Comment avoir de meilleures disputes avec votre partenaire

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THE BASICS

Points clés

  • Les préjugés mentaux peuvent amener les gens à se considérer comme ayant raison dans chaque conflit.
  • L’esprit a tendance à créer des explications différentes pour vos propres fautes et celles de votre partenaire.
  • Il est plus productif de chercher un terrain d’entente que d’essayer de convaincre votre partenaire que vous avez raison.
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Source : Yuliia/Adobe Stock Yuliia/Adobe Stock

Pensez à la dernière fois que vous et votre partenaire n’étiez pas d’accord sur un sujet. Qui a pris parti ?

Cette question semble probablement stupide – bien sûr, vous avez pris votre propre parti. Mais la réponse est moins triviale si l’on considère toutes les disputes que vous avez eues avec chacun de vos partenaires, présents et passés.

Lorsque votre opinion différait de celle de votre partenaire, votre point de vue vous semblait juste à 100 %, du moins sur le moment. Il se peut que vous ayez fini par vous rallier à la façon de penser de votre partenaire dans certains cas ou que vous vous soyez rendu compte que vous n’étiez pas tout à fait juste. Mais pendant la dispute, vous aviez l’impression d’avoir raison et lui tort.

Il n’est pas surprenant que vous soyez prédisposé à croire que vous avez raison. Votre cerveau a évolué pour vous protéger, physiquement et psychologiquement. Lorsque vous pensez que votre bien-être est menacé d’une manière ou d’une autre, votre esprit fait rapidement le tour de ce qu’il perçoit comme étant votre meilleur intérêt. Ce réflexe est soutenu par des préjugés qui faussent votre perception en votre faveur.

Mon parti pris

Ce biais garantit que vous verrez votre propre position plus favorablement que celle de votre partenaire. Le biais de mon côté conduit les gens à « évaluer les preuves, à générer des preuves et à tester des hypothèses d’une manière biaisée par rapport à leurs propres croyances, opinions et attitudes antérieures »(Stanovich et al., 2013). Tout comme il est difficile d’accepter des informations qui vont à l’encontre de votre parti politique favori, il est difficile d’envisager des idées qui ne soutiennent pas votre point de vue personnel. Se ranger du côté de « l’équipe moi » est une tendance puissante, qui n’est pas moins probable indépendamment de l’intelligence.

Le préjugé de mon côté explique pourquoi vous pouvez vous considérer comme le « gentil », quel que soit le côté de l’argument que vous défendez. Imaginez par exemple que votre partenaire se montre irritable à votre égard sans raison apparente, ce qui vous amène à lui reprocher de vous traiter injustement.

Mais lorsque vous êtes irrité par votre partenaire de la même manière, il est facile d’expliquer votre irritation en rejetant la faute sur votre partenaire. Vous pensez peut-être qu’il n’aurait pas dû vous poser une question alors que vous essayiez de vous concentrer ou qu’il aurait dû vous parler avant que vous n’ayez pris votre café du matin.

L’erreur d’attribution fondamentale

Le biais de mon côté est renforcé par un schéma mental connu sous le nom d’erreur fondamentale d’attribution. Ce biais cognitif nous pousse à mettre l’accent sur les facteurs internes pour expliquer les lacunes des autres, et sur les facteurs externes pour expliquer les nôtres.

Par exemple, si votre partenaire a un accrochage, vous pouvez l’accuser d’avoir été négligent. En revanche, si vous avez un accident similaire dans des circonstances semblables, vous vous concentrerez peut-être sur la mauvaise visibilité ou sur la mauvaise conduite des autres. Ces différentes explications vous amènent à considérer les erreurs des autres comme personnelles et condamnables, et les vôtres comme conjoncturelles et non fautives.

Mieux argumenter

Reconnaître ces tendances ne mettra pas fin aux disputes avec votre partenaire. Cependant, la recherche montre que vous pouvez réduire le biais de mon côté pendant les disputes en visant le consensus plutôt que la persuasion (Felton et al., 2015).

Le consensus est un objectif qui en vaut la peine, car les solutions viables devront tenir compte des intérêts et des points de vue de votre partenaire et de vous-même – ce que Felton et ses collègues appellent « argumenter pour être d’accord ». Après tout, on ne peut pas « gagner » une relation en ayant plus souvent raison. On gagne lorsque l’on trouve plus d’harmonie.

En étant plus conscient du fonctionnement de l’esprit, vous pouvez être moins attaché à votre position d’autoprotection par défaut lorsque vous vous disputez. Vous aurez toujours tendance à vous considérer comme ayant raison et votre partenaire comme ayant tort. Mais vous découvrirez peut-être qu’il n’est pas très intéressant de s’accrocher avec autant de ténacité à votre propre point de vue.

L’ESSENTIEL

Voyez ce que c’est que d’envisager la possibilité que vous et votre partenaire déteniez chacun une partie de la vérité. Plutôt que d’essayer de faire comprendre à votre partenaire que vous avez raison, cherchez à l’écouter et à comprendre son point de vue.

Références

Felton, M., Crowell, A. et Liu, T. (2015). Argumenter pour être d’accord : Mitigating my-side bias through consensus-seeking dialogue. Written Communication, 32, 317-331.

Stanovich, K. E., West, R. F. et Toplak, M. E. (2013). Myside bias, rational thinking, and intelligence. Current Directions in Psychological Science, 22, 259-264.