Points clés
- Les plus grands experts nationaux en santé pédiatrique ont publié de nouvelles lignes directrices préconisant un traitement plus précoce pour les jeunes souffrant d’obésité.
- Les lignes directrices classent l’obésité comme une maladie complexe et encouragent l’intervention médicale, y compris la thérapie et les médicaments ou la chirurgie.
- Le soutien doit être sans jugement et reconnaître les facteurs structurels et environnementaux qui contribuent à l’obésité infantile.

L’Académie américaine des pédiatres recommande une nouvelle approche de l’obésité infantile, qui considère cette affection comme une maladie complexe et préconise un traitement comportemental intense.
Vingt-et-un des plus grands experts nationaux en matière de santé infantile ont élaboré de nouvelles lignes directrices après avoir examiné l’ensemble des données disponibles sur l’obésité infantile ; c’est la première fois en 15 ans que le groupe se penche sur le sujet.
Environ un jeune sur cinq aux États-Unis – plus de 14 millions au total – est considéré comme obèse selon les directives des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies. Bien qu’il soit prouvé que les enfants peuvent être en bonne santé quel que soit leur poids s’ils sont suffisamment actifs, l’obésité chez les enfants augmente le risque de développer un diabète de type 2, un taux de cholestérol élevé et une hypertension artérielle. Elle augmente également le risque qu’ils souffrent de maladies chroniques à l’âge adulte.
Les lignes directrices classent l’obésité comme une maladie due à des facteurs complexes, y compris la génétique, et pas seulement comme un problème de mauvaise alimentation et de manque d’exercice. Elles invitent les pédiatres à soumettre les jeunes obèses à des tests de dépistage des complications, notamment l’hypertension artérielle et les anomalies des lipides, du métabolisme du glucose et de la fonction hépatique. Ils les encouragent également à traiter les complications et à s’attaquer spécifiquement à l’obésité.
Pour les jeunes en surpoids ou obèses, les lignes directrices recommandent un traitement intensif axé sur le comportement et le mode de vie. Les enfants et leurs familles rencontrent une série de spécialistes, notamment des nutritionnistes, des physiologistes de l’exercice et des travailleurs sociaux, afin d’acquérir de nouvelles habitudes. Les lignes directrices recommandent au moins 26 heures de conseil en face à face pour ce type de traitement. Ce soutien ne doit pas porter de jugement et doit reconnaître les facteurs structurels et environnementaux qui contribuent à l’obésité infantile.
Les lignes directrices reconnaissent également qu’il existe des obstacles à l’inscription des jeunes à un traitement comportemental. Tout d’abord, il n’existe pas beaucoup de programmes de ce type aux États-Unis. Nombre d’entre eux ne sont pas couverts par l’assurance et la participation exige beaucoup de temps. Si ce type de programme n’est pas disponible, le rapport encourage les pédiatres primaires à fournir davantage de soutien et de conseils aux jeunes en surpoids ou obèses.
Pour les jeunes qui souffrent de graves problèmes de santé liés à l’obésité, les lignes directrices recommandent des médicaments pour la perte de poids, voire une chirurgie bariatrique pour les adolescents.
« L’obésité chez les enfants et les adolescents est une maladie complexe, multifactorielle et traitable », indique le rapport. « Les preuves d’un traitement réussi, malgré les lacunes et les complexités énoncées, donnent l’espoir aux patients et aux familles que les pédiatres et les prestataires de soins de santé primaires peuvent évaluer et traiter avec succès la maladie de l’obésité avec une approche individualisée et compatissante. »
Le rapport prend soin de souligner que les pédiatres doivent examiner leurs attitudes et leurs préjugés à l’égard des personnes obèses. Il est important que les enfants ne se sentent pas visés ou traités injustement en raison de leur surpoids. Le rapport propose une technique appelée » entretien motivationnel », une méthode éprouvée et efficace pour aborder des sujets délicats et encourager un changement de comportement.
Le message à retenir : Un vaste rapport fondé sur des données probantes recommande aux pédiatres de considérer l’obésité infantile comme une maladie complexe et de proposer un traitement par des programmes de comportement sanitaire et, dans certains cas, par la médecine de l’amaigrissement ou la chirurgie bariatrique.