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De nombreuses questions auxquelles nous sommes confrontés dans la pratique de la création et de la représentation artistiques sont liées à notre vision du monde. En psychologie dynamique, nous discutons de la structure de la Weltanschauung (vision du monde) d’un individu, qui donne un sens à toute expérience. L’idée est que l’examen systématique de notre Weltanschauung nous permet de mieux comprendre comment nous nous percevons nous-mêmes et comment nous percevons le monde dans lequel nous vivons.
La psychologie existentielle et la psychologie bouddhiste partagent toutes deux la notion de désidentification avec le sentiment de soi habituellement conditionné qui se manifeste dans notre Weltanschauung. Grâce au processus de désidentification, les existentialistes parviennent à l’authenticité, tandis que la théorie bouddhiste permet de comprendre que le moi est une fiction que nous utilisons pour naviguer dans notre monde et interagir avec les autres. Grâce au processus de désidentification, nous pouvons prendre conscience des croyances que nous avons sur nous-mêmes et de la manière dont elles peuvent affecter notre pratique de la créativité et de la performance.
James Bugental décrit un exercice de désidentification que nous, artistes, pouvons utiliser pour mieux comprendre notre auto-structure conditionnée par la société et pour mieux comprendre comment notre auto-structure peut être à la base de l’anxiété de performance, du blocage créatif, du complexe de l’imposteur et de bien d’autres problèmes auxquels les artistes sont confrontés. C’est aussi ce qui peut constituer de « l’or créatif ». Nous pouvons utiliser l’exercice pour creuser les sédiments du moi et pour créer et jouer à partir d’un endroit plus authentique.
L’exercice de désidentification
Commencez par vous asseoir dans un endroit calme et écrivez sur huit fiches les réponses à la question « Qui suis-je ? » Ensuite, classez les cartes dans l’ordre de la réponse la moins importante à la réponse la plus importante à la question. Enfin, parcourez chaque carte et réfléchissez à ce que cela vous ferait de renoncer à cette caractéristique de vous-même.
En règle générale, il faut consacrer environ cinq minutes à la méditation sur chacune des huit cartes. Le psychologue existentiel Irvin Yalom recommande qu’il est souvent utile de conclure l’exercice en réintégrant le sens de soi en s’imaginant avec chacun des huit attributs. L’objectif n’est pas nécessairement de se débarrasser de notre structure de caractère, mais plutôt de devenir plus conscient du choix que nous avons de la maintenir. L’exercice nous permet de prendre conscience de nos choix, de ce que nous devons garder et de ce dont nous devons nous débarrasser.
Cet exercice de désidentification est faussement simple. Il entraîne souvent des réactions émotionnelles très fortes, ainsi que la prise en compte d’attributs centraux auxquels nous nous accrochons pour définir qui nous sommes. Il est également essentiel pour la façon dont nous souhaitons que les autres nous perçoivent. Les risques que nous imaginons en renonçant à chaque qualité peuvent nous perturber, alors que nous parvenons à un lieu libre de toute performance de l’ego, un lieu d’être authentique. Nous pouvons nous sentir vulnérables, dépouillés de notre armure protectrice, des qualités de notre identité auxquelles nous nous accrochons souvent pour défendre notre ego et préserver notre sentiment d’identité. Ce n’est pas un exercice à prendre à la légère, et l’expérience de l’être authentique nous laisse souvent un sentiment de vide ou d’angoisse, ce que Sartre appelait la nausée.
Les exercices de désidentification tels que celui-ci nous permettent d’entrer en contact avec nos façons d’être habituelles et conditionnées par la société et nous donnent l’occasion d’expérimenter l’abandon de chaque caractéristique. Ils nous donnent l’occasion d’évaluer non seulement l’utilité de chaque qualité, mais aussi la conscience que nous choisissons de conserver ou d’abandonner chacune d’entre elles. En faisant ce choix volontaire, nous perdons et gagnons toujours quelque chose. L’examen attentif de ce compromis est un élément essentiel de la création à partir d’un lieu authentique.