanente entre les cellules.
  • Nos choix, nos actions et nos relations sont profondément influencés par la qualité de notre incarnation.

La perception du monde extérieur est une construction intérieure

Lorsque je regarde la montagne qui existe en dehors de moi, je sais que son existence n’est pas une construction de mon esprit. Notre modèle scientifique nous dit que la montagne a été créée par le déplacement des plaques tectoniques. Même sans moi, ces plaques continuent à se déplacer l’une au-dessus de l’autre, comme elles le font depuis des millions d’années.

Le monde change sans cesse grâce à l’échange enchevêtré des forces fondamentales de la nature. Mon esprit ne construit pas l’existence de la montagne. La montagne ne disparaît pas lorsque je suis parti.

Andriyko Podilnyk/Unsplash
Des corps différents, des mondes différents
Source : Andriyko Podilnyk/Unsplash

La vision classique de la perception nous disait que le monde intérieur est une représentation du monde extérieur, comme si mes yeux détectaient des images qui existent à l’extérieur de mon corps et les représentaient à l’intérieur. La nouvelle psychologie du traitement prédictif nous enseigne le contraire. À chaque instant, en dehors de ma conscience, mon cerveau construit activement un modèle du monde (Feldman Barrett & Quigley, 2021).

Au cours des conversations cellulaires de mon cerveau, à l’intérieur de mon corps, un modèle du monde se construit sans cesse. Mes sens font entrer dans mon corps des ondes lumineuses en mouvement, des changements de pression atmosphérique et des molécules provenant de l’extérieur de ma peau. Les réseaux de mon cerveau ajoutent des souvenirs, anticipent, prévoient et contrôlent. Ma perception du monde est un processus d’échange entre ce que je sais déjà et ce que mes sens apportent.

Le monde extérieur est créé au cours d’une conversation cellulaire intérieure. L’expérience du monde extérieur est une création interne. Ces créations de modèles de l’esprit se produisent en grande partie à l’abri de la conscience. La conscience peut inspecter ces images. Nous appelons ce processus de construction caché des sens exteroception.

La montagne que je vois à l’extérieur de moi est construite à l’intérieur de moi. Il n’y a aucun moyen de savoir quoi que ce soit sur cette montagne car les plaques coulissantes à l’extérieur des conversations cellulaires à l’intérieur. Le traitement prédictif est une théorie du fonctionnement du cerveau qui suggère que le cerveau crée et met constamment à jour un modèle mental de l’environnement. Le cerveau utilise ce modèle pour prédire ce qu’il va voir, entendre, ressentir et faire, puis compare ces prédictions avec les données sensorielles réelles.

Le cerveau tente de minimiser la différence entre ses prédictions et la réalité, soit en modifiant son modèle, soit en changeant ses actions. Le concept de traitement prédictif repose sur des idées issues des neurosciences, de la psychologie et de l’informatique, et tente d’expliquer de nombreux aspects de la perception, de la cognition et de l’action. Notre cerveau ne détecte pas un monde extérieur ; il construit un monde de l’intérieur. (Seth, 2021)

La perception de notre corps est une construction intérieure

De même, l’expérience du monde existe dans notre corps sous la forme d’une histoire cellulaire. Les événements qui se produisent dans notre corps sont nombreux. Ils constituent notre énergie vitale : l’apport d’oxygène par le système respiratoire, l’apport de sucres et de graisses par le système digestif, le transport par la circulation sanguine, la production d’ATP dans toutes les cellules. Les sensations possibles sont des conversations cellulaires traitées par notre cerveau. La construction de ces sensations, connue sous le nom d’interception, se produit en dehors de notre conscience.

« L’interception est un ingrédient secret dans certaines des parties les plus importantes et les plus intimes de votre vie. (Lisa Feldman Barrett & Karen Quigley, 2021)

La qualité des processus interoceptifs influence la construction des processus extéroceptifs. Les sentiments émotionnels que nous éprouvons affectent la façon dont nous voyons le monde extérieur. Lorsque l’on est triste, il est difficile de voir la beauté de la montagne.

En revanche, si vous parvenez à voir la merveille de la montagne, cela aura des effets émotionnels qui modifieront votre corps. Vos sens s’ouvrent, votre curiosité augmente. Vos yeux sont absorbés par la forme de la montagne, vous voyez le tapis vert des arbres, vous voyez les couleurs.

L’extéroception et l’intéroception ne sont pas séparées

L’intéroception et l’extéroception n’existent pas en tant que processus distincts. L’échange entre les deux construit la perception de nous-mêmes et du monde. Cet échange fondamentalement incarné détermine qui nous sommes et comment nous nous percevons et percevons le monde.

Il est impossible de faire l’expérience directe de l’échange corporel d’une autre personne. Ce que nous pensons que l’autre personne ressent est une création de notre propre corps. Un monde existe en dehors de mon corps. L’existence du monde n’est pas une construction de mon esprit, mais seulement la connaissance que j’en ai.

Ma connaissance du monde est toujours incarnée. Notre corps participe toujours à notre connaissance. La conscience ne se manifeste jamais indépendamment d’un contexte incarné. Le monde et l’expérience que j’en ai sont des processus psychologiques incarnés. Cet enchevêtrement de l’intéroception et de l’extéroception a des implications enrichissantes pour notre compréhension de la maladie et de la santé. Une réalité participative exige une perspective cohérente sur le bien-être. Ce que nous ressentons se reflète dans notre construction du monde.

Si toute notre connaissance semble être une construction à partir d’un corps vivant, si notre corps semble créer notre expérience du monde, que pourrions-nous savoir de la montagne sans notre corps ? Notre psychologie est profondément incarnée : Ce que vous voyez dépend des battements de votre cœur. Ce que vous savez dépend de ce que vous ressentez.

Références

Feldman Barrett, L. & Quigley, K. (2021) : https://www.dana.org/article/interoception-the-secret-ingredient/

Seth, A. (2021). Being You. Une nouvelle science de la conscience. Londres, Faber & Faber Ltd.