Une raison de ne pas se sentir coupable d’être oublieux

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

Points clés

  • Il est naturel que les gens s’inquiètent de perdre la mémoire, surtout lorsqu’il s’agit d’informations banales.
  • Mais l’oubli peut en fait faire partie d’une fonction cérébrale saine.
  • L’exception se produit lorsqu’une personne est atteinte de démence, qui perturbe le traitement normal de la mémoire.
Tachina Lee / Unsplash
Tachina Lee / Unsplash

De nombreuses personnes viennent en thérapie en exprimant leur inquiétude quant à leur capacité d’oubli. Elles peuvent dire des choses comme :

  • « J’ai du mal à me souvenir des dates, comme les anniversaires ou les rendez-vous. J’ai l’impression de laisser tomber les gens ou de rater des choses ».
  • « J’oublie souvent où j’ai mis mes clés, mon portefeuille, mon téléphone ou mes lunettes. Je perds beaucoup de temps à les chercher et il m’arrive d’être en retard au travail ou à d’autres obligations. »
  • « J’oublie toujours le nom des gens, même si je viens de les rencontrer. C’est tellement embarrassant et frustrant. »

Si vous êtes d’accord avec ces affirmations, sachez qu’il n’y a probablement pas lieu de s’inquiéter. Il nous arrive à tous d’oublier, surtout lorsqu’il s’agit de tâches ou d’informations routinières ou banales. Notre cerveau traite en permanence une grande quantité d’informations et il arrive que des détails moins importants nous échappent. Cela n’indique pas nécessairement un problème de mémoire ou de capacités cognitives.

De plus, contrairement à la croyance populaire, nous n’oublions pas les choses parce que « notre cerveau est plein ». Votre cerveau est une interaction complexe de signaux électriques, de muscles et de neurones, bien plus complexe et dynamique qu’un appareil comme votre téléphone, dont la capacité de stockage est limitée.

En fait, de nouvelles données issues d’une étude publiée dans Nature suggèrent que l’oubli pourrait être une caractéristique du cerveau, et non un problème. Pour en savoir plus :

L’oubli favorise l’apprentissage en nous permettant de nous adapter à un environnement changeant.

Lorsque des scientifiques du Trinity College de Dublin et de l’université de Toronto se sont réunis pour étudier le phénomène de l’oubli, ils sont parvenus à une nouvelle théorie qui suggère que l’oubli n’est pas seulement un processus passif, mais un mécanisme actif qui est constamment à l’œuvre dans le cerveau.

Au lieu de se désintégrer ou de se décomposer, les souvenirs anciens perdent de leur pertinence et deviennent plus difficiles d’accès au fil du temps. En conséquence, ils peuvent finir par devenir, à toutes fins utiles, inexistants. Selon la nouvelle théorie, c’est à ce moment-là que nous pensons avoir oublié un souvenir.

Nos souvenirs sont stockés dans des « cellules engrammes », qui sont essentiellement des groupes de neurones spécialisés qui se déclenchent en réponse à un indice environnemental.

Par exemple, lorsque nous sentons le parfum que notre récent ex-partenaire avait l’habitude de porter, cela peut déclencher certains groupes de cellules dans notre cerveau et faire resurgir un flot de souvenirs associés à la relation. Cependant, à mesure que le temps passe et que nous établissons de nouvelles relations amoureuses avec des personnes qui ont des préférences différentes en matière de parfums, notre cerveau crée de nouvelles cellules engrammes pour stocker des informations qui sont plus pertinentes pour notre situation actuelle. Par conséquent, lorsque nous retrouvons l’odeur du parfum de notre ex-partenaire, après un laps de temps considérable, il est moins probable qu’elle active le groupe de cellules d’origine, ce qui nous fait « oublier » le souvenir. Cela ne signifie pas que le souvenir a disparu ; cela signifie simplement qu’il n’est plus aussi facilement accessible parce qu’il n’est plus aussi pertinent dans notre situation actuelle.

Comme la mémoire elle-même n’est pas perdue, les auteurs de l’étude sont optimistes quant à la possibilité d’inverser le processus d’oubli naturel. Cependant, l’étude s’est également penchée sur le mécanisme de l’oubli dans certaines pathologies comme la maladie d’Alzheimer, où les résultats n’ont pas été aussi prometteurs.

L’étude a montré que, dans le cas des pathologies, les mécanismes naturels d’oubli en jeu sont détournés par la maladie. Cela rend les cellules engrammes très inaccessibles et conduit donc à un état plus ou moins permanent de perte de mémoire.

Conclusion

Votre cerveau est une prouesse neurochimique remarquable, avec une capacité de stockage d’informations pratiquement illimitée. S’il est naturel d’oublier parfois de petits détails en raison de l’énorme quantité de données que votre cerveau traite à chaque seconde, il existe des moyens d’atténuer ce phénomène. Si vous égarez souvent vos clés ou oubliez des dates importantes, envisagez d’utiliser une application de rappel sur votre téléphone pour vous aider à garder une trace de ces détails. Votre cerveau pourra ainsi se concentrer sur des tâches plus importantes, telles que l’apprentissage et le traitement de nouvelles compétences ou informations.