12 façons dont nous nous enseignons mutuellement la haine

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  • Dans notre culture, les personnes ayant des opinions divergentes ont tendance à se diviser en camps et sont obligées de gagner des arguments en diminuant ou en critiquant les autres.
  • Dans ces situations, la haine est déclenchée ou enseignée de diverses manières, par exemple en disant aux autres qu’ils ont tort et en considérant que nos propres points de vue sont en contradiction avec les autres points de vue.
  • Parmi les autres exemples, on peut citer le fait de considérer les questions comme ayant deux côtés, de classer les gens dans des catégories et de censurer ou d' »annuler » les autres.

Nous, les humains, avons toujours été une espèce contestataire. Mais aujourd’hui, il semble que nous soyons en train de sombrer dans la haine collective. La haine peut être déclenchée ou enseignée. Qu’il s’agisse d’agendas personnels, corporatifs ou politiques, nous observons un effort généralisé pour défier et dénigrer les autres.

Deborah Tanner, professeur de linguistique à l’université de Georgetown, a écrit un livre troublant, The Argument Culture (La culture de l’argumentation). L’idée maîtresse de son analyse de notre culture est que les gens se divisent en camps concurrents et développent une compulsion à gagner des arguments en critiquant et en diminuant ceux qui se trouvent dans d’autres camps. Lors des débats, les personnes ayant des opinions différentes sont considérées comme des ennemis qu’il faut vaincre.

Photo by Uriel Soberanes on Unsplash
Source : Photo d’Uriel Soberanes sur Unsplash

Dans ces guerres, de nombreuses tactiques sont utilisées pour renforcer nos propres positions et vaincre l’ennemi. Voici 12 façons dont nous nous enseignons mutuellement la haine :

  1. Nous sommes égoïstes et égocentriques. Ce que nous pensons est plus important que ce que pensent les autres. Si les autres ne sont pas d’accord avec nous, nous devons leur faire savoir qu’ils ont tort, ce à quoi ils répondent évidemment de la même manière.
  2. Nos propres opinions sont considérées comme des principes absolus et inconciliables, continuellement en guerre avec les opinions alternatives des autres, que nous imaginons comme nos ennemis.
  3. Nous attribuons des identités aux personnes et les plaçons dans des catégories. Ainsi, il est plus facile d’attaquer plusieurs personnes à la fois en tant que membres d’un groupe identitaire. Diviser pour mieux régner.
  4. Nous avons l’habitude de penser que les problèmes ne présentent que deux aspects d’un même argument. Cela polarise inévitablement les questions et crée deux camps d’ennemis concurrents.
  5. Pour justifier sa position, il est utile d’amplifier les défauts des positions des autres, voire de dénigrer leur caractère pour avoir adopté des positions aussi inacceptables.
  6. Nous utilisons un langage corporel menaçant pour faire valoir nos arguments auprès des autres. Il s’agit notamment de visages renfrognés, de voix fortes, de coups de poing en direction des autres (souvent avec un objet en main) et de coups de poing de haut en bas sur le bras. Nous leur mettons des bâtons dans les roues.
  7. L’assassinat du personnage permet à l’accusateur d’endosser un faux manteau de signal de vertu, ce qui n’est pas apprécié par les personnes accusées d’être moralement déficientes.
  8. Le fait de se poser en victime d’un traitement injuste nous permet d’accuser les autres d’oppression et donc de les culpabiliser et de leur faire honte. L’injure est l’arme linguistique de premier choix. Une autre arme consiste à rappeler les abus passés, même s’ils n’ont plus lieu d’être. Ensuite, les exemples actuels d’abus présumés sont amplifiés et mis en exergue. C’est ainsi que les opposants deviennent irrécupérables. Les personnes accusées de créer des victimes en viennent à leur tour à haïr leurs agresseurs.
  9. L’une des principales raisons d’assumer le statut de victime est qu’il fournit des excuses. Nous n’avons pas à assumer la responsabilité de nos propres erreurs qui ont contribué à notre malheur. Nous sauvons la face en blâmant les autres et en créant ainsi une nouvelle raison de les haïr. J’explore tout cela dans mon livre Blame Game, How to Win It (Le jeu de la culpabilité, comment le gagner).
  10. Nous attendons l’équité, et pas seulement l’égalité des chances. Nous partons du principe que tout le monde a les mêmes droits, indépendamment de ses efforts, de son éducation ou de ses capacités. Ainsi, lorsque les autres nous refusent l’équité, nous les haïssons pour leur manque d’équité.
  11. Parfois, nous nous créons des ennemis par jalousie ou par désir de vengeance face à la perception d’une injustice imposée.
  12. Nous censurons ou « annulons » les autres, ce qui engendre évidemment une haine réciproque.

Tout cela déchire le tissu de l’harmonie sociale. Cela crée des ressentiments et de la colère qui n’existeraient pas autrement. Cela s’auto-entretient. Je crains que la situation actuelle ne se nourrisse d’elle-même et n’aggrave les choses. Est-ce le prix que nous devrions être prêts à payer pour gagner des arguments ?