Une idée intéressante qui a récemment émergé en psychologie et en sciences cognitives est celle de l’esprit étendu : la notion selon laquelle votre cognition n’est pas simplement « dans votre tête », mais peut s’étendre au monde qui vous entoure. Google est un bon exemple de ce phénomène. Les gens sont moins enclins à se souvenir d’une information lorsqu’ils savent qu’elle est stockée quelque part « à l’extérieur » de leur tête – en particulier sur un ordinateur ou sur l’internet.1 Ainsi, nous ne nous soucierons peut-être pas de mémoriser la recette d’une délicieuse trempette simplement parce que nous savons où la trouver en ligne. De même, nous ne connaissons probablement pas beaucoup de numéros de téléphone portable parce que nous savons qu’ils sont facilement accessibles dans notre téléphone (même si cela peut nous faire paniquer lorsque notre téléphone perd toutes ces informations).
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Le phénomène de l’esprit étendu ouvre également la porte à une autre question : étant donné que les relations amoureuses sont caractérisées par des degrés relativement élevés de chevauchement entre le soi et l’autre2, votre partenaire romantique peut-il servir d’extension à votre propre esprit ? En d’autres termes, votre « autre moitié » peut-elle vraiment être l’autre moitié d’un cerveau que vous partagez tous les deux ? La réponse semble être « oui ».
Dans une étude classique, Wegner, Erber et Raymond3 ont étudié la mémoire transactive, c’est-à-dire le stockage et la récupération collectifs de souvenirs, dans le cadre de relations étroites (« Chérie, où était-ce déjà lors de notre premier rendez-vous ? »). Note : Pour le bien de votre relation, nous vous suggérons de vous souvenir vous-même de cette information). Ils ont demandé à des couples de partenaires romantiques ou à des étrangers de mémoriser une liste de mots, soit librement (c’est-à-dire que les couples mémorisaient les mots comme ils le souhaitaient), soit systématiquement (c’est-à-dire que chaque personne se voyait assigner une catégorie spécifique de mots à mémoriser). Cette étude a donné des résultats intéressants. Lors de la mémorisation systématique de mots, les dyades d’étrangers se souvenaient de plus de mots que les couples romantiques. En revanche, lors de la mémorisation libre des mots, les couples se souviennent de plus de mots que les étrangers.
Ce qui distingue les couples de partenaires romantiques des couples d’étrangers, c’est la proximité, ou le chevauchement entre le soi et l’autre, qu’ils partagent. Cette proximité a permis aux partenaires romantiques de former un système de mémoire transactive, ou « cerveau partagé ». Chaque partenaire a un accès implicite au « cerveau partagé » et apporte son expertise à l’ensemble du système. Toutefois, nous ne vous recommandons pas d’utiliser cette étude comme excuse pour emmener votre moitié à votre prochain examen.
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1Sparrow, B., Liu, J. et Wegner, D. M. (2012). Google effects on memory : Conséquences cognitives du fait d’avoir l’information à portée de main. Science, 333, 776-778.
2Aron, A., Aron, E. N., Tudor, M. et Nelson, G. (1991). Close relationships as including other in the self. Journal of Personality and Social Psychology, 60, 241-253.
3Wegner, D. M., Erber, R. et Raymond, P. (1991). Transactive memory in close relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 61, 923-929.

Stan Treger, M.A. – Articles surla science des relations | Site web/CV
Stan s’intéresse (1) aux liens interpersonnels et à la proximité ; (2) à l’attirance et à l’initiation des relations ; et (3) à la sexualité. Il a publié des articles sur l’infidélité, les attitudes sexuelles et la sexualité des femmes. Il étudie actuellement les prévisions affectives, l’humour et la mémoire transactive dans les relations étroites.