Pour les curieux de la thérapie : 5 choses qui se passent en thérapie

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THE BASICS

Points clés

  • Le processus thérapeutique est avant tout un processus descriptif qui vise à clarifier les souhaits et les besoins du client.
  • La thérapie est bénéfique lorsque nous nous situons dans notre histoire familiale.
  • L’alliance thérapeutique entre le client et le thérapeute est la meilleure mesure du succès.

Chaque fois que je rencontre un futur client en psychothérapie, je me rappelle que, pour de nombreuses personnes, la thérapie reste un processus mystérieux et souvent stigmatisé. Alors que le débat sur la santé mentale est devenu de plus en plus courant, des inconnues subsistent quant à l’activité thérapeutique elle-même. Qu’attend-on de moi en tant que client ? Que dois-je rechercher ou attendre d’un thérapeute ? Que fait-on en thérapie ? Quelle est la durée de la thérapie ?

Voici ce que je dis aux personnes qui s’informent sur le processus thérapeutique.

  1. La thérapie est descriptive et exploratoire. Une grande partie des premières étapes de la thérapie consiste à décrire ce qui se passe pour un individu. Que ressentons-nous en ce moment ? Quelles sont nos pensées dominantes ou persistantes ? Quels sont les événements récents qui se sont produits ? Quels sont les types de relations dans lesquelles nous sommes impliqués ? Nous arrivons souvent en thérapie sans avoir une idée précise de ce qui ne va pas ou même de ce qui nous préoccupe. Nous nous sentons mal, coincés ou anormaux, mais nous ne savons pas nécessairement quelle en est la cause ni ce qu’il faut faire pour y remédier. Cette phase initiale s’apparente à un travail de détective. J’utilise souvent l’analogie du démêlage d’une pelote de laine, en tirant différentes ficelles de notre vie pour trier et clarifier les principaux sujets de préoccupation. Est-ce ma relation amoureuse qui est la plus urgente en ce moment, ou est-ce le stress au travail ? Peut-être s’agit-il de gérer la pression exercée par d’anciens amis ou par la famille ? En tirant sur chaque corde, nous pouvons voir quelle devrait être la priorité de la thérapie, où nous voulons commencer notre travail, et aussi la relation entre les différents éléments de notre vie(je remarque que mon stress au travail a affecté mon mariage, par exemple).

  2. La thérapie consiste à clarifier les désirs et les besoins. La phase descriptive nous amène souvent à nous poser des questions importantes sur nos désirs et nos besoins. En effet, l’une des questions fondamentales (et étonnamment difficile) qui se pose en thérapie est la suivante : « Qu’est-ce que je veux ? Nous vivons souvent notre vie sans penser activement à nos désirs. Qu’est-ce que je veux ou qu’est-ce dont j’ai besoin de la part d’un partenaire romantique ? Quel genre de travail me passionne ? Quel genre de vie ai-je envie de mener ? Quel genre de personne est-ce que j’envisage d’être ? En thérapie, nous pouvons découvrir des désirs que nous n’avions pas formulés ou que nous ne connaissions même pas. Parfois, nous découvrons des désirs qui ont été réprimés par la nécessité, les devoirs ou les obligations de la vie, ou qui n’ont pas pu être exprimés. Parfois, nous avons besoin d’exprimer des désirs dont nous avons honte ou que nous savons impossibles à réaliser (ou des désirs dont nous aurions peur qu’ils se concrétisent). Il est important dans ce processus de nommer ces désirs et leurs obstacles, ce qui fait obstacle à nos désirs. Les désirs nous donnent des repères en thérapie et peuvent souvent déterminer l’orientation du traitement thérapeutique. Essayons-nous de trouver des moyens d’actualiser ces désirs et ces besoins, ou nous réconcilions-nous avec la perte et la déception causées par des désirs impossibles ?

  3. La thérapie consiste à nous situer dans notre histoire familiale. La compréhension de notre système familial est un élément important de l’exploration thérapeutique et du traitement. En tant que thérapeute, je commence toujours par un génogramme ou un arbre généalogique pour savoir d’où vient le client et où il se situe dans son système familial. Ces informations sont précieuses tant pour le thérapeute que pour le client et déterminent l’orientation de notre travail commun. Ce travail recoupe la question des désirs et des besoins, car nous héritons souvent des scénarios de nos familles. Par exemple, mes parents accordaient plus d’importance à la sécurité financière qu’à toute autre valeur, et c’est donc devenu pour moi une priorité angoissante. Une partie du travail consiste à démêler ce qui m’ appartient vraiment (mes désirs, mes envies) et ce qui m’a été transmis. Si nos désirs et nos valeurs sont parfois en accord avec notre famille d’origine, ce n’est souvent pas le cas. Cette friction peut être une source d’anxiété, de stress et même de dépression pour de nombreux clients. Démêler les nœuds familiaux est un bon point de départ pour la thérapie.

  4. La thérapie porte sur les stratégies de vie. Il est rare que j’aie une séance avec un client qui ne porte pas sur ce qu’il faut faire en matière de détection et d’exploration thérapeutiques. Par exemple, j’ai découvert que je n’aime pas mon travail et que je veux le quitter, mais je me sens impuissant (et financièrement contraint) à rester. Que faire maintenant ? Nous arrivons souvent à un stade de la thérapie où il convient de discuter de stratégies ou d’approches pour sortir de ces impasses. Les stratégies sont trop nombreuses pour être énumérées ici, mais le monde de la psychothérapie ne manque pas d’approches pour nous aider à prendre des décisions, à faire face ou à gérer les symptômes avec lesquels nous vivons. Je présente souvent les stratégies comme un buffet que le client peut prendre ou rejeter. Un client peut être enclin à remplir des feuilles de travail sur ses angoisses chaque semaine, par exemple. Il peut aussi bénéficier d’exercices de respiration en pleine conscience pour atténuer les pressions liées à l’incertitude et au doute. Je distribue fréquemment des devoirs sur les stratégies de communication inefficaces pour les couples. Les stratégies sont des outils et les outils peuvent nous permettre de nous sentir actifs et autonomes dans notre travail thérapeutique, ce qui engendre l’autonomie dans notre quête de santé mentale.

  5. La thérapie est une affaire de relations. Quelle que soit la modalité, la stratégie ou l’approche, la thérapie repose fondamentalement sur la relation entre le thérapeute et le client. La recherche montre régulièrement que c’est la relation dans la psychothérapie qui compte le plus dans la réussite du client, en créant un cadre sûr et confiant pour discuter et résoudre nos problèmes et nos préoccupations les plus difficiles. La relation est l’architecture de la thérapie et la base sur laquelle tous les progrès thérapeutiques sont construits. C’est la sécurité de la relation qui permet de réparer les blessures ou les traumatismes du passé et d’offrir un espace pour une nouvelle croissance et de nouvelles expériences de soi.