Que faire lorsqu’un partenaire ne veut pas en parler ?

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THE BASICS

Points clés

  • Les personnes engagées dans une relation amoureuse doivent négocier des désirs divergents de partage d’informations et de maintien de la vie privée.
  • Un article récent conclut que les stratégies de soutien à l’autonomie (par opposition aux stratégies de contrôle) sont plus efficaces pour obtenir la divulgation d’informations et préserver la vie privée.
  • Les stratégies de soutien à l’autonomie sont empathiques et favorisent la participation active. Les stratégies de contrôle sont dominatrices et invalidantes.
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Source : chermitove/Pixabay

La divulgation de soi dans les relations amoureuses tend à être associée à des résultats positifs, tels qu’une plus grande proximité, intimité, amour, engagement, confiance, stabilité de la relation et satisfaction de la relation.

Néanmoins, une personne engagée dans une relation amoureuse peut garder secrets ses pensées et sentiments intérieurs pour diverses raisons (par exemple, la peur d’être rejetée).

En fait, ce qui est vrai pour tout le monde, c’est qu’il y a toujours une tension entre le désir de se dévoiler et le désir de préserver sa vie privée.

Alors, comment négocier les désirs divergents de divulgation et de maintien de la vie privée ?

Publiée dans le numéro de juin de Personal Relationships, une étude récente de Kil et al. conclut que les stratégies de soutien à l’autonomie sont « perçues comme plus acceptables et plus efficaces que les stratégies de contrôle pour obtenir des informations de la part de son partenaire et préserver son intimité ».

L’enquête est décrite ci-dessous.

Enquête sur la régulation de la divulgation et de la vie privée dans les relations amoureuses

Étude 1

Échantillon : 286 personnes dans une relation amoureuse ; 85% de femmes ; 94% d’hétérosexuels ; âge moyen de 24 ans ; durée moyenne de la relation de 42 mois ; 10% de mariés, 33% de cohabitants ou de concubins ; 83% de Canadiens français ; 43% de diplômés de l’enseignement supérieur ; 83% de personnes gagnant moins de 30 000 dollars canadiens par an.

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Procédure

Les participants ont lu deux scénarios, l’un incitant à la divulgation et l’autre au respect de la vie privée.

Le scénario incitant à la divulgation était le suivant : « Vous rentrez chez vous après une dure journée de travail : « Vous rentrez chez vous après une dure journée de travail, vous avez vécu un conflit intense avec des collègues et vous êtes préoccupé. Votre partenaire remarque votre état d’esprit et aimerait vous encourager à en parler ».

Ensuite, les participants se sont vu présenter des stratégies de contrôle ou de soutien à l’autonomie que leur partenaire romantique peut utiliser pour obtenir des révélations.

Par exemple, une stratégie de contrôle consisterait à dire ce qui suit : « Les partenaires qui s’aiment doivent tout se dire : « Les partenaires qui s’aiment doivent tout se dire ». À l’inverse, une stratégie de soutien à l’autonomie serait la suivante : « Je suis disponible si tu veux partager : « Je suis disponible, si tu veux partager ».

Le scénario de maintien de la vie privée est le suivant : « Votre partenaire rentre à la maison après une dure journée de travail. Il/elle est manifestement préoccupé(e) et, bien que vous souhaitiez savoir ce qui s’est passé, il/elle ne veut pas en parler ».

Là encore, les participants ont lu une liste de tactiques de contrôle ou de soutien à l’autonomie que leur partenaire peut utiliser pour préserver son intimité.

Pour illustrer, une technique de contrôle serait la suivante : « Cette question ne vous concerne pas ». Une tactique de soutien à l’autonomie est la suivante : « Je comprends votre inquiétude, mais je préférerais parler d’autre chose maintenant : « Je comprends votre inquiétude mais je préférerais parler d’autre chose maintenant ».

Mesures

  • Soutien perçu de l’autonomie. Sous-échelle de satisfaction du besoin d’autonomie du questionnaire Basic Need Satisfaction in Relationships.
  • Acceptabilité. Une question : « Je trouverais cette stratégie acceptable ».
  • Efficacité. Exemple : « Suite à cette réponse, je serais enclin à divulguer des informations me concernant ».

Étude 2

Échantillon : 78 couples ; 92% hétérosexuels ; âge moyen 23 ans ; en moyenne, 31 mois de relation (entre un mois et 15 ans) ; 40% de cohabitation ; 82% de Canadiens français ; 36% avec un diplôme universitaire ; 90% gagnent moins de 30 000 dollars canadiens par an.

Procédure

Les membres de chaque couple ont été informés qu’ils seraient assignés au hasard aux rôles d’enquêteur (chargé d’en savoir plus sur leur partenaire) et de divulgateur (chargé de partager leurs expériences, dans la mesure où ils le souhaitent).

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En réalité, il n’y a pas eu de répartition aléatoire. En fait, le membre qui souhaitait plus d’intimité (sur la base des questions auxquelles il avait répondu précédemment) s’est vu attribuer le rôle d’enquêteur et l’autre, celui de divulgateur.

Mesures

  • Questionnaires pré-laboratoire et post-interaction.
  • Autonomie perçue au cours d’une conversation. Sous-échelle de satisfaction du besoin d’autonomie de l’échelle de mesure équilibrée des besoins psychologiques. Exemple d’item (pour les divulgateurs) : « J’étais libre de me révéler à ma façon ».
  • Intimité pendant l’interaction. Mesure adaptée du questionnaire pré-laboratoire. Exemple : « Pendant la conversation, à quel point étiez-vous proche de votre partenaire ? »
  • Qualité perçue de la relation. Opérationnalisée en tant qu’engagement relationnel (mesuré par l’échelle du modèle d’investissement) et satisfaction relationnelle (évaluée par l’indice de satisfaction des couples).
  • Attachement romantique. Questionnaire sur les expériences en matière de relations étroites (version courte). Par exemple, « J’essaie d’éviter d’être trop proche de mes partenaires ».
  • Style de soutien à l’autonomie perçu par le partenaire romantique actuel. Version adaptée de l’échelle de soutien parental perçu. Les sous-échelles comprennent les éléments suivants : offrir des choix, reconnaître les sentiments et les points de vue, donner des raisons, invalider, induire la culpabilité, recourir aux menaces, à l’intrusion et aux critiques. Un exemple d’item (pour l’invalidation) est le suivant : « Mon partenaire remet en question ma façon de penser ou de ressentir ».

Communication contrôlante ou communication favorisant l’autonomie

Les études susmentionnées ont évalué si les stratégies de soutien à l’autonomie, par opposition aux tactiques de contrôle, pouvaient aider les partenaires à préserver leur vie privée et à obtenir des informations d’une manière qui soit considérée comme respectueuse et sensible.

Les résultats ont montré que les stratégies de soutien à l’autonomie sont considérées comme plus acceptables et plus efficaces pour préserver l’intimité et inciter à la divulgation. Elles sont associées à une plus grande quantité et profondeur de révélations, à la satisfaction de la relation, à un attachement moins anxieux et évitant, et à moins d’anxiété d’ abandon et d’évitement de la proximité. En revanche, le contrôle est corrélé à une moindre intimité.

lambhappiness/Pixabay
Source : lambhappiness/Pixabay

À emporter

Malgré les avantages de la divulgation de soi dans les relations amoureuses, les partenaires choisissent parfois de garder leurs sentiments ou leurs pensées pour eux, que ce soit par crainte des moqueries, du rejet, de la manipulation (c’est-à-dire que l’information soit plus tard utilisée contre eux), ou de la possibilité d’ennuyer, d’accabler ou de blesser le partenaire.

Ainsi, que vous souhaitiez protéger votre vie privée ou encourager votre mari ou votre femme à s’ouvrir, comment pouvez-vous le faire d’une manière qui ne soit pas perçue comme inappropriée, insensible, indifférente ou manipulatrice ?

En utilisant des stratégies de soutien à l’autonomie. Elles se caractérisent par :

  • Échange d’informations, pas d’évaluation ni de blâme.
  • Reconnaître les sentiments et les perceptions.
  • Montrer de l’empathie, de la sollicitude et de l’intérêt.
  • Faire preuve de souplesse en ce qui concerne le contenu ou le moment de la divulgation.
  • Promouvoir l’initiative et la participation active à la prise de décision.
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Les stratégies de contrôle, en revanche, sont perçues comme irrespectueuses, dominatrices, menaçantes, invalidantes, culpabilisantes, trompeuses ou rejetantes.

En fait, le contrôle peut créer un cercle vicieux. Cela se produit lorsqu’un partenaire cherchant l’intimité et la proximité ne la reçoit pas, et qu’il a recours à des stratégies plus contrôlantes, ce qui pousse l’autre partenaire à se retirer encore plus….

Pourquoi les approches de soutien à l’autonomie fonctionnent-elles ? Peut-être parce qu’elles augmentent non pas la motivation extrinsèque ( par exemple, la pression exercée par le partenaire), mais la motivation autonome ou intrinsèque (par exemple, le désir d’un soutien émotionnel).

Ces stratégies sont particulièrement utiles pour les personnes anxieuses ou évitantes, car elles leur permettent de se tourner vers leur partenaire romantique pour obtenir du soutien en cas de stress.

ImageFacebook: MAYA LAB/Shutterstock