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Points clés
- Après avoir consommé de l’alcool, certaines émotions sont perçues différemment.
- La reconnaissance des expressions faciales est un moyen important de percevoir l’état émotionnel d’une personne.
- La consommation d’alcool a un impact sur la capacité à reconnaître certaines émotions mieux que d’autres.

Pour de nombreuses personnes, l’happy hour est synonyme de cocktails et de conversations, généralement dans cet ordre. Mais la consommation d’alcool peut avoir un impact sur le comportement social approprié en altérant le pouvoir de perception. Des chercheurs ont examiné comment l’alcool affecte la capacité non seulement à s’amuser pendant l’happy hour, mais aussi à percevoir les émotions positives ou négatives d’autrui.
Microbrasseries et microexpressions
Au pub ou au bar à cocktails du coin, on ne s’attend pas à ce que les buveurs sociaux soient des lecteurs particulièrement perspicaces, surtout au fur et à mesure que la soirée avance. Les chercheurs qui ont étudié ce phénomène admettent qu’apparemment, après avoir consommé de l’alcool, les émotions sont perçues différemment.
Fatima Felisberti et Philip Terry (2015) ont étudié l’impact de l’alcool sur la capacité à reconnaître les expressions faciales et les micro-expressions[i]. Ils commencent par reconnaître que les expressions faciales sont des indicateurs importants de l’état émotionnel individuel, et que la capacité à les reconnaître avec précision est essentielle pour naviguer avec succès dans son environnement social. Ils énumèrent les six expressions faciales des émotions généralement reconnues comme étant universelles, à savoir : « lebonheur, la tristesse, la peur, la colère, la surprise et le dégoût. Ils notent que certains chercheurs incluent le mépris dans les expressions principales.
Ils ont comparé l’effet de l’alcool sur la capacité à reconnaître les micro-expressions, définies comme des « expressions faciales d’émotion affichées brièvement », à des expressions affichées pendant des périodes plus longues. Parmi toutes les émotions, ils ont constaté que la consommation d’alcool peut accroître la sensibilité aux expressions de dégoût et de mépris.
Lire l’émotion après la gourmandise
Felisberti et Terry n’ont pas fait boire de bière aux participants à leur étude ; ils ont consommé de la vodka Waitrose (37 % d’alcool par volume) avec de l’eau tonique indienne Schweppes light et de l’Angostura Bitters. Après avoir consommé soit une dose plus élevée d’alcool, soit une dose plus faible, soit une boisson placebo, les participants ont regardé les expressions faciales de 12 acteurs masculins exprimant la colère, le mépris, le dégoût, la peur, le bonheur et la tristesse, ainsi que des visages neutres.
Felisberti et Terry ont constaté que la présentation de micro-expressions entraînait une interaction significative entre l’émotion représentée par l’acteur et la quantité d’alcool consommée par le spectateur. Ils notent que la reconnaissance du dégoût est faible par rapport à la reconnaissance d’autres émotions, mais qu’après une forte dose d’alcool (0,6 ou 0,57 g/kg pour les hommes et les femmes, respectivement), les participants sont mieux à même de reconnaître le dégoût et le mépris que dans les deux autres conditions. Felisberti et Terry ont constaté que la capacité à reconnaître les micro-expressions de colère était réduite après les deux doses d’alcool par rapport à la consommation d’un placebo, mais pas de manière significative. Contrairement à certaines études antérieures, ils n’ont pas détecté de déficience dans la reconnaissance de la tristesse.
Consommation sociale d’alcool et discernement
Felisberti et Terry décrivent la capacité de l’alcool à améliorer la précision de la reconnaissance du dégoût et du mépris comme surprenante et notent qu’elle peut avoir des implications pour le comportement social. Par exemple, ils notent qu’une sensibilité accrue aux expressions de mépris après avoir consommé de l’alcool dans un contexte social pourrait avoir des conséquences néfastes, car elle pourrait augmenter le risque d’agression liée à l’alcool. Ils notent que les résultats de leur recherche sont cohérents avec ceux d’autres chercheurs qui ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact de l’alcool sur le traitement des expressions faciales et à la manière dont il pourrait être lié à ses effets sur la violence et l’agression.
En définitive, l’alcool semble à la fois altérer et renforcer les signaux sociaux. Les personnes qui rencontrent des amis ou des collègues à l’heure de l’apéritif, outre les mises en garde habituelles contre l’alcool au volant, ont tout intérêt à boire de manière responsable pour réagir de manière appropriée. La sobriété de jugement est toujours la meilleure pratique.
ImageFacebook: nkotlyar/Shutterstock
Références
[i] Felisberti, Fatima, et Philip Terry. 2015. « Les effets de l’alcool sur la reconnaissance des expressions faciales et des micro-expressions d’émotions : Enhanced Recognition of Disgust and Contempt ». Psychopharmacologie humaine : Clinical and Experimental 30 (5) : 384-92. doi:10.1002/hup.2488.