Une étude récente de la Harvard School of Public Health a révélé que les produits chimiques industriels sont transmis aux nourrissons par le lait maternel. Ces produits chimiques sont également liés à des problèmes de fonction immunitaire et de cancer.
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Depuis de nombreuses années, les parents s’inquiètent de ce qu’ils transmettent à leurs enfants. Cependant, cette étude est la première à mesurer exactement le nombre de toxines auxquelles un nourrisson est exposé par le biais du lait maternel. Philippe Grandjean, professeur adjoint de santé environnementale à la Harvard T.H. Chan School of Public Health, a déclaré : « Nous savions que de petites quantités de PFAS pouvaient se retrouver dans le lait maternel, mais nos analyses sanguines en série montrent maintenant une accumulation chez les nourrissons, plus longtemps ils sont allaités. »
Que sont les PFAS ?
Les PFAS sont des produits chimiques utilisés dans les produits industriels et de consommation. L’utilisation des PFAS permet à un produit de résister aux dommages causés par l’eau, la graisse ou les taches. On les trouve dans de nombreux produits courants. Il s’agit notamment des emballages alimentaires, des vêtements imperméables et des articles antitaches.
Les PFAS sont courants depuis une soixantaine d’années. Elles se présentent généralement sous la forme d’un composé dont l’organisme a du mal à se débarrasser, ce qui explique que les PFAS se transmettent facilement par le lait maternel. C’est pourquoi il est facile de transmettre les PFAS par le lait maternel. Les PFAS sont souvent présents dans le sang des personnes qui souffrent d’un dysfonctionnement du système immunitaire et d’une perturbation endocrinienne. Elles sont également associées à une toxicité pour la reproduction.
Combien de PFAS sont transmis par le lait maternel ?
Les scientifiques savent depuis plusieurs années que de petites doses de PFAS et d’autres toxines peuvent se retrouver dans le lait maternel. Les chercheurs ont découvert que les concentrations de PFAS dans le sang d’un enfant augmentaient de 20 à 30 % chaque mois pendant lequel il était allaité. Dans cette étude, ce chiffre s’applique aux enfants dont la totalité de l’alimentation provient exclusivement du lait maternel.
Cependant, après l’arrêt de l’allaitement, le nombre de toxines a diminué dans le sang des enfants. Ce résultat a conduit les scientifiques à conclure que les bébés risquaient d’ingérer des PFAS directement par le biais du lait maternel.
Cela signifie-t-il que l’allaitement est mauvais pour les enfants ?
Les chercheurs ne suggèrent pas qu’il s’agit d’une raison pour éviter l’allaitement. Le nombre de PFAS dans le sang des sujets est préoccupant. Toutefois, aucun effet négatif lié à ces substances chimiques n’a encore été observé chez les bébés. En outre, les chercheurs ont constaté que leur impact négatif pouvait être atténué si les mères pratiquaient des activités saines avec leurs nouveau-nés, comme le yoga pour les nageurs.
Deux PFAS ont déjà été limités par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) aux États-Unis. Le sulfonate de perfluorooctane (SPFO) et l’acide perfluorooctanoïque (APFO) sont connus pour perturber les hormones d’une personne. Ces deux composés ont également été provisoirement liés au cancer. En conséquence, l’EPA a limité la quantité de SPFO et d’APFO qui peut être trouvée dans l’eau potable. Ces dispositions protègent également les enfants en bas âge des effets plus graves que l’on pense être dus aux PFAS.
Le lait maternel contient toujours des nutriments essentiels pour les bébés
La quantité de PFAS dans le sang des bébés allaités n’annule pas la nutrition essentielle que le lait maternel apporte aux bébés. Le lait maternel reste parfaitement adapté à la nutrition dont les bébés ont besoin pour grandir en bonne santé. Le lait maternel fournit des anticorps aux bébés. Ces anticorps aident les bébés à lutter contre les infections de l’oreille et les problèmes gastro-intestinaux.
En fin de compte, l’allaitement maternel reste la méthode d’ alimentation recommandée par les CDC, l’Organisation mondiale de la santé et l’Académie américaine de pédiatrie. Bien que cette étude suggère qu’il pourrait y avoir des implications des PFAS sur le lait maternel, ces implications nécessitent une étude plus approfondie avant qu’une nouvelle recommandation puisse être émise.
Crédit photo : Stefan Malmesjö via flickr.com