Si les troubles fonctionnels, dont le syndrome du côlon irritable (SCI), peuvent présenter des symptômes physiologiques graves, ils ne semblent pas avoir de cause biologique. Les personnes atteintes du SCI ont tendance à présenter des schémas de pensée distincts, qui semblent contribuer au trouble. Deary, Chalder et Sharpe expliquent souvent le syndrome de l’intestin irritable par un cercle vicieux reliant les symptômes aux croyances catastrophiques et à l’anxiété accrue, ce qui renforce la perception des symptômes et ce processus cognitif. La recherche a montré que la modification des schémas de pensée chez les patients atteints du syndrome de l’intestin irritable peut également modifier les symptômes. Voici 5 caractéristiques psychologiques du syndrome de l’intestin irritable et des conseils pour les réduire.
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1. Biais attentionnel à la douleur
Martin et Chapman ont constaté que les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable s’orientent plus rapidement vers les mots douloureux que vers les mots neutres, tandis que les témoins sains s’orientent plus rapidement vers les mots neutres que vers les mots douloureux. Cela suggère que les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable trouvent la douleur plus saillante, mais on ne sait pas si cela est dû à la maladie ou si c’est un effet.
Conseil : Essayez de rechercher activement des stimuli positifs (tels que des visages souriants) et entraînez votre esprit à rendre les aspects positifs plus saillants.
2. Schéma de la maladie
Une étude sur les journaux intimes, dans laquelle des messages différents étaient donnés à des jours différents, a montré que les indices influençaient la gravité des symptômes du syndrome de l’intestin irritable (Martin & Crane ; 2003). Les indices étaient conçus pour attirer l’attention sur les symptômes du SCI, sur des aspects neutres de la maladie (par exemple, l’heure des rendez-vous chez le médecin) ou sur les activités de loisir. La gravité des symptômes des patients a augmenté de manière significative les jours où des indices de contexte IBS ont été utilisés et a diminué les jours où des indices neutres ont été utilisés.
Conseil : si le fait de changer d’objectif peut modifier les symptômes, essayez de faire des choses qui vous distraient de la maladie.
3. Vulnérabilité accrue à la maladie
Si les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable développent une sensibilité aux symptômes gastro-intestinaux, il est intéressant de noter qu’elles se sentent également plus vulnérables à d’autres maladies physiques qui n’ont rien à voir avec le syndrome de l’intestin irritable. Une étude comparant la perception du risque de thrombose veineuse profonde au cours de la vie de personnes souffrant du SII à celle de personnes souffrant d’asthme (contrôle de la maladie chronique) et de témoins sains a révélé que les personnes souffrant du SII avaient la plus grande perception du risque de maladie (Martin & Crane ; 2002).
Conseil : Essayez de penser aux causes probables et courantes d’une douleur et éliminez cette possibilité avant de tirer des conclusions hâtives sur une maladie plus grave, mais moins probable.
4. Comportements appris face à la maladie
Les comportements liés à la maladie varient considérablement d’une personne à l’autre et comprennent des choses telles que s’absenter du travail et des activités, manger des aliments spéciaux et d’autres choses uniques que les gens font lorsqu’ils sont malades. Ces comportements sont plus fréquents chez les personnes souffrant de troubles fonctionnels et la recherche a montré qu’un renforcement parental plus important de ce comportement pendant l’enfance entraîne une moindre résistance perçue à la maladie à l’âge adulte (Martin & Crane ; 2002).
Conseil : Essayez de ne pas modifier votre comportement de manière significative lorsque vous ressentez des symptômes. Comme il n’y a pas grand-chose qui puisse aider dans le cas des maladies chroniques, il est préférable de continuer à suivre sa routine habituelle si possible. (Évidemment, si les symptômes sont graves, il est important de prendre soin de soi).
5. Affections comorbides
Environ 50 % des patients atteints du syndrome de l’intestin irritable souffrent également d’un autre trouble psychiatrique, alors que les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire de l’intestin ne sont pas plus susceptibles que le reste de la population de souffrir d’un trouble psychiatrique. Ce lien spécifique entre le syndrome de l’intestin irritable et les maladies psychiatriques suggère que la psychothérapie pourrait offrir une solution pour soulager à la fois les symptômes du syndrome de l’intestin irritable et d’autres maladies pénibles qui pourraient y contribuer.
Conseil : si votre maladie est comorbide, la thérapie cognitivo-comportementale pourrait être un bon point de départ puisque les maladies peuvent s’amplifier l’une l’autre.
Ces facteurs psychologiques n’ont pas pour but de minimiser la gravité des troubles fonctionnels, mais plutôt d’encourager le traitement par la psychothérapie, les méthodes traditionnelles n’ayant guère donné de résultats.
Sources:
1. Deary, V. Chalder, T. & Sharpe, M. (2007). The cognitive behavioral model of medically unexplained symptoms: A theoretical and empirical review.
2. European Journal of Pain, 14,207–213.
3. Chapman, S.C.E. & Martin, M. (2011). Attention to pain words in irritable bowel syndrome: Increased orienting and speeded engagement. British Journal of Health Psychology, 16, 47-60.
4. Crane, C. & Martin, M. (2003). Illness schema and level of reported gastrointestinal symptoms in irritable bowel syndrome. Cognitive Therapy and Research, 27,185 – 203.
5. Crane, C. & Martin, M. (2002). Perceived vulnerability to illness in individuals with irritable bowel syndrome. Journal of Psychosomatic Research, 53, 1115-1122.
6. Crane, C. & Martin, M. (2002). Adult illness behavior: the impact of childhood experience. Personality and Individual Differences, 32, 785-798.