Trop près pour être à l’aise ? Les pièges potentiels du « Toi + Moi = Nous ».

Il y a quelque chose à dire sur le « nous » des relations amoureuses de qualité. Lorsque vous envisagez vos relations au pluriel (par exemple, « Nous sommes ensemble depuis 6 ans » plutôt que « Je suis avec lui/elle depuis 6 ans »), vous commencez parfois à définir qui vous êtes (ce que les psychologues appellent votre concept de soi) en fonction de ces relations. En vous définissant de la sorte, vous incluez des aspects de votre partenaire romantique dans votre concept de soi. Par exemple, vous pouvez adopter certaines caractéristiques de votre partenaire ou considérer ses intérêts comme les vôtres (réfléchissez-y : êtes-vous devenu membre de ce groupe de rock excentrique parce que vous pensez qu’il fait de la bonne musique… ou est-ce parce que votre partenaire l’a d’abord aimé ?) Dans de nombreuses études, les partenaires qui se définissent de cette manière pluraliste ont tendance à être plus proches, plus engagés et plus satisfaits de leurrelation1,2.

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Mais est-il toujours bon d’inclure nos partenaires dans notre moi ?

Peut-être pas. De nouvelles recherches suggèrent que l’inclusion de votre partenaire dans votre concept de soi peut comporter des risques cachés, en particulier si l’on compare le degré d’inclusion dont vous bénéficiez réellement au degré d’inclusion que vous souhaiteriez idéalement. Des chercheurs ont récemment examiné comment l’écart entre ces deux types d’inclusion (réelle et idéale) affecte les relations au fil dutemps3.

Chaque année, pendant trois ans, plus de 1 600 adultes aux États-Unis et au Canada qui vivaient une relation amoureuse ont évalué leur niveau d’intimité réel et leur niveau d’intimité idéal. Les chercheurs ont utilisé la différence entre ces deux évaluations pour mesurer l’écart entre la proximité qu’une personne ressent réellement et celle qu’elle souhaite idéalement. Par exemple, si sur une échelle de 7 points, les chiffres les plus élevés indiquant une plus grande inclusion, vous évaluez votre inclusion réelle à « 3 » et votre inclusion idéale à « 6 », vous aurez un écart de proximité de « -3 » dans votre relation. Un tel écart négatif signifierait que vous ne vous sentez pas aussi proche de votre partenaire que vous le souhaiteriez.

Conformément aux travaux antérieurs (et indépendamment du sexe, de la durée de la relation ou de la situation matrimoniale), les personnes qui ont déclaré ressentir une plus grande proximité réelle avec leur partenaire romantique étaient plus satisfaites de leur relation, plus engagées dans leur relation et avaient tendance à penser moins souvent à la rupture. Jusqu’ici, tout va bien.

C’est là que les choses deviennent intéressantes : les relations des personnes ayant signalé des écarts entre la proximité réelle et la proximité idéale n’étaient pas très bonnes. Que cet écart soit négatif (c’est-à-dire qu’ils se sentent trop peu proches) ou même positif (c’est-à-dire qu’ils se sentent trop proches), les participants qui ont fait état d’écarts plus importants se sentaient moins satisfaits, moins engagés et pensaient plus souvent à la rupture. Pour couronner le tout, ils ont signalé davantage de symptômes dépressifs au cours de l’étude. Aie.

Ainsi, qu’il s’agisse de se sentir « pas assez proche » ou même « trop proche pour être à l’aise » dans une relation, chacun de ces sentiments peut avoir des conséquences considérables sur la qualité de la relation au fil du temps. La question suivante est la suivante : que peut-on faire (s’il y a lieu) pour éviter les dangers qui surviennent lorsque les partenaires se sentent ainsi ? Restez à l’écoute pour un prochain article dans lequel nous apporterons quelques réponses potentielles.

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1Medvene, L. J., Teal, C. R. et Slavich, S. (2000). Including the other in self : Implications for judgments of equity and satisfaction in close relationships. Journal of Social and Clinical Psychology, 19(3), 396-419.

2Le, B., Dove, N. L., Agnew, C. R., Korn, M. S., & Mutso, A. A. (2010). Predicting nonmarital romantic relationship dissolution : A meta-analytic synthesis. Personal Relationships, 17(3), 377-390.

3Frost, D. M. et Forrester, C. (2013). Closeness discrepancies in romantic relationships : Implications pour le bien-être relationnel, la stabilité et la santé mentale. Personality and Social Psychology Bulletin, 39(4), 456-469.

Fred Clavél, M.A. – Articles surla science des relations

 

Fred s’intéresse à la dynamique du soutien social dans les couples romantiques, aux effets du contexte sur les relations, aux relations et à la santé et au bien-être, ainsi qu’aux questions relatives au soi dans les relations. Ses recherches s’appuient principalement sur les théories de l’échange social, de l’attachement, de la motivation et de la cognition sociale. Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...