Points clés
- Les problèmes de sommeil peuvent aggraver les symptômes du TDAH et vice versa.
- Le manque de sommeil peut altérer les fonctions cognitives, telles que l’attention, la mémoire, l’apprentissage et la prise de décision.
- Les problèmes de sommeil dans la petite enfance peuvent être un facteur de risque de développer un TDAH plus tard dans l’enfance.
Votre enfant a-t-il du mal à rester concentré et attentif ? A-t-il également du mal à faire ses nuits?
Le sommeil est vital pour la vie quotidienne et crucial pour la santé et le bien-être. Malheureusement, de nombreux enfants souffrent de problèmes de sommeil, tels que l’insomnie. Mais le sommeil est encore plus vital pour les enfants qui luttent contre le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Le manque de sommeil peut entraîner une augmentation de l’hyperactivité, de l’impulsivité et des difficultés de concentration, ce qui rend difficile la gestion des symptômes du TDAH.
Il est donc important de comprendre la corrélation entre le TDAH et le sommeil pour améliorer le bien-être. Pendant le sommeil, le cerveau consolide les souvenirs, traite les informations et régule les hormones et les émotions. Le sommeil affecte également le système immunitaire, le métabolisme et la santé cardiovasculaire. Le manque de sommeil peut altérer les fonctions cognitives, telles que l’attention, la mémoire, l’apprentissage et la prise de décision. Il peut également augmenter le risque de divers problèmes de santé physique et mentale, tels que l’obésité, le diabète, les maladies cardiaques, la dépression et l’anxiété.
Examinons de plus près le lien entre le sommeil et le TDAH et explorons les troubles du sommeil courants qui affectent les personnes atteintes de TDAH, tels que l’insomnie, le syndrome des jambes sans repos et l’apnée du sommeil, ainsi que la façon dont ils peuvent contribuer à aggraver les symptômes du TDAH.
Lien entre le sommeil et le TDAH
Le TDAH est un trouble mental qui se traduit par de l’hyperactivité, de l’impulsivité et des difficultés à se concentrer. Selon les scientifiques, un mélange de facteurs génétiques et environnementaux, y compris les polluants, les niveaux de neurotransmetteurs et la forme du cerveau, contribue au TDAH. Les personnes atteintes de TDAH peuvent avoir des difficultés à réguler leurs émotions et leurs comportements, ce qui affecte leur fonctionnement quotidien et leurs relations.
La recherche suggère un lien bidirectionnel entre le sommeil et le TDAH. Cela signifie que les problèmes de sommeil peuvent aggraver les symptômes du TDAH et vice versa. Voici quelques explications possibles de ce lien :
- Les problèmes de sommeil liés au TDAH peuvent être un effet secondaire de l’altération des circuits d’éveil, de vigilance et de régulation dans le cerveau.
- Les problèmes de sommeil liés au TDAH peuvent être dus à un retard du rythme circadien et à une production tardive de mélatonine. La mélatonine est une hormone qui régule le cycle veille-sommeil et qui est augmentée par l’obscurité, comme lorsque le soleil se couche.
- Les symptômes du TDAH peuvent rendre difficile le fait de se calmer suffisamment pour s’endormir ou rester endormi. Par exemple, les personnes atteintes de TDAH peuvent avoir des difficultés à se détendre, à ignorer les distractions ou à suivre une routine au moment du coucher.
- De nombreux médicaments contre le TDAH sont des stimulants qui peuvent nuire à la qualité ou à la quantité du sommeil s’ils sont pris trop tard dans la journée.
- Un manque de sommeil peut aggraver certains symptômes du TDAH ou les imiter. Par exemple, lorsque les enfants ne dorment pas assez, ils peuvent devenir plus hyperactifs. Les adultes qui ne dorment pas assez peuvent se sentir plus fatigués et manquer d’énergie.
Troubles du sommeil courants chez les personnes atteintes de TDAH
Les troubles du sommeil sont des conditions qui affectent la qualité ou la quantité du sommeil. Ils peuvent avoir des causes et des symptômes variés. Les troubles du sommeil les plus courants chez les personnes atteintes de TDAH sont les suivants :
- L’insomnie. Il s’agit de l’incapacité à s’endormir ou à rester endormi aussi longtemps que souhaité. L’insomnie peut être aiguë (à court terme) ou chronique (à long terme). Divers facteurs peuvent en être la cause, tels que le stress, l’anxiété, la dépression, les effets secondaires des médicaments, les affections médicales ou une mauvaise hygiène du sommeil. L’insomnie peut entraîner une fatigue diurne, une irritabilité, des sautes d’humeur, des difficultés de concentration et une baisse des performances.
- L’apnée du sommeil. Ce trouble provoque des pauses respiratoires ou une respiration superficielle pendant le sommeil. Ces pauses peuvent durer de quelques secondes à quelques minutes et se produisent plusieurs fois par heure. L’apnée du sommeil peut être obstructive (due à un blocage des voies respiratoires), centrale (due à un problème dans le cerveau) ou mixte (une combinaison des deux). L’apnée du sommeil peut entraîner des ronflements bruyants, une respiration haletante, des bruits d’étouffement, des maux de tête, une sécheresse de la bouche et des maux de gorge, et peut causer des problèmes de santé si elle n’est pas traitée.
Les problèmes de sommeil peuvent précéder le TDAH
Les problèmes de sommeil peuvent apparaître avant le diagnostic de TDAH. Une étude publiée dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry a examiné la relation entre les problèmes de sommeil dans la petite enfance et le diagnostic de TDAH plus tard dans l’enfance. Les chercheurs ont analysé les données d’une vaste cohorte d’enfants, qu’ils ont suivis de la naissance à l’âge de 10 ans.
Ils ont évalué les problèmes de sommeil à 18 mois et à 5 ans en utilisant les rapports des parents et l’actigraphie (un appareil qui mesure les mouvements et les habitudes de sommeil). Ils ont également examiné les symptômes et le diagnostic du TDAH à l’âge de sept et dix ans en utilisant les rapports des parents et des enseignants ainsi que des tests standardisés.
Les résultats ont montré que les problèmes de sommeil dans la petite enfance étaient associés à un risque accru de diagnostic de TDAH plus tard dans l’enfance. Plus précisément, les enfants qui avaient des habitudes de sommeil irrégulières, une durée de sommeil nocturne courte et des réveils nocturnes fréquents à 18 mois et à 5 ans étaient plus susceptibles de présenter des symptômes et un diagnostic de TDAH à l’âge de 7 et 10 ans. Ces associations sont restées significatives après prise en compte d’autres facteurs, tels que le sexe, le statut socio-économique, la santé mentale de la mère et l’exposition prénatale à la nicotine.
Les chercheurs ont conclu que les problèmes de sommeil dans la petite enfance peuvent être un facteur de risque de développer un TDAH plus tard dans l’enfance. L’étude suggère que l’identification et l’intervention précoces pour les problèmes de sommeil peuvent aider à prévenir ou à réduire les conséquences négatives du TDAH sur le développement et le bien-être des enfants.
Conseils pour mieux dormir avec le TDAH
Voici quelques conseils pour améliorer la qualité du sommeil chez les personnes atteintes de TDAH :
- Créez une routine de coucher et de réveil pour votre enfant. Faites-le se coucher à une heure fixe tous les soirs et veillez à ce qu’il soit sorti du lit ou réveillé à une heure fixe tous les matins. Cela permet de réguler le rythme circadien de votre enfant et de favoriser un sommeil régulier.
- Veillez à ce que votre enfant fasse suffisamment d’exercice. L’activité physique peut contribuer à réduire le stress, à améliorer l’humeur et à dépenser l’énergie excédentaire qui peut empêcher votre enfant de dormir. Maintenant que l’école est finie pour l’été, prévoyez pour votre enfant au moins 30 minutes d’exercice modéré par jour, de préférence le matin ou le soir.
- Laissez les activités hyperconcentrées pour la journée. Évitez que votre enfant s’adonne à des tâches qui nécessitent une concentration ou une stimulation intense avant de se coucher, comme le bricolage ou les jeux vidéo. Ces activités peuvent maintenir l’esprit de votre enfant en éveil et l’empêcher de s’endormir.
- Évitez de donner à votre enfant des jus de fruits ou des repas copieux à l’approche de l’heure du coucher. Ces aliments peuvent nuire à la qualité ou à la quantité du sommeil de votre enfant en stimulant son système nerveux, en perturbant ses cycles de sommeil ou en provoquant une indigestion. Essayez d’éviter que votre enfant les consomme dans les quatre heures précédant l’heure du coucher.
- Consultez le pédiatre de votre enfant au sujet de l’horaire et du dosage des médicaments. Certains médicaments contre le TDAH sont des stimulants qui peuvent affecter le sommeil de votre enfant s’ils sont pris trop tard dans la journée. Demandez au pédiatre ou au psychiatre de votre enfant de vous indiquer le meilleur moment et la meilleure dose pour que votre enfant prenne ses médicaments sans compromettre son sommeil.
- Si votre enfant a toujours du mal à dormir, envisagez de le faire suivre par un thérapeute qui pourra lui enseigner des stratégies cognitivo-comportementales efficaces pour améliorer son sommeil.
Pour trouver un thérapeute, consultez le Psychology Today Therapy Directory.
Références
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