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Points clés
- La méritocratie peut surestimer le rôle du talent individuel et minimiser la façon dont les privilèges et la chance influencent la réussite.
- La croyance en la méritocratie peut engendrer l’arrogance chez les « gagnants » et l’humiliation chez les « perdants ».
- Les universités et les emplois d’élite tendent toujours à favoriser les personnes déjà privilégiées, malgré les revendications de méritocratie.
- Pour atténuer les défauts de la méritocratie, il faut des politiques qui créent une véritable égalité des chances.
Dans la société actuelle, nous supposons souvent que la méritocratie offre des conditions égales à tous, où chacun peut réussir grâce à son travail et à son talent. Cependant, la recherche en psychologie révèle que la méritocratie a un côté sombre et insidieux.
Premièrement, la croyance en la méritocratie rend les gens plus enclins à légitimer l’inégalité. Dans une étude de 2014, les participants ont joué à deux jeux : un jeu de chance et un jeu d’adresse. Ensuite, ils ont eu l’occasion de soustraire des gains à l’autre joueur. Ceux qui venaient de jouer à un jeu d’adresse étaient moins favorables à la redistribution des revenus que ceux qui avaient joué à un jeu de hasard. Lorsque nous considérons que le succès découle uniquement du mérite, nous négligeons la façon dont des facteurs arbitraires, tels que l’éducation et la chance, peuvent influer sur les résultats.
Cet angle mort permet aux inégalités de se développer. Dans les meilleures universités américaines, plus d’étudiants proviennent du 1 % supérieur de l’échelle des revenus que de l’ensemble des 60 % inférieurs. Les résultats aux concours sont fortement liés au revenu et au niveau d’éducation des parents. Cela suggère que les enfants des élites peuvent consolider leurs avantages avec plus de succès.
Mais la méritocratie ne fait pas qu’échouer les défavorisés. Elle nuit également au psychisme des « gagnants ».
Premièrement, elle engendre l’arrogance. Les recherches montrent que la croyance en la méritocratie est liée à un plus grand nombre de préjugés à l’égard des personnes moins éduquées. Lorsque nous attribuons notre réussite à nos talents, il est tentant de considérer que les échecs des autres sont dus à leur infériorité.
Deuxièmement, la méritocratie alimente la culpabilisation. Les enfants qui s’inscrivent dans des établissements d’enseignement supérieur d’élite ont souvent l’impression que leur valeur personnelle dépend de leur admission. Les adultes qui travaillent dans les meilleures entreprises s’épuisent à essayer de prouver leur mérite. Les gagnants comme les perdants finissent par être évalués uniquement en fonction de définitions étroites de la réussite.
Ce mélange toxique nuit à la cohésion sociale. L’élite méritocratique, focalisée sur son statut, n’a que peu de sympathie pour les « laissés-pour-compte ». Quant à ceux qui sont exclus des récompenses de la méritocratie, ils subissent humiliations et ressentiments.
Comment transcender la psychologie défectueuse de la méritocratie ? Voici quelques solutions :
- Concevoir des plans d’action positive qui mettent les personnes défavorisées sur un pied d’égalité.
- Enseigner aux enfants, dès le plus jeune âge, que les facteurs arbitraires influencent les résultats autant que les efforts individuels.
- Rendre plus holistiques les critères d’admission dans les institutions d’élite.
- Encourager l’acceptation de soi qui n’est pas liée à des mesures étroites de réussite.
- Favoriser l’empathie et les liens au-delà des clivages sociaux.
Avec des politiques et des mentalités plus nuancées, nous pouvons conserver l’éthique de la méritocratie, qui récompense le travail acharné, tout en atténuant ses effets psychologiques néfastes. L’objectif devrait être de faire progresser le potentiel humain dans toute sa diversité, et pas seulement de ratifier les privilèges.