🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 II • DJI Mini 4 Pro • MacBook Pro M4
Points clés
- Parmi le grand public, nombreux sont ceux qui continuent à réclamer le maintien de l’utilisation des avertissements déclencheurs.
- Les recherches montrent systématiquement que les avertissements déclencheurs ne sont pas utiles et peuvent être préjudiciables de diverses manières.
- Les effets néfastes comprennent une tendance à l’échec, une augmentation de l’anxiété et un renforcement des comportements d’évitement.
- Les avertissements déclencheurs risquent de nuire au développement de la résilience émotionnelle, une caractéristique essentielle de la gestion de l’anxiété.

L’utilisation des avertissements déclencheurs est controversée depuis près de dix ans maintenant, de nombreuses personnes continuant à réclamer leur utilisation, tandis que beaucoup d’autres soulignent le manque de preuves de leur efficacité, sans parler du fait qu’ils peuvent causer plus de mal que de bien.
Avertissements dans les messages sur les médias sociaux
J’ai été frappée récemment par la controverse qui a suivi la publication sur Instagram d’une psychologue et auteure, Nicole LePera, alias « la psychologue holistique », au sujet de sa décision de ne pas utiliser d’avertissements déclencheurs dans ses publications. Alors que des dizaines de milliers de ses 7 millions de followers semblaient être d’accord avec elle (en aimant son post), beaucoup d’autres n’étaient pas d’accord.
Les manifestants ont principalement invoqué les raisons habituelles qui justifient l’utilisation continue des avertissements de déclenchement et/ou des avertissements de contenu (TWs/CWs), comme leur utilité supposée pour permettre aux spectateurs d’éviter d’être exposés à des stimuli dérangeants, ou d’être mieux préparés à gérer leurs réactions à ces stimuli s’ils choisissent de les visionner malgré tout.
Le point de vue de la plupart des experts en santé mentale
De nombreux travaux de recherche indiquent que les TW ne permettent pas d’éviter les contenus éventuellement dérangeants ou de réduire le niveau d’anxiété ressenti lors du visionnage du contenu (Bellet et al., 2018 ; Jones et al., 2020 ; Bridgland et al., 2023). À la lumière de ces données, les cliniciens et les universitaires spécialisés dans la santé mentale ont toujours désapprouvé l’utilisation de ces avertissements.
Dès 2015, des auteurs de Psychology Today ont écrit des articles sur les risques liés à l’utilisation des DT.
Pas exclusivement des survivants de traumatismes
Apparemment, la communauté des utilisateurs de sites de médias sociaux liés à la santé mentale n’a pas compris le message. Voici une liste récapitulative des points soulevés par les auteurs précédents concernant les dommages potentiels de l’utilisation omniprésente des sites de médias sociaux, tant pour les survivants de traumatismes que pour le grand public qui utilise les médias sociaux.
La recherche citée a impliqué à la fois des participants ayant survécu à un traumatisme et d’autres n’ayant pas fait état d’antécédents de traumatisme, ce qui rend les résultats pertinents pour le public en général.
Conséquences néfastes du Trigger Warning
1. Les avertissements ont tendance à se retourner contre eux. Un avertissement déconseillant de regarder quelque chose peut paradoxalement inciter les gens à devenir plus curieux et intéressés par le contenu. C’est ce qu’on appelle l’effet du fruit défendu( ), qui a été mis en évidence par une méta-analyse récente. Lorsqu’on leur a donné des TW, les participants à la recherche ayant des antécédents de traumatisme n’ont montré aucune différence dans leur fréquence d’engagement ou ont montré une augmentation de leur engagement avec le contenu dérangeant (Bridgland et al., 2023).
2. L’anxiété d’anticipation augmente lorsque l’on donne des TW. Les participants à l’étude à qui l’on a donné des TW ont montré plus d’anxiété anticipée que ceux à qui l’on n’a pas montré de TW. Ils ont signalé plus de nervosité, d’inquiétude et de peur avant de regarder le contenu que ceux qui n’ont pas été avertis (Bellet et al., 2018).
3. L’attente d’un sentiment de détresse entraîne une plus grande détresse. L’effet nocebo se produit lorsque l’attente d’un préjudice ou de mauvais résultats entraîne des résultats pires que l’absence d’attente. Les participants à l’étude à qui l’on a montré des avertissements sur les déclencheurs ont vu leur anxiété anticipée augmenter, mais n’ont tiré aucun bénéfice de ces avertissements (Bridgland, 2019).
4. L’évitement du stress ou de l’anxiété renforce l’anxiété. L’objectif fondamental de l’évitement des déclencheurs est erroné, car l’évitement conduit à un nouvel évitement et, en général, à une forte anxiété permanente face à une situation. Le traitement des symptômes de l’anxiété et du syndrome de stress post-traumatique consiste à identifier et à gérer les déclencheurs à l’aide des outils fournis par la thérapie; son objectif n’est pas d’éviter les déclencheurs (Badour et al., 2012).
5. L’utilisation des TW renforce l’état d’esprit des survivants de traumatismes, qui considèrent leur traumatisme comme une partie essentielle de leur identité. Les survivants qui considèrent leur traumatisme passé comme un élément essentiel de leur identité ont tendance à présenter des symptômes plus graves que les autres. Une personne dont l’identité est fondée sur le fait d’être une victime, quelle qu’elle soit, est susceptible de se considérer comme plus vulnérable et moins maître de ses choix de vie (Robinaugh & McNally, 2011 ; Jones, Bellet, & McNally, 2020).
6. Les TW empêchent la croissance émotionnelle. C’est en affrontant et en acceptant la peur, en la laissant passer et en sachant qu’elle prendra fin, que nous acquérons de la résilience. Nous apprenons que nos sentiments d’anxiété sont tolérables et qu’ils le deviennent de plus en plus avec la pratique. En revanche, les avertissements déclencheurs peuvent involontairement saper la résilience émotionnelle (Bellet et al., 2020).
Réflexions finales
Chaque personne peut réagir différemment à un avertissement déclencheur, en fonction de sa prédisposition à l’anxiété et de ses antécédents personnels de traumatisme, qu’ils aient été diagnostiqués ou non. Chacun de ces points indique la possibilité que les avertissements de déclenchement fassent plus de mal que de bien.
Plusieurs études n’ont pas montré de différence notable entre les participants qui ont été avertis et ceux qui ne l’ont pas été. On ne peut pas affirmer avec certitude que les DT sont nocives, mais il est clair qu’elles ne sont pas utiles et qu’elles peuvent être nocives.
Il se peut que vous rencontriez de nombreuses défaites, mais vous ne devez pas vous laisser abattre. N’oubliez pas que vos difficultés ne vous définissent pas. Elles renforcent simplement votre capacité à vaincre. -Maya Angelou
Références
Bellet, B. W., Jones, P. J., & McNally, R. J. (2018). Avertissement de déclenchement : Empirical evidence ahead. Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 61, 134-141.
Bellet, B. W., Jones, P. J., Meyersburg, C. A., Brenneman, M. M., Morehead, K. E. et McNally, R. J. (2020). Trigger warnings and resilience in college students : A preregistered replication and extension. Journal of Experimental Psychology : Applied, 26(4), 717-723.
Bridgland, V., Jones, P. et Bellet, B. (août 2023). A Meta-Analysis of the Efficacy of Trigger Warnings, Content Warnings, and Content Notes (méta-analyse de l’efficacité des avertissements de déclenchement, des avertissements de contenu et des notes de contenu). Clinical Psychological Science. Consulté à l’adresse : https://doi.org/10.1177/21677026231186625.
Bridgland V. M., Green D. M., Oulton J. M., Takarangi M. K. (2019). S’attendre au pire : étudier les effets des avertissements de déclenchement sur les réactions aux photos à thème ambigu. Journal of Experimental Psychology : Applied, 25, 602-617.
Jones, P. J., Bellet, B. W. et McNally, R. J. (2020). Helping or Harming ? The Effect of Trigger Warnings on Individuals With Trauma Histories. Clinical Psychological Science, 8(5), 905-917.
Robinaugh, D. et McNally, R. (2011). Trauma centrality and PTSD symptom severity in adult survivors of childhood sexual abuse. Journal of Traumatic Stress, 24(4), 483-486.
Badour, C., Blonigan, D., Boden, M., Feldner, M. et Bonn_Miller, M. (octobre 2012). A longitudinal test of the bi-directional relations between avoidance coping and PTSD severity during and after PTSD treatment (Un test longitudinal des relations bidirectionnelles entre le coping d’évitement et la sévérité du PTSD pendant et après le traitement du PTSD). Behavior Research and Therapy, 50(10), 610-616.
Avertissements de déclenchement et santé mentale : Où sont les preuves ?| Psychology Today, Harvard Study : Psychology Today, Anxiety Management and the Paradox of Trigger Warnings | Psychology Today, Do Trigger Warnings Do More Harm Than Good ?| Psychology Today, Trigger Warnings and the Stifling of Emotional Growth | Psychology Today, Trigger Warnings and Human Sexuality Education | Psychology Today

