Le partenaire à domicile

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THE BASICS

Points clés

  • La charge cognitive décrit les ressources mentales nécessaires à l’accomplissement d’une tâche.
  • Les partenaires qui s’occupent des tâches ménagères ont une charge cognitive plus lourde.
  • La recherche a montré que les femmes effectuent davantage de travail cognitif et sont plus susceptibles d’anticiper et de contrôler le travail.
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Source : Avec l’aimable autorisation de Pexels, Tima Miroshnichenko

Jeanine et Charles sont ensemble depuis trois ans. Charles travaille pour un cabinet d’avocats en ville et passe de longues journées au bureau. Jeanine a son propre cabinet de conseil et, bien qu’elle soit très occupée à travailler avec d’autres entreprises, elle travaille souvent à domicile. Jeanine et Charles ont récemment connu des frictions dans leur relation en raison de leurs environnements de travail différents et des problèmes qui en découlent. Jeanine a déclaré qu’elle se sentait stressée par le fait de devoir concilier la gestion du foyer et le travail et qu’elle en voulait à Charles de pouvoir créer cette limite en quittant la maison (et donc toutes les responsabilités du foyer). Charles a déclaré qu’il était prêt et capable d’aider aux tâches ménagères, mais qu’il avait simplement besoin de savoir ce qu’il fallait faire. Il a également fait part de son ressentiment à l’égard de Jeanine qui, selon lui, le harcèle pour qu’il accomplisse certaines tâches. Il veut qu’elle reconnaisse tout ce qu’il fait et sa volonté d’aider, mais qu’elle se retire et qu’elle le laisse faire les choses à son rythme.

Charge cognitive

La charge cognitive décrit le nombre de ressources mentales nécessaires pour accomplir une tâche. Par exemple, la résolution d’un problème mathématique difficile peut être associée à une charge cognitive importante. Pour revenir à l’exemple du couple, la charge cognitive de Jeanine est constituée de tout le travail lié aux affaires qu’elle doit effectuer pour ses clients et celle de Charles est constituée de tout son travail lié au droit. Jeanine, qui travaille à domicile, subit une charge cognitive accrue dans la mesure où elle voit également la pile de linge qui attend dans le coin lorsqu’elle sort de son bureau pour aller se rafraîchir un café. Elle remarque également que les carreaux du dosseret de sa cuisine s’écaillent et doivent être remplacés. Elle ajoute tous ces éléments à sa liste de tâches mentales tout au long de la journée, ce qui augmente la charge cognitive qu’elle doit supporter. Jeanine veille également à ce que le réfrigérateur soit toujours bien rempli et anticipe les articles à ajouter à la liste des courses pour que Charles ait toujours un déjeuner à apporter au travail. Charles a été merveilleux en demandant ce qu’il pouvait faire pour l’aider, mais le simple fait de se souvenir de la liste croissante des choses à faire et de la répartir entre eux alourdit le travail de Jeanine.

La chercheuse Allison Daminger (2019) a mené 70 entretiens avec les membres de 35 couples et a constaté que l’anticipation des besoins, la création d’options, la prise de décisions et le suivi des progrès sont autant de composantes du travail cognitif, qui est une activité non physique liée à la gestion du ménage. Dans cette étude, elle a constaté que les femmes effectuent davantage de travail cognitif et sont plus susceptibles d’anticiper et de contrôler le travail dans son ensemble. Si l’on se réfère à l’exemple, Jeanine accomplit une plus grande partie du travail en anticipant les besoins (comme les courses) et en se tenant au courant des responsabilités ménagères et des progrès accomplis (comme la lessive et les projets de construction). Même si Charles a proposé son aide, le fait d’être au courant de ses progrès dans l’accomplissement de ces tâches s’est ajouté à la liste de Jeanine. Elle ne veut pas le harceler (comme Charles l’appelle), mais elle ne voit pas d’autre moyen de faire disparaître un élément de sa liste que de le lui rappeler constamment.

À emporter

Il est important d’avoir une discussion avec votre partenaire sur ce que vous mettez dans votre assiette. Charles ne se rend peut-être pas compte de tous les articles ménagers que Jeanine gère et ne réalise donc pas à quel point sa charge est lourde. Par ailleurs, le fait de dire à Charles qu’en travaillant à la maison, elle ne peut pas éviter de remarquer toutes ces choses, peut l’aider à avoir une meilleure perspective. Charles peut vouloir partager le calendrier dans lequel il prévoit de faire les choses, afin que Jeanine se sente plus à l’aise en sachant que même s’il n’a pas encore fait quelque chose, cela ne signifie pas qu’il ne le fera pas. Enfin, Jeanine et Charles devraient mettre au point un système permettant à Charles de créer sa propre liste de choses à faire, sur laquelle il cochera les éléments, de sorte qu’une fois qu’une tâche est déléguée, Jeanine puisse l’effacer complètement de sa liste. En ayant sa propre liste, Charles peut superviser certaines responsabilités et en contrôler l’accomplissement du début à la fin (par exemple, être au courant des produits d’épicerie dont il a besoin pour le déjeuner).

En communiquant plus clairement sur leurs expériences et sur ce qui doit être fait, ils peuvent mettre au point un meilleur système de partage de la charge cognitive liée au foyer.

Références

Daminger, A. (2019). La dimension cognitive du travail domestique. American Sociological Review, 84(4), 609-633.