Points clés
- L’improvisation est une seconde nature pour de nombreux enfants.
- Les enfants sont souvent prompts à repérer les schémas.
- Il n’est jamais trop tôt pour enseigner aux enfants des stratégies d’entraînement efficaces.

Les jeunes enfants adorent improviser.
Dans le domaine visuel, le gribouillage est un instinct humain dès le plus jeune âge. Dans le domaine auditif, les jeunes enfants sont naturellement enclins à improviser des airs qu’ils ont entendus dans les publicités, les films et la musique ambiante. Au lieu de « tuer » ce penchant naturel, j’ai découvert que l’utilisation de l’improvisation, une activité préférée des enfants, pour renforcer leurs activités moins favorables, par exemple, jouer exactement comme il est écrit dans la partition, fonctionne bien pour soutenir les comportements de travail.
On peut y parvenir en persuadant l’enfant de faire de son mieux pour jouer le morceau exactement comme il est écrit. Dès que l’enfant a fait cela, je l’assure qu’il a gagné le statut de compositeur vivant et qu’il peut maintenant ajouter toutes les notes décoratives qu’il souhaite (par exemple, les notes passantes et voisines, les arpèges, les accords) pour façonner les phrases musicales en créant des variations de la mélodie principale, dans le but de rendre le morceau plus intéressant que tel qu’il est écrit. Dans ce cas, l’utilisation d’activités plus désirables (c’est-à-dire la liberté d’improviser) pour renforcer les activités moins désirables (c’est-à-dire le respect des règles des notations imprimées) peut aider à la fois l’enseignant et l’élève à atteindre les objectifs d’ apprentissage de la leçon, sans étouffer le penchant naturel des jeunes enfants pour l’improvisation.
Les enfants sont doués pour la reconnaissance des formes.
Les jeunes enfants ont souvent du mal à trouver les touches qui correspondent aux notations musicales écrites sur la partition. Au lieu de procéder par essais et erreurs, je trouve que les jeux de reconnaissance de formes (par exemple, les séquences de deux touches noires par rapport aux séquences de trois touches noires) peuvent être utiles pour introduire les positions relatives des différentes classes de hauteur sur un clavier. De nombreux enfants repèrent rapidement les motifs, et certains tirent spontanément des conclusions des explorations guidées. Dès que les enfants ont découvert que la séquence à deux touches noires est imbriquée dans la séquence à trois touches noires sur l’ensemble du clavier du piano, les « Do » et les « Fa » se trouvant respectivement dans le segment le plus à gauche de la séquence à deux touches noires et de la séquence à trois touches noires, ils sont devenus efficaces dans le placement de leurs doigts sur l’ensemble du clavier, en utilisant les Do et les Fa comme points de repère ou comme notes de référence.
L’inculcation d’habitudes de pratique efficaces peut commencer dès l’enfance.
Les erreurs se produisent dans l’intervalle entre deux notes. Au violon, les choses peuvent se gâter entre deux notes lorsqu’il y a un retard dans le placement de l’archet, une articulation défectueuse ou une mauvaise synchronisation du décalage, entre autres. De nombreux pédagogues préconisent d’isoler les problèmes techniques et de s’attaquer à un seul problème technique à la fois. Cette approche s’apparente à l’expérimentation scientifique, où une seule variable indépendante est manipulée à la fois.
D’après mon expérience, il n’est pas trop tôt pour introduire ces conseils de pratique dans l’enseignement aux enfants. Ces habitudes de pratique saines, qui consistent à isoler les points délicats ou les passages sujets aux erreurs et à travailler à partir des zones problématiques identifiées, permettent souvent de réduire considérablement le temps de pratique et d’accélérer les progrès. La plupart des enfants s’entraînent déjà par petits morceaux, ce qui permet d’isoler facilement les problèmes techniques au cours de plusieurs séances d’entraînement, en particulier sous la supervision de parents compréhensifs.