Les perroquets de compagnie souffrent plus que la plupart des gens ne le pensent

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Points clés

  • Les comportements problématiques peuvent se manifester par des sifflements excessifs, de l’agressivité ou des dommages aux plumes.
  • Les comportements problématiques peuvent être dus à des facteurs tels que l’instabilité du foyer, le manque d’attention ou l’ennui.
  • Avoir un perroquet de compagnie est une énorme responsabilité. Il est essentiel de les comprendre et de les loger correctement.
  • Écouter attentivement les perroquets pour comprendre ce qu’ils nous demandent permet d’établir des relations positives.
 Nikita Belokhonov/Pexels.
Source : Nikita Belokhonov/Pexels.

Les perroquets de différentes espèces sont des compagnons domestiques très appréciés, mais beaucoup, voire la plupart, de ces oiseaux ne reçoivent pas les soins adéquats et leur bien-être en pâtit de manière inattendue, ce qui n’est pas évident à moins que leurs tuteurs humains ne parlent couramment le perroquet. Une nouvelle étude menée par Anne Tygesen et Björn Forkman, intitulée« The Parrot-Owner Relationship and Problem Behaviors in Parrots » (également disponible ici), constitue un ajout précieux à la littérature sur le comportement et les besoins des perroquets en captivité, car elle identifie plusieurs problèmes de bien-être courants chez les perroquets de compagnie, qui peuvent à leur tour entraîner une détérioration de la relation entre le perroquet et son propriétaire. Les comportements problématiques peuvent, par exemple, se manifester sous la forme de sifflements excessifs, d’agressions ou de comportements de détérioration des plumes et peuvent être causés par des facteurs tels que des foyers instables, le manque d’attention ou l’ennui.

Cette étude importante souligne la nécessité de mieux comprendre comment loger et soigner correctement les perroquets de compagnie afin d’améliorer leur bien-être général, et je suis heureux que les auteurs aient pu répondre à quelques questions sur leur recherche historique.

Marc Bekoff : Pourquoi avez-vous étudié les relations entre perroquets et propriétaires et les comportements problématiques de ces oiseaux remarquables ?

Anne Tygesen et Björn Forkman : Les perroquets sont des animaux de compagnie très populaires. Environ 3 % des ménages danois en possèdent ; ils ne sont dépassés que par les chats et les chiens de compagnie, et sont aussi répandus que les lapins. D’une manière générale, le bien-être des animaux exotiques est une préoccupation croissante pour les experts du monde entier. Les perroquets courent un risque relativement élevé de développer des comportements anormaux, qui constituent une grande partie des problèmes de bien-être des perroquets. Le bien-être du perroquet est souvent lié à sa relation avec son propriétaire. Négliger le perroquet risque d’entraîner des comportements négatifs et de détériorer la relation entre le perroquet et son propriétaire, alors que bien traiter le perroquet peut entraîner une spirale positive et une bonne relation.

Dans cette optique, nous avons décidé d’utiliser une enquête pour mettre en lumière la façon dont les perceptions des propriétaires de perroquets affectent leur relation et le bien-être des perroquets.

MB : Quel est le lien entre vos recherches et vos expériences et domaines d’intérêt généraux ?

AT/BF : Anne était à l’époque étudiante en master à l’université de Copenhague, avec une passion particulière pour les perroquets, due au fait qu’elle en possédait deux, et elle a donc eu l’idée qui a finalement abouti à cette publication. Björn fait partie d’un groupe spécialisé dans le bien-être animal, l’éthologie et l’éthique, avec un large intérêt pour le comportement et le bien-être des animaux.

Marc Bekoff : Quelles sont vos principales conclusions ?

AT/BF : Le principal résultat de cette étude est que la relation entre les propriétaires et leurs perroquets peut être décrite dans des termes similaires à ceux utilisés pour décrire la relation des chiens et des chats avec leurs propriétaires. Le facteur qui affecte le plus la relation perroquet-propriétaire est le degré d’agressivité perçu par le propriétaire à l’égard de son perroquet, par exemple en le mordant, en mordant des étrangers ou en mordant d’autres animaux.

Lorsque nous avons examiné les rapports sur les comportements problématiques des perroquets, nous avons constaté que les comportements problématiques étaient généralement liés au fait que les perroquets étaient placés dans des situations stressantes, telles que le changement de propriétaire, le fait d’être seul à la maison pendant de longues périodes, ou le manque de compagnie de la part de congénères. Ces résultats confirment que les perroquets ont un grand besoin de socialisation et que leurs comportements problématiques sont liés aux interactions sociales et à la relation avec un autre être vivant.

En outre, les comportements de détérioration des plumes étaient plus fréquents lorsque le perroquet bénéficiait de moins d’enrichissement cognitif sous la forme d’un entraînement.

Les perroquets, dont l’intelligence est très élevée, ont besoin d’un apprentissage social et cognitif spécifique tout au long de leur vie.

MB : En quoi vos recherches diffèrent-elles de celles d’autres chercheurs qui s’intéressent aux mêmes sujets généraux ?

AT/BF : La méthode que nous avons utilisée a souvent servi à décrire les relations entre les chiens et leurs propriétaires et a été adaptée à d’autres animaux, comme les chats, mais elle est nouvelle pour les perroquets. Jusqu’à présent, la recherche sur les perroquets s’est surtout concentrée sur leurs capacités cognitives, les comportements qui endommagent les plumes, l’enrichissement et la gestion, principalement du point de vue des zoos ou des laboratoires. Les perroquets de compagnie ont reçu moins d’attention scientifique.

MB : Espérez-vous qu’en apprenant davantage sur les perroquets de compagnie, les gens les traiteront avec plus de compassion, de respect et de dignité ?

AT/BF : En bref, oui. Les perroquets sont des animaux de compagnie étonnants et intelligents si on s’en occupe correctement. Selon l’espèce de perroquet, ils ont une intelligence similaire à celle d’un enfant et peuvent apprendre de nombreux tours et interagir avec les humains un peu comme le font les enfants.

De plus en plus de propriétaires investissent aujourd’hui du temps et des ressources dans le bien-être de leurs perroquets. Malheureusement, la majorité des perroquets sont encore détenus dans des conditions médiocres. Le bien-être des perroquets doit faire l’objet d’une attention particulière. Les perroquets sont très différents des humains et ne sont pas aussi familiers que les mammifères. Il peut donc être difficile pour certaines personnes de comprendre qu’ils ont certains besoins que nous n’avons pas nous-mêmes, comme la possibilité de voler, de chanter et d’utiliser leur bec pour explorer.

Il est très important d’interagir avec le perroquet et d’être capable de lire son langage corporel pour tous les propriétaires, qu’il s’agisse d’un animal de compagnie, d’un passe-temps ou d’un animal professionnel. Pour s’occuper au mieux d’un perroquet, le propriétaire doit apprendre à connaître son propre perroquet et le perroquet doit avoir le temps d’apprendre à connaître le propriétaire également. Une relation solide entre le perroquet et son propriétaire est la base d’un bon bien-être pour les perroquets.

Nous espérons que nos résultats contribueront à persuader les acteurs du secteur des animaux de compagnie que des efforts doivent être faits pour s’assurer que les propriétaires actuels et futurs apprécient les besoins des perroquets et le niveau d’investissement auquel ils s’engagent. Nous espérons que davantage de pays développeront des exigences minimales officielles et des lignes directrices pour l’élevage des perroquets afin de contribuer à l’amélioration du bien-être.

Références

En conversation avec Anne Tygesen et Björn Forkman, professeur d’éthologie au département des sciences vétérinaires et animales de l’université de Copenhague.

1) Pour un résumé des problèmes de comportement chez les perroquets de compagnie, cliquez ici. Voir également Research Shows Brainy Parrots Have Unique Welfare Needs, Captive Grey Parrots Suffer From Social Isolation Loneliness, et Social Isolation Shortens Telomeres in African Grey Parrots (Psittacus erithacus erithacus) dans lequel il a été montré « que l’isolement social affecte la longueur des télomères, ce qui soutient l’hypothèse que les télomères fournissent un biomarqueur indiquant l’exposition au stress chronique ».