Points clés
- Les traumatismes et le manque d’estime de soi sont étroitement liés, en particulier en ce qui concerne les expériences négatives.
- Si le sentiment de sécurité et d’appartenance d’une personne est mis à mal, elle peut développer des compétences de survie pour l’aider à faire face à la situation.
- Les personnes ayant subi des traumatismes liés à l’attachement sont les plus susceptibles d’éprouver un profond sentiment de solitude.

Il existe une corrélation étroite entre les traumatismes et le manque d’estime de soi, en particulier en ce qui concerne les expériences négatives, y compris la maltraitance. Les expériences traumatisantes peuvent perturber la façon dont une personne se perçoit et sa capacité à réguler ses émotions, ainsi qu’affecter la qualité de ses relations interpersonnelles.2
Lorsque le sentiment de sécurité, de prévisibilité et d’appartenance d’une personne est mis à mal, celle-ci peut développer des compétences de survie qui l’aident à faire face à des environnements imprévisibles ou dangereux. Cependant, les mêmes mécanismes d’adaptation qui peuvent aider une personne à s’adapter à des conditions défavorables dans une situation donnée peuvent devenir inadaptés et nuire à son bien-être émotionnel et psychologique tout au long de sa vie.
Bien que de nombreux déficits puissent résulter d’un traumatisme, quatre des déficits les plus courants sont énumérés ci-dessous.
Dépendance émotionnelle et psychologique
Les adultes élevés dans des environnements négligents ou narcissiques n’ont généralement pas appris leur propre valeur. Au contraire, nombre d’entre eux ont été conditionnés à rechercher une validation externe auprès de soignants violents, qui ont renforcé le sentiment de dépendance de l’enfant à leur égard au lieu de favoriser son indépendance.
Par exemple, un soignant narcissique peut avoir joué le rôle de martyr en faisant honte à son enfant parce qu’il était paresseux devant ses amis ou les membres de sa famille. En réalité, cet enfant n’a peut-être pas reçu l’enseignement nécessaire à la vie quotidienne ou a peut-être été maltraité parce qu’il ne répondait pas aux attentes irréalistes de perfection de la personne qui s’occupait de lui.
À l’âge adulte, cette personne peut se trouver mal équipée pour devenir adulte, et donc avoir un besoin constant de validation et d’approbation, être incapable de prendre des décisions pour elle-même, ne pas savoir comment trouver un emploi, équilibrer un carnet de chèques, utiliser une machine à laver ou se sentir autonome, ce quipeut renforcer sa dépendance à l’égard d’autrui.
Adaptations limites
Le trouble de la personnalité limite (TPL) est souvent considéré comme se développant à l’âge adulte en raison de traumatismes chroniques subis pendant l’enfance, en particulier la violence psychologique et l’invalidation. La négligence et la violence émotionnelle sub ies pendant les années de formation d’une personne peuvent entraîner des attitudes et des croyances autodestructrices, ainsi qu’une difficulté à réguler ses émotions, ce qui peut créer des problèmes au niveau de l’estime de soi et de l’autocompassion. 3
Les relations instables et intenses sont particulièrement fréquentes, les personnes concernées ayant du mal à rester seules ou sans partenaire, et pouvant osciller entre l’idéalisation et la dévalorisation des personnes qu’elles côtoient. De même, elles peuvent avoir une image instable d ‘elles-mêmes et « changer » de personnalité en fonction de la personne qu’elles idéalisent.
En outre, certains peuvent adopter des comportements imprévisibles, dangereux ou autosaboteurs, notamment la conduite dangereuse, et des compulsions comportementales (exercice physique, frénésie alimentaire, sexe, jeux ou abus de substances) afin d’étouffer leur douleur émotionnelle et leur peur profonde du rejet et de l’abandon.
Solitude
Le traumatisme pouvant entraîner une dysrégulation émotionnelle, certaines personnes peuvent se sentir « bloquées » dans la colère et incapables d’éprouver des sentiments de joie ou de paix. Ces sentiments peuvent les empêcher de se rapprocher des autres et renforcer le sentiment de solitude. D’autres peuvent se retrouver dans une série de relations malsaines ou s’engager dans un schéma de « chasse » au partenaire romantique pour surcompenser les sentiments de solitude, ce qui conduit souvent à de mauvais choix dans la sélection du partenaire.
De même, comme de nombreuses personnes ayant subi des traumatismes sont également confrontées à des problèmes d’identité, elles peuvent se sentir perdues, incomprises ou jugées parce qu’elles ne savent pas où se situer, ce qui peut renforcer leur sentiment de solitude. Les personnes ayant subi des traumatismes liés à l’attachement sont les plus susceptibles d’éprouver un profond sentiment de solitude.
Par exemple, si une personne a été victime de maltraitance ou de négligence parentale au cours de sa formation, le refus ou l’incapacité des personnes qui s’occupent d’elle à lui fournir une base sécurisante peut affecter sa capacité ou son désir de créer des liens sains avec d’autres personnes. Cela peut avoir un impact négatif sur sa capacité à se sentir en sécurité, désirée et acceptée pour ce qu’elle est.
Dépression et anxiété
L’oscillation entre l’anxiété et la dépression est un phénomène courant chez les personnes ayant subi des traumatismes, ce qui affecte souvent leur estime de soi. Les situations sociales peuvent susciter des craintes associées au rejet ou à l’abandon, ce qui peut déclencher des sentiments d’anxiété.
Pourtant, le refus de socialiser par crainte de ne pas être considéré comme assez bon peut déclencher ou exacerber des sentiments de dépression. Ces sentiments peuvent devenir cycliques et donner à la personne l’impression d’être « coincée » dans une bataille sans fin avec ses émotions.
Les traumatismes de l’enfance sont corrélés à des risques accrus d’anxiété et de dépression, ainsi qu’à des risques de problèmes émotionnels et comportementaux à l’âge adulte, y compris des risques pour le système de réponse neurologique.1Par exemple, l’exposition chronique à des environnements toxiques et abusifs pendant l’enfance peut déclencher une libération excessive d’hormones de stress. Cette suractivation peut déclencher dans l’organisme un sentiment perpétuel de lutte, de fuite et d’immobilisation qui, avec le temps, peut accroître les risques de dépression et d’anxiété.1
Renforcer l’estime de soi
La recherche suggère qu’une solide estime de soi peut aider à atténuer les effets des traumatismes précoces, ce qui la rend d’autant plus importante pour renforcer l’autonomie.4De nombreux adultes ayant vécu des expériences traumatisantes, il est nécessaire de prendre conscience de la façon dont les traumatismes non traités peuvent affecter votre vie, vos choix et votre bonheur en général. La première étape consiste à consulter un thérapeute spécialisé dans les traumatismes qui aide les gens à se fixer des objectifs sains.
En outre, prendre soin de soi de manière cohérente peut aider à retrouver un sentiment d’autonomie et d’estime de soi, par exemple en apprenant à reconnaître les messages que votre corps peut vous envoyer, en sachant quand s’éloigner et décompresser, et en établissant des limites fermes qui favorisent un sentiment de sécurité émotionnelle et de cohérence.
Pour trouver un thérapeute, consultez le Psychology Today Therapy Directory.
Références
Downey. C., et al (2022). The impact of childhood trauma on children’s wellbeing and adult behavior. European Journal of Trauma & Dissociation, 6(1), 1-8.
Pereira, A., et al (2021). The impact of childhood abuse on adult self-esteem and emotional regulation (L’impact des abus subis pendant l’enfance sur l’estime de soi et la régulation émotionnelle). Annals of Medicine, doi : 10.1080/07853890.2021.1896171.
Pohl, S., et al. (2020). Borderline personality disorder and childhood traumas : Exploring the buffering role of self-compassion and self-esteem. Journal of Clinical Psychology, 77(3), 837-845.
Xie, G.D., et al. (2021). Childhood abuse and borderline personality disorder features in Chinese undergraduates : The role of self-esteem and resilience. BMC Psychiatry, 21, doi : 10.1186/s12888-021-03332-w.

