Comment améliorer la civilité : Le rôle important du biais de correspondance

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Points clés

  • Les comportements des individus peuvent avoir de nombreuses causes. Certaines se trouvent à l’intérieur de la personne (son caractère) et d’autres à l’extérieur (facteurs situationnels).
  • Le biais de correspondance est notre tendance à attribuer les mauvais comportements des personnes à leur caractère et à négliger les facteurs situationnels.
  • Si nous nous mettons au défi de réfléchir aux causes situationnelles possibles d’un comportement, nous pourrons peut-être nous traiter mutuellement de manière plus civilisée.
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Source : fauxels/pexels

Vous êtes-vous déjà comporté de manière impolie, discourtoise, inconsidérée ou ingrate avec les autres ? Pourquoi ? Il y a de fortes chances que ce ne soit pas parce que vous êtes une personne impolie et irrespectueuse. Il est probable que vous ayez fait preuve d’incivilité en raison de la situation dans laquelle vous vous trouviez ou des choses qui vous sont arrivées ce jour-là.

Peut-être étiez-vous de mauvaise humeur à cause d’une triste nouvelle ou d’un rhume de cerveau gênant. Vous étiez peut-être légitimement pressé et la voiture derrière laquelle vous vous trouviez semblait avoir tout son temps. Ou encore, vous avez lu un article passionnant sur un sujet qui vous tient particulièrement à cœur et vous vous êtes disputé avec un voisin. Il y a un million de raisons pour lesquelles nous agissons parfois de manière impolie les uns envers les autres, et beaucoup de ces raisons sont enracinées dans la situation ou le contexte.

L’incivilité dans la société

Les Américains adoptent régulièrement des comportements agressifs ou mesquins les uns envers les autres, ou en sont témoins, et presque tous pensent que c’est un problème (voir ici, ici, ici et ici pour des données sur la perception qu’ont les Américains de la « crise » de l’incivilité). La plupart des incivilités quotidiennes se produisent en ligne. L’annulation, la polarisation politique, la honte, l’empilement : Ce ne sont là que quelques exemples d’incivilité dans les comportements sociaux qui sont devenus courants, en particulier dans les médias sociaux.

Si nous savons qu’il s’agit d’un problème et que la plupart d’entre nous souhaitent que les choses changent, quelles mesures pouvons-nous prendre pour accroître la civilité ? La psychologie sociale nous fournit un indice sur la manière dont nous expliquons les comportements des autres.

Lorsque vous entendez un étranger dire quelque chose de méchant ou que vous voyez quelqu’un agir de manière impolie, comment expliquez-vous généralement son comportement ? À quoi pensez-vous en premier ? Malheureusement, nous ne pensons généralement pas aux millions de raisons situationnelles qui peuvent expliquer le comportement d’une personne. Et c’est là, dans nos attributions de la cause du comportement des autres, que chacun d’entre nous peut faire sa part pour rendre le monde un peu plus civilisé.

Le biais de correspondance

Le biais de correspondance est notre tendance à blâmer le caractère d’ une personne pour un comportement particulier qu’elle manifeste, et à ignorer le pouvoir considérable de la situation 1. Nous avons tendance à supposer que le comportement observé correspond au caractère ou à la personnalité de la personne. Par exemple, lorsque nous voyons quelqu’un conduire de manière agressive et couper la route à quelqu’un dans la circulation, nous avons tendance à penser qu’il s’agit d’une personne inconsidérée qui pense égoïstement que le code de la route ne s’applique pas à elle. En d’autres termes, nous attribuons son mauvais comportement à sa personnalité profonde.

La deuxième partie du biais de correspondance consiste à ignorer les raisons situationnelles du comportement d’autrui. Par exemple, un conducteur inconsidéré vient peut-être d’apprendre que son enfant a été transporté à l’hôpital. Dans ces circonstances, une conduite agressive est compréhensible, et nous ne condamnerions probablement pas le conducteur comme étant une mauvaise personne sur la base de ce comportement. Le biais de correspondance comprend notre tendance à ne pas envisager ces possibilités situationnelles.

Il peut également être utile de se rappeler que nous pouvons observer certains aspects de la situation (par exemple, nous attendons tous dans cette longue file d’attente), mais que nous ne pouvons pas observer d’autres aspects (par exemple, il vient de perdre son emploi aujourd’hui).

Les conséquences

Lorsque nous attribuons le mauvais comportement d’une personne à son caractère, il est plus facile de justifier une réaction agressive à son égard, que ce soit en ligne (par un commentaire hostile) ou dans la vie réelle (par un mot ou un comportement méchant). Traiter sévèrement une mauvaise personne semble particulièrement justifié si beaucoup d’autres personnes le font également.

Lorsque nous attribuons le mauvais comportement d’une personne à certains aspects de la situation, nous sommes moins enclins à réagir de manière agressive à son égard. Au lieu de condamner sa personnalité, l’expérience peut même nous amener à mieux la comprendre ou à nous rapprocher d’elle, surtout si nous avons vécu une expérience similaire. Par conséquent, nos actions seront probablement beaucoup plus civilisées.

Il est généralement plus rapide et plus facile de considérer une personne qui se comporte mal comme un abruti. Et parfois, c’en est même un ! Mais nous n’avons pas besoin de nous en rendre compte : repenser nos attributions ne consiste pas tant à identifier les véritables motivations des autres qu’à saisir l’occasion d’accroître notre propre civilité.

En résumé

Un bon point de départ pour améliorer la civilité est donc de faire attention à vos propres préjugés de correspondance. La prochaine fois que vous serez témoin d’une tranche de comportement impoli ou grossier, imaginez que cette tranche ne reflète peut-être pas entièrement le véritable caractère de la personne. Essayez plutôt de penser à d’autres facteurs que vous n’avez pas vus et qui pourraient expliquer ses actions.

La plupart d’entre nous se sont déjà comportés de manière inconsidérée à un moment ou à un autre. Vous l’avez probablement regretté et vous vous êtes peut-être même excusé quelques minutes plus tard. Mais que se passerait-il si quelqu’un sortait son téléphone et surprenait cette interaction, isolée, hors contexte, sans aucune autre information ? Comment voudriez-vous que les spectateurs de cette tranche de comportement vous jugent ?