La sagesse collective de la foule doit inclure l’ordinateur

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L’homme contre la machine.

C’est la bataille typique qui alimente les philosophes et les cinéastes. Mais en réalité, cette bataille pourrait être mieux définie par la sagesse de John Nash et la théorie des jeux coopératifs plutôt que par la perspective dystopique de la violence physique et cognitive dans laquelle le gagnant emporte tout. Tout au long de l’histoire, un effort collectif, du sport à la politique, a fourni la base d’une coordination optimisée de la pensée et de la tâche.

Le Centre pour l’intelligence collective du MIT ouvre la voie. Comme l’explique son site, il « étudie la manière dont les personnes et les ordinateurs peuvent être connectés afin que, collectivement, ils agissent de manière plus intelligente que toute personne, tout groupe ou tout ordinateur ne l’a jamais fait auparavant ». Si le concept n’est pas nouveau, il s’agit d’une vision audacieuse qui gagne du terrain dans de nombreux domaines.

La médecine en est un exemple. La technologie commence à fournir une augmentation directe des compétences humaines afin d’établir un partenariat unique entre la technologie et le clinicien. Ce n’est plus l’un contre l’autre, mais un partenariat unique qui « collectivement, agit plus intelligemment ». Nous observons deux domaines intéressants dans lesquels la technologie établit une capacité « surhumaine » : la microchirurgie et l’IA. Cela crée une nouvelle  » intelligence collective » clinique où le clinicien et la machine créent une puissante synergie.

Dans le domaine de l’imagerie clinique et de la radiologie, il a été démontré que l’utilisation de l’intelligence artificielle améliore les performances des radiologues dans la détection de diverses pathologies, en particulier le cancer. Dans une étude récente publiée dans The Lancet, une amélioration significative a été observée dans l’analyse autonome de l’IA et dans l’analyse connective avec l’IA et le radiologue. Les auteurs ont conclu :

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  • Sur les 160 cancers, 142 (89 %) ont été détectés par l’IA avec un score d’anomalie d’au moins 0-1 et 122 (76 %) ont été détectés par plus de la moitié du groupe de lecteurs.
  • L’IA était significativement plus performante que les lecteurs pour détecter les cancers présentant des caractéristiques mammographiques de masse ou de distorsion.
  • L’IA a détecté 73 (91 %) des 80 cancers T1 et 104 (87 %) des 119 cancers sans envahissement ganglionnaire avec un score d’anomalie d’au moins 0,1, tandis que 59 (74 %) cancers T1 et 88 (74 %) cancers sans envahissement ganglionnaire ont été détectés par plus de la moitié des lecteurs.

La chirurgie est un autre domaine dans lequel l’IA et la robotique peuvent surmonter les limites humaines dans les procédures complexes. Publiée dans Nature, la première « supermicrochirurgie » robotique a repoussé les limites des compétences humaines en utilisant le « collectif chirurgical » du chirurgien et de la machine. L’étude était une analyse prospective et randomisée comparant l’anastomose lymphatico-veineuse assistée par robot et l’anastomose manuelle dans le cas d’un lymphœdème lié au cancer du sein chez 20 patientes. Dans cette étude pilote, les deux groupes ont obtenu des résultats similaires. Bien que le bras robotisé ait nécessité plus de temps pour la procédure (115 contre 81 minutes), les auteurs ont conclu qu’une courbe d’apprentissage abrupte était responsable de cette différence et qu’elle devrait s’atténuer avec l’expérience.

Les hommes et les ordinateurs travaillent ensemble. Aujourd’hui, nous assistons à l’émergence d’une véritable synergie dont les résultats sont supérieurs à ceux obtenus par l’un ou l’autre de ces acteurs. Les compétences techniques, les capacités cognitives, la fatigue, les préjugés sociaux et bien d’autres facteurs peuvent être pris en compte et optimisés pour améliorer les expériences et les résultats. La bataille entre l’homme et la machine est peut-être en train de prendre fin, alors que l’engagement coopératif apporte des solutions transformatrices à un large éventail de problèmes et d’opportunités. Les connexions sont puissantes et pourtant énigmatiques. Elles créent une réalité dans laquelle l’homme et la machine sont inexorablement liés pour le bien de l’humanité.