Points clés
- Les pensées intrusives peuvent être accablantes.
- Comprendre de quoi il s’agit peut les rendre moins effrayants.
- Découvrez un moyen efficace et agréable de se débarrasser des pensées intrusives.

Êtes-vous aux prises avec des pensées intrusives qui surgissent de nulle part et qui perturbent votre tranquillité d’esprit ?
Ces pensées peuvent être troublantes, allant d’images dérangeantes à des idées irrationnelles, vous laissant vous interroger sur leur origine et leur impact sur votre bien-être mental. Vous pouvez préparer le dîner ou vous asseoir au bureau quand soudain votre esprit évoque une image effrayante ou une idée saugrenue qui vous laisse songeur sur ce qui vient de se passer.
Il peut s’agir de faire du mal à un être cher, de s’interroger sur sa sexualité ou de s’inquiéter de ce qu’il adviendra de ses enfants à sa mort.
Parfois, vous pouvez considérer ces pensées comme des erreurs de fonctionnement de votre cerveau. Mais d’autres fois, vous pouvez être bombardé par un tel flot d’idées similaires que vous commencez à vous demander si vous n’êtes pas en train de perdre la tête.
Voici quelques étapes qui vous aideront à vous sentir moins effrayé et plus autonome lorsque vous faites face à des pensées intrusives.
Étape 1 : Comprendre la nature des pensées intrusives
Les pensées intrusives sont courantes et n’indiquent pas que quelque chose ne va pas chez vous. Les recherches suggèrent qu’environ 90 % des individus ont régulièrement des pensées indésirables.
Les pensées intrusives ne sont pas des révélateurs de vérité ou des reflets de votre caractère. Elles peuvent être des expressions aléatoires et absurdes de l’esprit, semblables à des secousses corporelles involontaires qui se produisent pour relâcher la tension.
En d’autres termes, les pensées intrusives sont souvent dépourvues de sens ou d’objectif profond et ne doivent pas être prises au pied de la lettre. Certaines des pensées les plus dérangeantes peuvent vous amener à vous demander si vous pourriez vraiment faire du mal à quelqu’un ou vous faire du mal à vous-même. Pourtant, la vérité est que sans votre consentement conscient, les pensées n’ont pas le pouvoir de vous forcer à agir.
L’une des façons de percevoir les pensées intrusives est qu’elles surgissent souvent spontanément du subconscient, qui communique également par le biais des rêves. Et tout comme les rêves, les pensées intrusives peuvent constituer une forme de libération mentale et émotionnelle ou un moyen pour votre subconscient d’aborder des problèmes sans intervention consciente (Rachman, 2013).
Comprendre cet aspect de la communication subconsciente peut vous aider à interpréter les pensées intrusives dans un contexte plus large.
Étape 2 : Lâcher prise
Vous en avez peut-être déjà fait l’expérience : plus vous vous disputez avec des pensées intrusives ou les combattez, plus elles risquent de s’emparer de votre esprit (Purdon & Clark, 2001). Il est également difficile d’ignorer ces idées qui surgissent au hasard, surtout si vous les craignez, comme si vous essayiez d’éliminer un lion qui s’est introduit dans votre maison en faisant comme s’il n’existait pas.
Il s’agit plutôt de reconnaître qu’une pensée n’est qu’une pensée, qu’elle n’est pas la vérité ou une prémonition. C’est simplement votre esprit qui libère de l’énergie mentale. En acceptant son existence et en choisissant de passer à autre chose, vous pouvez vous défaire de l’attachement à la pensée.
Ce changement d’état d’esprit nécessite du temps et des efforts, car la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à se réorganiser, prend du temps. C’est un peu comme changer manuellement les vitesses d’une voiture.
Pour renforcer cette nouvelle perspective, faites suivre la reconnaissance et l’acceptation des pensées par des expériences agréables. Participez à des activités qui libèrent de la dopamine, comme jouer de la musique, aider les autres, faire de l’exercice, caresser un chien ou faire une promenade.
En associant la libération des pensées intrusives à des expériences agréables plutôt qu’à l’anxiété, vous modifiez la façon dont vous les percevez et y répondez. N’oubliez pas que ce processus demande du temps et de la patience.
Cependant, toutes les pensées intrusives ne doivent pas être rejetées d’emblée. Certaines d’entre elles peuvent être porteuses de messages précieux provenant de votre subconscient. Comment faire la différence entre les idées parasites et les idées qui contiennent des informations utiles ?
Étape 3 : Observer calmement, puis interpréter et réagir
Si certaines pensées persistent, au lieu d’essayer de les oublier, envisagez de les noter, comme vous le feriez pour vos rêves. Considérez ces pensées comme émanant de votre subconscient et comprenez qu’elles peuvent être métaphoriques plutôt que littérales.
Réfléchissez ensuite attentivement à leurs thèmes, émotions ou préoccupations sous-jacentes, ce qui peut vous aider à identifier des problèmes potentiellement non résolus. Supposons, par exemple, que vous pensiez souvent à faire du mal à votre famille. Dans ce cas, vous pourriez découvrir de la colère et de l’impuissance et, après une réflexion plus approfondie, reconnaître que vous êtes frustré d’être constamment au service des autres sans qu’eux et vous-même ne considériez vos propres besoins.
Cette prise de conscience peut vous amener à travailler sur vos limites, à prendre soin de vous et à communiquer avec vos proches.
De même, si vous pensez à vous faire du mal, essayez d’identifier les traumatismes passés ou les émotions non résolues qui peuvent être liés à ces pensées. Une cliente a réalisé que ses pensées autodestructrices étaient liées au suicide d’un ami du lycée.
Elle a découvert une colère persistante à l’égard de cet ami et d’eux-mêmes pour n’avoir pas montré et reconnu plus tôt les signes de détresse. Un autre client a remarqué que ses pensées récurrentes de sauter d’un pont n’étaient pas motivées par des idées suicidaires mais par le désir d’échapper au stress et à la pression constants qu’il s’imposait.
En reconnaissant et en explorant avec curiosité les pensées intrusives, vous pouvez clarifier les problèmes plus profonds et les éventuels traumatismes qui doivent être traités. Toutefois, demandez le soutien d’un professionnel de la santé mentale lorsque vous sentez que vos pensées intrusives deviennent trop accablantes et trop épuisantes sur le plan émotionnel.
Il existe d’excellentes méthodes, telles que la thérapie cognitivo-comportementale, l’EMDR, la méditation de pleine conscience et l’hypnothérapie, qui peuvent vous aider à mieux gérer les pensées intrusives.
Les pensées intrusives peuvent être pénibles, mais la compréhension de leur nature et la mise en œuvre de stratégies d’adaptation efficaces peuvent vous aider à reprendre le contrôle de votre esprit et à réduire leur impact sur votre vie quotidienne.
Références
Belloch, A., Morillo, C., Lucero, M., Cabedo, E. et Carrio, C. (2004). Intrusive thoughts in non-clinical subjects : the role of frequency and unpleasantness on appraisal rating and control strategies. Clinical Psychology and Psychotherapy, 11, 100-110.
Abramowitz JS, Taylor S, McKay D. Obsessive-compulsive disorder. Lancet. 2009 Aug 8;374(9688):491-9. doi : 10.1016/S0140-6736(09)60240-3
Purdon C, Clark DA. Suppression of obsession-like thoughts in nonclinical individuals : impact on thought frequency, appraisal and mood state. Behav Res Ther. 2001 Oct;39(10):1163-81. doi : 10.1016/s0005-7967(00)00092-9
Rachman S. Cleaning damned spots from the obsessive mind. Nature. 2013 Nov 7;503(7474):7. doi : 10.1038/503007a
Clark, D. A., et Rhyno, S. (2005). Unwanted Intrusive Thoughts in Nonclinical Individuals : Implications for Clinical Disorders. In D. A. Clark (Ed.), Intrusive thoughts in clinical disorders : Theory, research, and treatment (pp. 1-29). The Guilford Press.

