À l’écoute de nos ancêtres

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 Annette Barbasch
Source : Annette Barbasch

Je suis assis à mon bureau et j’écris des lettres à des inconnus en Floride pour leur expliquer pourquoi je vote. Je ne leur dis pas pour qui ils doivent voter, je les enjoins simplement à voter pour quelqu’un le 3 novembre.

Pris par le désespoir d’un verrouillage préélectoral, je me suis porté volontaire pour écrire 20 des centaines de milliers de lettres qu’une organisation appelée Vote Forward espère faire envoyer par la poste avant les élections.

Quelle sera l’utilité de ces lettres ? Les gens les ouvriront-ils ? Les liront-ils ? Et s’ils votent pour la mauvaise personne ? Est-ce le moment de surcharger les services postaux avec davantage de courrier ?

Mais je dois dire que chaque fois que j’écris une nouvelle lettre, cela me fait du bien, c’est une respiration par rapport à l’anxiété de ces derniers mois, de ces dernières années, à propos de l’état de l’Union. Grâce à cette petite tentative de connexion, j’ai réussi à faire quelque chose pour susciter un changement positif.

C’est ce que mes ancêtres auraient voulu. Ils sont toujours avec moi, au premier plan ou à l’arrière-plan, un chœur nostalgique qui chante pour des temps plus simples, des vérités sans fard, une bonne blague, une poitrine de boeuf à Rosh Hashanah, l’étreinte de la famille, un refuge. J’ai le sentiment de leur devoir ce petit effort, ce petit appel aux étrangers pour qu’ils agissent, pour qu’ils ne restent pas sans rien faire.

Mes ancêtres immédiats sont originaires d’Ukraine. Ils portaient leur judaïsme sur leurs manches, d’abord métaphoriquement, puis littéralement. C’est parce que les frontières étaient fermées qu’ils ont fini dans des camps de concentration ou cachés pendant des années derrière de faux murs dans les maisons de quelques âmes très courageuses. La poignée d’entre eux qui a survécu à la guerre s’est dispersée dans tous les pays qui voulaient bien d’elle : Amérique du Sud, Israël, Australie, France.

Mon identité est enracinée dans cette diaspora, à peine séparée dans le temps des millions de réfugiés qui se déplacent aujourd’hui. La carte de nos différentes trajectoires ressemble à une illustration des vents de la Terre.

Beaucoup sont en danger – d’expulsion, de privation de droits et de haine raciale. Bien que ma sécurité physique immédiate ne soit pas menacée, je ne peux me défaire de la parenté que je ressens avec ceux qui sont les cibles mouvantes d’aujourd’hui.

Nous avons tous des histoires de passages de frontières, volontaires ou forcés, plus ou moins enfouies dans notre histoire familiale. Ces histoires nous enseignent à quel point nous dépendons les uns des autres pour notre sécurité, notre survie et notre santé mentale. Nous devons à nos ancêtres de faire quelque chose dans le moment présent pour reconnaître et affirmer notre interdépendance. N’importe quoi. Ne rien faire.