Beaucoup d’entre nous ont joué au jeu de l’imitateur lorsqu’ils étaient enfants. Il était probablement très amusant d’ennuyer ses frères et sœurs ou ses parents en imitant chaque mot ou action qu’ils avaient fait. En effet, le jeu de l’imitation semble être très ancré en nous. Même au cours des premières heures que les bébés passent dans ce monde, ils imitent facilement (et automatiquement) des expressions faciales simples (telles que l’ouverture de la bouche) de ceux qu’ils observent.1 Bien qu’il puisse sembler que nous ne jouions plus à l’imitateur en grandissant (et bien sûr, en devenant plus sages), des recherches récentes en psychologie sociale montrent que l’imitation, ou le mimétisme, non seulement persiste tout au long de notre vie, mais a également des effets puissants sur nos interactions avec les autres.2
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Vous est-il déjà arrivé d’interagir avec quelqu’un et de vous rendre compte que vous adoptiez ses manières, ses comportements idiosyncrasiques ou même son accent ? Vous est-il déjà arrivé de vous pencher en arrière sur votre chaise lorsque vous étiez en compagnie d’une personne qui se penchait en arrière sur sa chaise, ou de croiser les jambes lorsque la personne assise à côté de vous croisait également les siennes ? Si c’est le cas, vous n’êtes pas le seul. En fait, ce mimétisme subtil nous aide à établir des relations avec les autres. Lorsque les autres nous imitent, cela peut nous amener à les apprécier davantage (sans que nous sachions vraiment pourquoi), et nos propres objectifs de rapprochement avec les autres peuvent nous amener à les imiter davantage également.2
Bien entendu, les effets du mimétisme s’appliquent au monde des rencontres. Par exemple, le mimétisme des hétérosexuels à l’égard des personnes séduisantes du sexe opposé peut dépendre du fait qu’ils soient ou non engagés dans une relation. Dans trois expériences, les chercheurs ont confirmé l’hypothèse selon laquelle les participants à l’étude imitent moins les personnes séduisantes de sexe opposé s’ils sont engagés dans une relation.3 Dans une expérience, les célibataires se sont davantage frotté le visage que les personnes engagées dans une relation amoureuse au cours d’un entretien avec un confère séduisant de sexe opposé qui se frottait le visage à intervalles réguliers (en d’autres termes, ils n’ont pas autant imité le confère s’ils étaient déjà engagés dans une relation amoureuse). Il est intéressant de noter que plus les participants impliqués dans une relation amoureuse se sentaient proches de leur partenaire, moins ils imitaient leur séduisant partenaire d’interaction. Morale de l’histoire : si vous vous surprenez à imiter une autre personne, il y a de fortes chances que vous l’aimiez bien. Mais attention : vous ne voudriez pas que votre partenaire vous surprenne en train d’imiter ces autres personnes séduisantes !
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1Meltzoff, A. N. et Moore, M. K. (1983). Newborn infants imitate adult facial gestures. Child Development, 54, 702-709.
2vanBaaren, R., Janssen, L., Chartrand, T. L., & Dijksterhuis, A. (2009). Où est l’amour ? Les aspects sociaux du mimétisme. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 364, 2381-2389.
3Karremans, J. C. et Verwijmeren, T. (2008). Mimicking attractive opposite-sex others : The role of romantic relationship status. Personality and Social Psychology Bulletin, 34, 939-950.

Stan Treger, M.A. – Articles surla science des relations | Site web/CV
Stan s’intéresse (1) aux liens interpersonnels et à la proximité ; (2) à l’attirance et à l’initiation des relations ; et (3) à la sexualité. Il a publié des articles sur l’infidélité, les attitudes sexuelles et la sexualité des femmes. Il étudie actuellement les prévisions affectives, l’humour et la mémoire transactive dans les relations étroites.