Les réseaux sociaux ont fondamentalement changé la façon dont nous interagissons les uns avec les autres. Par exemple, les chercheurs ont constaté à maintesreprises1,2 que les sites de réseautage interactifs sont utiles pour maintenir des relations avec nos amis proches et notre famille, ainsi qu’avec nos connaissances. Mais ces sites ont également modifié la façon dont nous mettons fin à nos relations. Le meilleur exemple en est la possibilité de se désolidariser d’une personne sur Facebook. En cliquant sur un bouton, vous pouvez mettre fin à votre relation sur Facebook avec toute personne avec laquelle vous avez été ami. Toutefois, lorsqu’un ami décide de vous couper les vivres, vous ne recevez aucune notification vous informant que vous n’êtes plus ami avec lui. En fait, vous ne remarquerez probablement le changement de statut d’amitié que lorsque votre nombre total d’amis Facebook diminuera ou si vous recherchez la personne qui vous a retiré son amitié et remarquez qu’elle n’est plus répertoriée comme l’un de vos amis.
🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 II • DJI Mini 4 Pro • MacBook Pro M4
Ainsi, en gardant à l’esprit la nature unique de l’exclusion de Facebook, deux de mes étudiants et moi-même avons cherché à déterminer comment les utilisateurs de Facebook réagissent à l’exclusion de leur ami.3 Nous avons considéré l’exclusion de Facebook comme une forme de rupture de relation qui entraînerait chez la personne exclue une émotion négative générale et une rumination (c.-à-d. des pensées indésirables et intrusives concernant l’exclusion). Nous avons également prédit que les personnes dont l’amitié a été rompue éprouveraient différents niveaux de ces émotions et pensées négatives en fonction de leur utilisation de Facebook (c’est-à-dire de l’intensité de leur utilisation) et des aspects de la relation dont l’amitié a été rompue (c’est-à-dire de la proximité des partenaires et de qui a été l’ami de qui à l’origine).
Pour tester ces prédictions, nous avons mené une enquête en ligne auprès de 547 utilisateurs adultes de Facebook qui n’avaient plus d’amis. Cette enquête a révélé ce qui suit :
- Les utilisateurs de Facebook ont réagi à la perte de leur amitié en manifestant plus d’émotions négatives et de rumination…
- …lorsqu’ils étaient des utilisateurs intensifs de Facebook (défini comme le degré d’implication active des utilisateurs dans l’interaction sur Facebook).
- …lorsqu’ils savaient exactement lesquels de leurs amis Facebook leur avaient retiré leur amitié.
- …lorsque le participant (c.-à-d. la personne qui n’a pas été mise en relation) a été à l’origine de la demande d’amitié.
- Les personnes qui ont perdu leur amitié ruminent davantage lorsque la personne qui les a quittées est un partenaire relationnel proche (par exemple, un ami ou un membre de la famille proche) et plus elles utilisent Facebook pour se connecter à leurs contacts sociaux existants.
La plupart des participants ont indiqué qu’ils avaient probablement été privés de leur amitié à la suite d’un événement survenu hors ligne (par exemple, une rupture ou un conflit). La plupart des participants ont indiqué qu’ils avaient probablement été privés de leur amitié en réaction à un événement survenu hors ligne (par exemple, une rupture ou un conflit). Il s’agit là d’un résultat inattendu qui devrait être exploré dans le cadre de recherches futures.
Il s’agit de la première étude à se pencher sur les pensées et les sentiments des personnes qui ont perdu leur amitié sur Facebook, et nous avons appris que l’expérience de la perte d’amitié peut varier en fonction d’un certain nombre de facteurs. Cependant, il reste encore beaucoup à apprendre sur les relations que nous entretenons les uns avec les autres en ligne, et notamment sur la manière dont nous cessons d’ entretenir des relations.
Vous souhaitez en savoir plus sur les relations ? Cliquez ici pour d’autres sujets sur la science des relations. Likez-nous sur Facebook pour recevoir nos articles directement dans votre fil d’actualité.
1FoonHew, K. (2011). Students’ and teachers’ use of Facebook. Computers in Human Behavior, 27, 662-676.
2Raacke, J., & Bonds-Raacke, J. (2008). MySpace et Facebook : Applying the uses and gratifications theory to exploring friend-networking sites. Cyberpsychologie et comportement, 11, 169-174.
3Bevan, J. L., Pfyl, J. et Barclay, B. (2012). Conséquences émotionnelles et cognitives négatives de l’exclusion d’un ami sur Facebook : An exploratory study. Computers in Human Behavior, 28, 1458-1464.
4Sibona, C. et Walczak, S. (2011). Unfriending on Facebook : Friend request and online/offline behavior analysis. In Proceedings of the 44th Annual Hawaii International Conference on System Sciences. Hawaii : Computer Society Press.

Dr. Jennifer Bevan – Articles surla science des relations | Site web/CV
Les recherches du Dr Bevan portent sur la communication interpersonnelle et la communication en matière de santé, y compris la négociation d’interactions difficiles telles que les conflits permanents, la jalousie, la résistance sexuelle, l’incertitude et l’évitement des sujets, ainsi que les corrélats psychologiques et physiques de ces expériences.