Points clés
- La maîtrise des niveaux d’énergie peut vous aider à être plus présent lorsque cela est nécessaire.
- La modération du sommeil et de l’interaction sociale est essentielle pour équilibrer les niveaux d’énergie.
- La thérapie interpersonnelle du rythme social peut aider les personnes souffrant de troubles de l’humeur à maîtriser leur niveau d’énergie.
À l’âge de 6 ans, j’ai rebondi sur mon lit en pensant : « J’aimerais pouvoir mettre de l’énergie en bouteille ». J’avais l’image d’une bouteille comme celles dans lesquelles j’enfermais impitoyablement les punaises lumineuses, où je pouvais capturer mon hyperactivité à ce moment-là, et y puiser quand j’en avais besoin.
Lorsque vous vivez avec un trouble de l’humeur comme la dépression ou le trouble bipolaire, vous avez parfois l’impression de pouvoir faire n’importe quoi. Et d’autres jours, vous avez l’impression de ne rien pouvoir faire. Lorsqu’ils ne sont pas maîtrisés, ces extrêmes d’humeur et d’énergie peuvent rendre difficile l’accomplissement des choses qui comptent pour vous.
Régulateur essentiel des niveaux d’énergie, le sommeil est souvent perturbé chez les personnes souffrant de dépression (Franzen & Buysse, 2022), de troubles bipolaires et de schizophrénie (Steardo, 2019). Malheureusement, les troubles du sommeil sont également un déclencheur de symptômes de santé mentale, quel que soit le diagnostic. De même, le moment et la quantité d’interactions sociales ont un impact significatif sur l’humeur. Il a été démontré que les perturbations des rythmes sociaux sont liées à des humeurs dépressives chez les personnes souffrant de dépression et de troubles bipolaires (Kahawage, 2022).
L’équilibre des niveaux d’énergie est une composante de nombreux traitements des troubles de l’humeur, en particulier la thérapie interpersonnelle et sociale du rythme (IPSRT). Grâce à un travail ciblé sur les habitudes de sommeil et les interactions sociales, l’IPSRT peut améliorer les symptômes de la manie et de la dépression (Inder et al, 2015).
Même pour les personnes ne souffrant pas de troubles de l’humeur, la compréhension et le contrôle des niveaux d’énergie peuvent conduire à une amélioration du bien-être, de la productivité et de la connexion. Même de petits changements d’habitudes peuvent faire une différence significative. Voici cinq façons de cultiver vos niveaux d’énergie.
1. Reconnaître les moments de la journée où votre énergie est la plus élevée et la plus basse
La plupart des gens ont un moment de la journée où ils sont naturellement le plus éveillés. Pour certains, c’est le matin. D’autres ont plus d’énergie le soir. Reconnaître vos hauts et vos bas naturels et planifier vos activités en fonction de ceux-ci peut vous aider à profiter des moments où vous avez le plus de chances d’être à la hauteur.
2. Ajoutez de la musique à vos habitudes
La musique a la faculté de nous revigorer et de nous apaiser. L’utilisation d’une musique entraînante dans les moments où vous souhaitez mobiliser votre énergie ou d’une musique apaisante et familière dans les moments où vous souhaitez vous détendre peut contribuer à faciliter ces processus.
3. Modérer le temps passé seul et avec d’autres personnes
La socialisation est pour beaucoup un architecte naturel de l’énergie. Cependant, trop de socialisation peut être accablant. Certaines personnes ont besoin de plus de temps social que d’autres. En trouvant votre équilibre idéal entre la solitude et le temps passé avec les autres et en respectant les limites qui en découlent, vous pouvez être plus présent lorsque vous en avez besoin tout en préservant votre santé mentale.
4. Créer un temps de réveil et de repos régulier
Fixer des heures de réveil et de sommeil est idéal pour mettre toutes les chances de son côté afin de passer des nuits reposantes et des journées éveillées. Cela dit, il peut s’avérer difficile de respecter ces horaires en raison des activités sociales qui se déroulent tard dans la nuit le week-end et des réunions de travail qui ont lieu tôt le matin. La mise en place d’une fenêtre de deux heures maximum pour les heures de réveil et de sommeil permet une certaine flexibilité dans cette situation délicate.
5. Intégrez une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre à vos soirées
Si vous avez du mal à vous détendre le soir et à vous endormir, il est essentiel d’avoir une routine de relaxation dans les heures qui précèdent le sommeil pour vous calmer. Si vous considérez votre niveau d’éveil comme un hélicoptère, plus la journée est stimulante, plus l’hélicoptère volera haut et plus il mettra de temps à atterrir. L’intégration d’activités relaxantes telles que la lecture, les douches, les massages ou la méditation dans votre soirée peut faciliter ce processus.
Si vous avez des difficultés importantes à gérer votre niveau d’énergie, un rendez-vous avec un professionnel de la santé peut s’avérer nécessaire. Toute une série d’affections physiques et mentales peuvent modifier notre humeur et notre énergie. Avec de l’entraînement, il est possible de capter l’énergie et de l’exploiter dans les moments difficiles, tout comme mon petit bocal d’insectes à éclairs.
Pour trouver un thérapeute, veuillez consulter l’annuaire des thérapies de Psychology Today.
Références
Franzen, P. L. et Buysse, D. J. (2022). Sleep disturbances and depression : risk relationships for subsequent depression and therapeutic implications. Dialogues en neurosciences cliniques.
Inder, M. L., Crowe, M. T., Luty, S. E., Carter, J. D., Moor, S., Frampton, C. M. et Joyce, P. R. (2015). Randomized, controlled trial of Interpersonal and Social Rhythm Therapy for young people with bipolar disorder (Essai randomisé et contrôlé de la thérapie interpersonnelle et de la thérapie du rythme social pour les jeunes atteints de troubles bipolaires). Bipolar disorders, 17(2), 128-138.
Kahawage, P., Bullock, B., Meyer, D., Gottlieb, J., Crowe, M., Swartz, H. A., … et Murray, G. (2022). Social rhythm disruption is associated with greater depressive symptoms in people with mood disorders : findings from a multinational online survey during COVID-19. The Canadian Journal of Psychiatry, 67(11), 832-841.
Steardo Jr, L., De Filippis, R., Carbone, E. A., Segura-Garcia, C., Verkhratsky, A., & De Fazio, P. (2019). Troubles du sommeil dans le trouble bipolaire : neuroglie et rythmes circadiens. Frontiers in Psychiatry, 10, 501.