Les parents religieux sont-ils de meilleurs parents ?

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Source : towbar/pixabay

Dans de nombreuses sociétés, les personnes religieuses ont tendance à avoir plus d’enfants que leurs homologues laïques. Mais cela a-t-il un coût ?

La théorie de l’histoire de la vie suggère que c’est le cas. Selon cette théorie, les organismes échangent la quantité de descendants contre la qualité. En d’autres termes, plus on a d’enfants, moins l’un d’entre eux a de chances de présenter un potentiel reproductif élevé. Il s’agit d’une idée très darwinienne, mais de nombreuses données la confirment, tant dans les cultures humaines que dans une variété d’autres espèces.

Mais des chercheurs néo-zélandais et américains semblent avoir trouvé une faille intéressante dans cette théorie bien établie. S’appuyant sur la découverte que les communautés religieuses ne présentent pas le même compromis quantité/qualité dans la condition physique de la progéniture, ils suggèrent que la coopération parentale accrue dans les communautés religieuses est l’ingrédient clé.

Ils sont parvenus à cette conclusion en examinant un échantillon de plus de 12 000 Néo-Zélandais. La société néo-zélandaise est divisée approximativement à 50/50 entre l’identification religieuse et l’identification laïque. Les chercheurs ont donc pu comparer les personnes religieuses aux personnes non religieuses sur la base d’une série de mesures comportementales, démographiques et attitudinales. Voici un résumé de ce qu’ils ont découvert :

  • L’identification religieuse et la fréquence des rituels sont associées au fait d’avoir plus d’enfants, après ajustement des différences démographiques. Cela confirme l’hypothèse principale : Les personnes religieuses ont, en moyenne, des familles plus nombreuses que les personnes laïques (du moins en Nouvelle-Zélande).
  • L’identification religieuse et la fréquence des rituels sont associées à des niveaux plus élevés d’alloparentalité (c’est-à-dire de prise en charge par des parents non biologiques) chez les personnes qui n’ont pas d’enfants. Selon les chercheurs, il s’agit de la première démonstration que la coopération religieuse s’étend au partage des responsabilités parentales pour les parents non biologiques.
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Leur argument est donc que la coopération parentale et l’alloparentalité peuvent surmonter le compromis entre la qualité et la quantité de la progéniture, et que ces caractéristiques sont plus importantes dans les communautés religieuses. Les chercheurs écrivent :

« Ce modèle peut […] aider à clarifier la manière dont les normes culturelles déterminent simultanément la forme physique des individus et la croissance des groupes culturels. En d’autres termes, cette dynamique peut contribuer à expliquer la résilience de la religion dans le monde moderne ».

Peut-être que l’évolution et la religion peuvent coexister après tout.

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Références

Shaver, J. H., Sibley, C. G., Sosis, R., Galbraith, D. et Bulbulia, J. (2019). L’alloparentalité et la fertilité religieuse : Un test de l’hypothèse de l’alloparentalité religieuse. Evolution and Human Behavior.