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Dans un article précédent, j’ai exploré les moyens de comprendre et de gérer le rejet interpersonnel du point de vue du destinataire. Mais que se passe-t-il lorsque c’est vous qui devez décevoir les autres et décliner leur proposition ? Comment dire non de manière à minimiser l’expérience négative pour eux et la gêne potentielle pour vous ? Il se trouve que la recherche en sciences sociales apporte quelques réponses.
Freedman, Williams et Beer (2016) ont passé en revue la littérature de recherche sur le refus d’une demande sociale, tant du point de vue de ceux qui initient une demande que de ceux qui la refusent. D’après leur étude, les deux parties de l’interaction éprouvent des sentiments complexes et des motivations concurrentes. Néanmoins, comme le notent les auteurs, il existe également des motivations partagées qui permettent un rejet relativement aisé.
Pour commencer, les chercheurs ont étudié les différentes motivations et réactions des personnes dont la demande a été rejetée. Ils ont constaté que les personnes qui subissent un rejet s’attachent souvent à restaurer leur estime de soi. À partir de là, elles tentent de retrouver un sens et une appartenance, ainsi que de rétablir un sentiment de contrôle sur leurs relations.
L’équipe a ensuite étudié les motivations et les réactions des personnes qui refusent les demandes sociales. Les résultats de cette étude ont également mis en évidence des sentiments contradictoires liés au fait de dire non. D’une part, les personnes qui déclinent une demande sont motivées pour épargner les sentiments de ceux qui font la demande (orientation protectrice) et pour réduire leur propre sentiment de culpabilité (aisance émotionnelle). D’autre part, ces personnes sont également motivées pour se protéger et protéger leurs sentiments (orientation défensive).
Dans l’ensemble, les conclusions de Freedman, Williams et Beer mettent en évidence un chevauchement des motivations des deux types d’individus: Tous deux cherchent à minimiser la douleur de la personne dont la demande est refusée. En d’autres termes, personne ne souhaite que la personne qui fait une demande soit blessée (à condition que la demande soit polie et respectueuse). Minimiser ces sentiments blessés protège l’estime de soi de la personne qui fait la demande et préserve mieux son sentiment d’appartenance, de sens et de contrôle. Cela permet également à la personne qui rejette la demande de rester en sécurité, de ne pas se sentir coupable et de dire non aussi facilement que possible.
Conseils pour refuser plus facilement une demande romantique
Compte tenu de l’objectif commun susmentionné, comment une personne peut-elle, lorsqu’elle rejette une offre, minimiser au mieux les sentiments blessés de la personne qui voit cette offre refusée ? Freedman, Williams et Beer (2016) proposent quelques réponses. Plus précisément, leur étude propose les cinq conseils suivants :
- Rejeter explicitement la demande. Répondez clairement en déclinant la demande, soit en personne, soit par une autre méthode active (par exemple, téléphone, courriel, texte). Quelque chose comme « J’apprécie l’offre, mais je n’ai pas envie d’aller prendre un café avec toi ». Cette approche permet d’éviter la confusion, les sentiments blessés et les demandes répétées qui pourraient résulter d’une réponse plus ambiguë ou d’une absence de réponse (c’est-à-dire le ghosting). Bien qu’un refus rapide et clair puisse sembler dur ou sévère, c’est en fait le meilleur moyen de ménager les sentiments de chacun à long terme. Une réponse claire et polie témoigne également d’une grande réactivité et d’un grand respect pour la personne qui a fait la demande.
- Transmettez un regard positif. Pour atténuer le rejet explicite et clair, si possible, transmettez-le d’une manière positive et respectueuse. Il peut s’agir de quelque chose d’aussi simple que « Merci d’avoir posé la question » ou « J’apprécie l’idée » au début d’une réponse. Lorsque c’est nécessaire, cela permet d’établir une relation momentanée et de réduire le risque que le demandeur ne se sente pas respecté.
- Si nécessaire, proposez des alternatives réalisables. Selon la situation, après avoir refusé la demande sociale d’une personne, il se peut que vous deviez encore interagir avec elle à l’avenir. C’est notamment le cas lorsque vous avez des amis communs, que vous fréquentez la même école ou que vous travaillez ensemble. Dans de telles situations, il peut être utile de suggérer d’autres façons d’interagir à l’avenir qui vous conviennent. Par exemple, on peut dire à un collègue : « Merci de m’avoir invité. Je n’ai pas envie de dîner avec vous, mais je me réjouis de travailler avec vous. » Cela permet également de mettre en évidence la motivation pour un comportement positif à l’avenir.
- Éviter les excuses. En général, les gens s’excusent lorsqu’ils ont fait quelque chose de mal, généralement sans le vouloir. Mais refuser une offre n’est pas une erreur, et c’est une action intentionnelle. Par conséquent, le fait de s’excuser peut envoyer un message contradictoire et confus. Plus précisément, cela peut alimenter des distorsions cognitives sur le rejet, amenant la personne à penser que vous la rejetez et la blessez injustement en tant que personne, plutôt que de simplement décliner son offre pour des raisons qui vous sont propres. Dans le pire des cas, elle peut également se sentir obligée d' »accepter » ces excuses sur-le-champ, au lieu de travailler en privé sur ses propres sentiments en temps voulu.
- Adapter la réponse à la demande et à la relation. D’une manière générale, la longueur et la profondeur d’une réponse doivent correspondre aux autres aspects de l’interaction. Par exemple, une demande rapide faite par un inconnu sur un site de rencontre peut donner lieu à une réponse tout aussi courte. En revanche, le refus d’une demande romantique émanant d’un ami ou d’un camarade de classe nécessitera des déclarations plus détaillées de considération positive et des suggestions d’alternatives.
2020 par Jeremy S. Nicholson, M.A., M.S.W., Ph.D. Tous droits réservés.
Références
Freedman, G., Williams, K. D. et Beer, J. S. (2016). Adoucir le choc de l’exclusion sociale : The responsive theory of social exclusion. Frontiers in Psychology, 7, 1570.