Le rétablissement d’une dépendance est un parcours semé d’embûches, fait de triomphes et d’échecs. Pour les personnes qui recherchent une sobriété à long terme, la rechute peut être une réalité décourageante. Cependant, des découvertes récentes ont montré que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est un outil puissant pour prévenir la rechute et soutenir le rétablissement.
Incidence des affections concomitantes
Il existe un lien statistique significatif entre le syndrome destresspost-traumatique(SSPT) et la toxicomanie. Dans la population générale, environ 3 à 7 % des personnes sont aux prises avec un trouble lié à l’utilisation d’une substance (TUS). Toutefois, chez les personnes souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique, la prévalence des troubles liés à l’utilisation d’une substance atteint 35 %, tandis que celle des troubles liés à l’utilisation d’une substance alcoolique (TAL) s’élève à 52 %. À l’inverse, environ 8 % de la population générale souffre de SSPT, mais dans le sous-groupe des personnes souffrant de troubles liés à l’utilisation de substances psychoactives, ce chiffre grimpe à 26-52 %.
Les expériences traumatisantes peuvent pousser les individus à consommer des substances pour faire face à la douleur émotionnelle et à la détresse causées par le traumatisme. Ce lien entre traumatisme et addiction fait qu’il est crucial de traiter les deux problèmes simultanément. En traitant le traumatisme à la racine, les individus sont mieux équipés pour prévenir les rechutes et parvenir à un rétablissement durable.
Comprendre la rechute
Avant d’aborder le rôle de la thérapie cognitivo-comportementale dans la prévention des rechutes, il convient de comprendre ce qu’est une rechute et pourquoi elle est si fréquente.
La rechute est le retour à la consommation de substances après une période d’abstinence. Selon le National Institute on Drug Abuse (NIDA), le taux de rechute des toxicomanes est estimé entre 40 et 60 %, ce qui souligne le formidable défi que représente le maintien de la sobriété.
Les rechutes sont fréquentes chez les personnes confrontées à divers problèmes, notamment les dépendances, les troubles mentaux et d’autres problèmes de comportement, et ce pour plusieurs raisons :
- Caractère chronique des affections : De nombreuses pathologies, telles que les troubles liés à la consommation de substances et certains troubles mentaux, sont de nature chronique. Cela signifie qu’elles peuvent persister tout au long de la vie d’une personne, rendant la rechute possible à tout moment.
- Déclencheurs et facteurs de stress : Les déclencheurs et les facteurs de stress externes peuvent être de puissants catalyseurs de rechute. Les indices environnementaux, les personnes, les lieux ou les situations associés à des comportements addictifs antérieurs ou à des problèmes de santé mentale peuvent déclencher des fringales ou une détresse émotionnelle, entraînant une rechute.
- Facteurs psychologiques : Les troubles de la santé mentale impliquent souvent des facteurs psychologiques tels que la dépression, l’anxiété et une faible estime de soi. Ces facteurs peuvent accroître la vulnérabilité à la rechute, car les individus peuvent consommer des substances ou adopter des comportements nocifs pour s’auto-médicamenter ou faire face à leur détresse émotionnelle.
- Manque de capacités d’adaptation : De nombreuses personnes souffrant de toxicomanie ou de problèmes de santé mentale ne disposent pas de stratégies d’adaptation efficaces pour faire face aux difficultés de la vie. En l’absence de mécanismes d’adaptation sains, elles peuvent avoir recours à des comportements familiers, bien que nocifs, pour gérer le stress et l’inconfort.
- Pression sociale et pression des pairs : Les cercles sociaux et la pression des pairs peuvent jouer un rôle important dans la rechute, en particulier dans les cas de toxicomanie. Le fait de fréquenter des personnes qui encouragent ou normalisent la consommation de substances peut rendre difficile le maintien du rétablissement.
- Traumatisme sous-jacent : Les traumatismes non résolus du passé, y compris les expériences négatives de l’enfance, peuvent contribuer au risque de rechute. Les déclencheurs et les émotions liés aux traumatismes peuvent refaire surface et pousser les individus à revenir à leurs anciens mécanismes d’adaptation.
- Symptômes de sevrage : Pour les personnes souffrant de troubles liés à l’utilisation de substances, l’inconfort physique et psychologique du sevrage peut être accablant. Certains peuvent rechuter pour soulager ces symptômes.
- La complaisance : Dans le cas de la toxicomanie, les personnes qui ont atteint une période de sobriété peuvent se reposer sur leurs lauriers et sous-estimer le besoin permanent de soutien et de soins personnels, ce qui conduit à la rechute.
- Attentes irréalistes : Des attentes irréalistes en matière de rétablissement, comme le fait de s’attendre à un processus linéaire et sans heurts, peuvent conduire à la déception et à la frustration en cas d’échec, ce qui peut entraîner une rechute.
- Stigmatisation et honte: La stigmatisation associée à la toxicomanie et aux problèmes de santé mentale peut engendrer des sentiments de honte et d’isolement. Ces émotions négatives peuvent rendre les personnes réticentes à demander de l’aide ou à révéler leurs difficultés, ce qui augmente le risque de rechute.
Quel rôle joue le traumatisme dans la rechute ?
Une étude récente de 2022 a révélé que les traumatismes jouent un rôle important dans la rechute. L’étude a porté sur 335 patients psychiatriques adultes. Les résultats ont révélé que parmi les participants, 298 personnes (88,9 %) avaient été confrontées à des adversités dans leur enfance, 44,4 % d’entre elles ayant signalé plus de cinq traumatismes dans leur enfance. Notamment, une rechute a été observée chez 40,9 % des participants, tandis qu’un séjour prolongé à l’hôpital a été enregistré dans 71,1 % des cas. Les facteurs prédictifs d’une hospitalisation prolongée comprenaient les expériences d’abus émotionnel, la consommation de substances et le fait de résider en zone rurale.
En outre, l’étude a montré que la situation professionnelle et l’exposition à un traumatisme infantile infligé par un parent augmentaient le risque de rechute chez les personnes souffrant de problèmes de santé mentale résultant d’un traumatisme infantile. À l’inverse, les interventions axées sur les traumatismes de l’enfance réduisent le risque de rechute et raccourcissent les durées d’hospitalisation.
En résumé, les résultats révèlent que les personnes ayant subi un traumatisme sont plus susceptibles de rechuter, ce qui souligne l’importance d’aborder la question des traumatismes dans le cadre du traitement de la toxicomanie. En outre, la rechute est souvent liée à un traumatisme passé, en particulier lorsque l’on tente de lutter contre la toxicomanie sans l’aide d’un expert.
La puissance de la thérapie cognitivo-comportementale
La thérapie cognitivo-comportementale est une approche thérapeutique bien établie qui se concentre sur l’identification et la modification des schémas de pensée et des comportements négatifs. Elle s’est imposée comme une méthode efficace de traitement des addictions et de prévention des rechutes.
Des études récentes ont montré des résultats prometteurs dans l’utilisation de la TCC pour la prévention des rechutes. Selon la Substance Abuse and Mental Health Services Administration, la TCC peut réduire les taux de rechute jusqu’à 60 % par rapport aux méthodes de traitement traditionnelles.
La TCC aide les personnes en cours de rétablissement en
- Identifier les déclencheurs : La TCC aide les individus à reconnaître les pensées, les sentiments et les situations qui déclenchent leurs envies de substances. En comprenant ces déclencheurs, ils peuvent développer des stratégies pour les éviter ou y faire face.
- Renforcement des capacités d’adaptation : La TCC permet aux individus d’acquérir des compétences pratiques pour gérer le stress, l’anxiété et les émotions négatives sans avoir recours à la consommation d’alcool ou de drogues. Ces compétences sont essentielles pour maintenir la sobriété.
- Remettre en question les croyances négatives : De nombreuses personnes aux prises avec une dépendance ont des croyances négatives à propos d’elles-mêmes et de leur capacité à changer. La TCC aide à remettre en question et à recadrer ces croyances, ce qui favorise l’autonomisation.
De nombreux programmes de traitement intègrent la thérapie cognitivo-comportementale et le conseil afin d’approfondir l’histoire personnelle et les émotions sous-jacentes à la lutte pour le rétablissement. La thérapie cognitivo-comportementale consiste à examiner les expériences de la vie et les schémas de pensée, et à modifier sa façon de penser de manière positive plutôt que de succomber à un discours négatif sur soi-même. Un régime de traitement complet doit englober le bien-être mental, physique et spirituel de la personne, afin de favoriser la guérison de l’intérieur.
Si une personne a déjà suivi un programme de traitement comprenant des conseils et une thérapie, mais qu’elle continue à rechuter, il est peut-être temps d’envisager des soins alternatifs ou d’entrer dans un programme de traitement intensif et prolongé. Il se peut que le traumatisme n’ait pas été suffisamment pris en compte, ce qui nécessite des techniques plus efficaces ou une durée de traitement plus longue. Une prise en charge de qualité doit être assurée par une équipe de professionnels compétents et empathiques, capables d’aider une personne à affronter son passé et de lui fournir des stratégies pour gérer les souvenirs et les émotions douloureuses.
Quelles que soient les raisons d’une rechute, il est essentiel de comprendre qu’elle n’est pas synonyme d’échec. Chaque tentative de sobriété à vie constitue une expérience d’apprentissage précieuse et un pas dans la bonne direction. Avec le soutien adéquat et les outils essentiels au rétablissement, la prochaine tentative pourrait être celle qui durera.
Conclusion
La dépendance et la rechute sont des ennemis redoutables, mais avec les bons outils et le bon soutien, un rétablissement durable est à portée de main. La thérapie cognitivo-comportementale, en particulier lorsqu’elle est intégrée à des soins tenant compte des traumatismes, s’est révélée être une lueur d’espoir pour les personnes qui luttent contre la dépendance.
Pour trouver un thérapeute près de chez vous, consultez l’annuaire des thérapies de Psychology Today.
