
Le workaholisme peut avoir des effets néfastes sur le bien-être physique, mental et émotionnel. Ce qui, à première vue, peut apparaître comme du dévouement et de l’engagement peut cacher des tendances sous-jacentes à l’inadaptation et à la dépendance à l’égard de son travail, qui méritent une attention particulière.
Une étude publiée en 2016 dans PLOS ONE a mis en évidence des corrélations positives significatives entre le workaholisme et les manifestations de plusieurs troubles psychologiques distincts. Ces troubles englobent un éventail de conditions psychologiques, y compris, mais sans s’y limiter, le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité(TDAH), le trouble obsessionnel-compulsif (TOC), les troubles anxieux et les troubles dépressifs.
Les explications possibles d’un engagement professionnel excessif sont les suivantes :
- Lapeur de l’échec et le perfectionnisme. Le travail excessif peut être motivé par une peur intense de l’échec et un besoin d’atteindre la perfection dans chaque tâche. Les personnes qui luttent contre le perfectionnisme se poussent souvent au-delà des limites saines, convaincues que tout ce qui n’est pas parfait est inacceptable. Cet état d’esprit motivé par la peur peut conduire à un cycle sans fin de surmenage, la personne s’efforçant constamment d’atteindre des normes irréalistes.
- Validation externe et estime de soi. Les gens tirent parfois leur estime de soi de sources externes, telles que la reconnaissance et les louanges de leurs collègues, de leurs supérieurs ou même de la société. Le besoin constant de validation peut alimenter les tendances au travail, car la valeur personnelle dépend de la reconnaissance au sein d’un groupe et des réalisations matérielles.
- Échapper aux problèmes personnels. Se plonger dans le travail peut apporter un soulagement temporaire à des situations difficiles, ce qui conduit à une dépendance excessive à l’égard du lieu de travail comme moyen d’échapper aux problèmes de la vie réelle. Ce mode d’adaptation malsain conduit souvent à négliger d’autres aspects importants de la vie, ce qui se traduit par un déséquilibre entre le travail et la vie privée.
Reconnaître l’interaction entre ces déterminants latents et la propension à un engagement professionnel excessif est d’une importance capitale et constitue une première étape essentielle pour garantir le bien-être.
Voici deux stratégies pour contrer l’accoutumance au travail.
1. Soyez conscient de votre temps
Pour vous protéger efficacement des effets néfastes du workaholisme et reprendre le contrôle de votre temps et de vos émotions, envisagez la mise en œuvre d’un audit complet de votre temps. Cela implique un suivi méticuleux des activités quotidiennes, du temps nécessaire pour les accomplir et des émotions qu’elles suscitent.
Ce processus vous permet d’être attentif à votre routine quotidienne et vous incite à vous concentrer sur des activités qui améliorent réellement votre humeur. Cette pratique s’avère bénéfique à deux égards.
- L’audit de temps est un moyen de défense contre l’addiction au travail car il permet d’établir un équilibre harmonieux entre la vie professionnelle et la vie privée. Grâce à un enregistrement diligent et à une analyse approfondie, vous pouvez discerner les schémas de travail excessif et repérer les domaines dans lesquels le temps personnel est compromis. Cette prise de conscience permet d’allouer consciemment du temps aux activités professionnelles et non professionnelles, en veillant à ce qu’aucun domaine n’empiète sur l’autre. La recherche a maintes fois mis en évidence l’importance du temps personnel, qui permet d’atténuer les effets de l’accoutumance au travail. Par exemple, les conclusions d’une étude indiquent que la présence d’un partenaire attentif et compréhensif peut contribuer à atténuer les tensions que les tendances au boulimie de travail peuvent imposer aux relations et au bien-être général d’un individu.
- Le champ d’application de l’audit du temps va au-delà du simple suivi des activités ; il s’étend au domaine des émotions. En documentant les sentiments associés à chaque activité, vous pouvez identifier les déclencheurs émotionnels liés à la surcharge de travail ou à la négligence du temps personnel. Cette prise de conscience vous aide à reconnaître et à traiter les schémas émotionnels, ce qui vous permet de faire des choix éclairés pour résoudre le problème.
Bien que des études aient observé que les personnes qui ont tendance à être des bourreaux de travail peuvent faire un usage intensif de leur smartphone, ce qui peut perturber la qualité de leur sommeil, vous pouvez renverser la situation et tirer parti de l’utilisation de la technologie à votre avantage. Essayez de réduire votre consommation en programmant des notifications ou des réponses automatiques pour signaler la fin de la journée de travail, ou en fixant des rappels pour l’heure du coucher afin de fixer des limites efficaces.
2. Programmer les temps d’arrêt
Pour éviter de s’évader émotionnellement par le travail, il est nécessaire d’adopter une approche ciblée et structurée du temps libre. Pour contrer l’attrait du temps libre non structuré et garantir la prise en compte de votre vie personnelle, il est essentiel de prévoir des intervalles dédiés à la relaxation et aux activités non professionnelles.
Une répartition structurée du temps constitue une défense inébranlable contre la tendance à revenir au travail ou à des activités moins gratifiantes pendant les périodes non structurées. Désigner des blocs de temps spécifiques pour des engagements non professionnels dans votre routine quotidienne est une façon d’établir un cadre pour les temps d’arrêt. En considérant ces créneaux horaires comme des rendez-vous inviolables, comme vous le feriez pour n’importe quelle autre réunion officielle, vous protégez votre temps libre en veillant à ce que les obligations liées au travail n’empiètent pas sur les moments de détente.
En outre, l’engagement actif dans des passe-temps, des interactions sociales et des activités personnelles constitue un puissant bouclier contre l’évasion émotionnelle. S’engager dans des activités qui nourrissent l’esprit, le corps et l’âme contribue à une vie plus équilibrée. Ces activités rappellent de manière poignante la nature multiforme de l’identité d’une personne, renforçant la compréhension du fait que le bien-être émotionnel est intimement lié aux diverses facettes de la vie, au-delà des simples accomplissements professionnels.
Les conclusions d’une étude publiée dans le Journal of Organizational Behavior soulignent l’importance de délimiter clairement le temps professionnel et le temps personnel, en particulier pour ceux qui ont tendance à être accaparés par leurs obligations professionnelles. Les résultats indiquent que le fait de prolonger les tâches liées au travail au-delà des limites habituelles de la journée de travail, comme répondre à des courriels, finaliser des rapports ou mener des recherches liées au travail, pourrait potentiellement peser sur le bien-être de ceux qui présentent déjà des niveaux élevés de boulimie de travail.
L’étude suggère donc que le fait de consacrer son énergie à des activités physiques peut apporter des avantages significatifs en termes de rajeunissement émotionnel et mental. Encourager une activité physique régulière, même à petite dose, pourrait être une stratégie efficace pour contrebalancer les effets négatifs potentiels de l’addiction au travail.
Conclusion
Bien que la société puisse récompenser le surmenage, les coûts l’emportent souvent sur les avantages, ce qui se traduit par l’épuisement professionnel, la dépression et des relations tendues. En reconnaissant les motivations cachées du bourreau de travail et en adoptant ces techniques proactives, vous pouvez ouvrir la voie à une vie plus saine et plus équilibrée, dans laquelle la productivité complète le bien-être au lieu de l’éclipser.

