Le lien troublant entre la dépression et la démence

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

THE BASICS

Points clés

  • La dépression est contagieuse et peut être mortelle. Son impact persiste longtemps après la disparition des symptômes apparents.
  • La dépression à tout âge augmente le risque de démence à un âge avancé.
  • L’augmentation actuelle des diagnostics de dépression a donc des implications pour la planification des soins gériatriques futurs.
pikselstock/Shutterstock
Source : pikselstock/Shutterstock

Qui n’a jamais été déprimé ? Pour beaucoup d’entre nous, la dépression n’est qu’un nuage passager. Cette dépression se limite à elle-même et réagit très bien au réconfort d’un ami sympathique ou d’une musique mélancolique, à la distraction ou à la crème glacée. Cette « dépression », que l’on appelait autrefois « avoir le cafard », fait partie de la palette de couleurs de la vie émotionnelle.

La dépression grave est une toute autre affaire. Il s’agit d’un trouble invalidant qui bloque le soleil et vole l’espoir. La dépression grave a des répercussions sur la famille et les amis ; elle est contagieuse et, trop souvent, peut même être mortelle.

Les psychologues et autres personnes travaillant avec les personnes âgées ont depuis longtemps observé le lien entre la dépression tardive et la démence. La dépression apparaît souvent comme le premier signe de démence. Une vaste étude récente menée au Danemark a révélé qu’une dépression grave, diagnostiquée même au début ou au milieu de la vie, est associée à un risque accru de démence des années plus tard. Le risque de démence était plus que doublé pour les hommes et les femmes chez qui une dépression avait été diagnostiquée. L’association persistante entre la démence et la dépression diagnostiquée au début ou au milieu de la vie suggère que la dépression peut augmenter le risque de démence.

Holly Elser et ses collaborateurs ont examiné une étude de cohorte nationale de citoyens danois et ont apparié, en fonction de l’âge et du sexe, les personnes ayant reçu un diagnostic de dépression et celles n’ayant pas reçu de diagnostic de dépression. Ils ont suivi cet échantillon de plus de 200 000 personnes de 1977 à 2018. Le risque de développer une démence chez les personnes ayant reçu un diagnostic de dépression était 2,41 fois supérieur à celui de la cohorte de comparaison, quel que soit le nombre d’années écoulées depuis le diagnostic initial.

Il s’agit d’une étude très importante qui soulève une myriade de questions de suivi pour les chercheurs, tant pour la compréhension des aspects biologiques et neurologiques de la dépression que pour son traitement. L’étude a des ramifications importantes en matière de santé publique. Compte tenu de l’augmentation des diagnostics de dépression chez des patients de plus en plus jeunes et de l’allongement de l’espérance de vie, ces résultats constituent un appel urgent à la recherche et à la politique de santé.

ImageFacebook: Maridav/Shutterstock

Image LinkedIn : imtmphoto/Shutterstock

Références

Elser H, Horváth-Puhó E, Gradus JL, et al. Association of Early-, Middle-, and Late-Life Depression With Incident Dementia in a Danish Cohort. JAMA Neurol. Publié en ligne le 24 juillet 2023. doi:10.1001/jamaneurol.2023.2309