Sous les couvertures : Attitudes sexuelles, fertilité et relations romantiques

Une femme moyenne aura 500 cycles menstruels au cours de sa vie.1 Bien que les menstruations ne remportent pas le prix des « jours préférés du mois », l’objectif réel du cycle d’une femme est de préparer son corps à la conception et à la procréation. Pourtant, l’ironie du sort veut que la fenêtre de conception potentielle ne dure que 2 à 4 jours sur un cycle de 28 jours. Les chercheurs appellent ces quelques jours la « période de haute fertilité », c’est-à-dire le moment où les femmes ont le plus de chances de concevoir.

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

De nombreuses femmes (et probablement même certains hommes !) ont remarqué que les jours précédant les menstruations peuvent être accompagnés de sautes d’humeur (vous avez entendu parler du syndrome prémenstruel, n’est-ce pas ?). Pourtant, de nombreuses données montrent que l’humeur, le comportement et les relations interpersonnelles des femmes changent également au cours de cette petite période de fertilité élevée. Par exemple, pendant ces quelques jours (par rapport aux autres jours du cycle), les femmes sont plus enclines à s’habiller de manièresexy2, elles acceptent davantage les avances deshommes3, elles préfèrent l’odeur des hommes symétriques4 etdominants5, et elles sont même plus susceptibles de fantasmer sur quelqu’un d’autre que leur petit ami ou leur conjoint actuel!6.

Dans notre laboratoire de l’université Rutgers, nous avons essayé d’étendre ces résultats pour comprendre comment les expériences relationnelles des femmes (c’est-à-dire le fait qu’elles soient engagées ou non dans une relation) peuvent être pertinentes pour comprendre leurs attitudes sexuelles pendant ces jours de fertilité élevée. Dans le cadre d’une étude, nous avons demandé à des femmes de venir au laboratoire pour passer des tests d’ovulation (afin de déterminer si elles se trouvaient dans leur période de haute fertilité) et de remplir un certain nombre de questionnaires. Plus précisément, nous avons demandé aux femmes d’évaluer leur attitude générale à l’égard de la sexualité. Ces attitudes pouvaient aller d’une attitude libérale/permissive à une attitude traditionnelle/prudente. Les femmes ayant des attitudes libérales ou permissives ont obtenu des notes élevées sur des questions telles que « le sexe sans amour est acceptable » et « le sexe est un acte agréable et purement physique ». Notre étude a révélé que le simple fait d’être en couple ou d’être « fertile » ne semblait pas conduire à des attitudes sexuellement permissives chez les femmes de notre étude. Cependant, il s’avère que les femmes qui avaient une relation amoureuse et qui étaient susceptibles d’être fertiles au moment où elles ont participé à notre étude avaient les attitudes les plus permissives ou libérales à l’égard de la sexualité.

Qu’est-ce que cela nous apprend ? Les psychologues évolutionnistes affirment que tous ces changements comportementaux et préférentiels que les femmes connaissent lorsqu’elles sont fertiles sont « adaptatifs », c’est-à-dire historiquement propices à lasurvie7. Pourquoi ? Parce que le fait d’avoir un partenaire romantique tend à faciliter l’éducation d’un enfant (et la perpétuation de l’espèce). Après tout, il est logique, du point de vue de l’évolution, que les femmes aient une vision plus laxiste de la sexualité, sachant que si elles tombent enceintes, elles ne sont pas seules dans cette situation. Toutefois, cela ne veut pas dire que les femmes réfléchissent réellement à tout cela pendant leur période de fertilité. Cela ne signifie pas non plus que les femmes réfléchissent consciemment à l’aide que leur partenaire leur apportera pour changer les couches lorsqu’elles se glissent dans les couvertures avec leur petit ami ou leur mari. Le cerveau n’est pas toujours impliqué dans ce que le corps veut – et pourtant les attitudes et les comportements des femmes lorsqu’elles sont « fertiles » et en couple sont différents de ceux qu’elles ont lorsqu’elles ne le sont pas !

Vous souhaitez en savoir plus sur les relations ? Cliquez ici pour d’autres sujets sur la science des relations. Likez-nous sur Facebook ou suivez-nous sur Twitter pour recevoir nos articles directement dans votre fil d’actualité. Apprenez-en plus sur notre livre et téléchargez-le ici.

1Bech, C. (2005). Le cycle menstruel. Netdoctor. Extrait de http://www.netdoctor.co.uk/health_advice/facts/menstruation_cycle.htm

2Durante, K.M., Li, N.P. et Hasleton, M.G. (2008). Changes in women’s choice of dress across the ovulatory cycle : Naturalistic and laboratory task-based evidence. Personality and Social Psychology Bulletin, 34, 1451-1460.

3Gueguen, N. (2009). Menstural cycle phases and female receptivity to a courtship solicitation : an evaluation in a nightclub. Evolution and Human Behavior, 30, 351-355.

4Gangestad, S.W., & Thornhill, R. (1998). Variation du cycle menstruel dans la préférence des femmes pour l’odeur des hommes symétriques. Proceedings of the Royal Society, B265, 927-933.

5Havlicek, J., Roberts, S.C., & Flegr, J. (2005). Women’s preference for dominant male odour : Effects of menstrual cycle and relationship status. Biology Letters, 1, 256-259.

6Gangestad, S.W., Thornhill, R. et Garver-Apgar, C.E. (2005). Women’s sexual interests across the ovulatory cycle depend on primary partner developmental stability (Les intérêts sexuels des femmes pendant le cycle ovulatoire dépendent de la stabilité développementale du partenaire principal). Proceedings : Biological Sciences, 272, 2023-2027.

7Gangestad, S.W. et Thornhill, R. (1998). Menstrual cycle variation in women’s preference for the scent of symmetrical men. Proceedings of the Royal Society, B265, 927-933.

Gianna Bowler

Les recherches de Gianna portent sur les relations romantiques et le développement du genre. Elle s’intéresse plus particulièrement à la manière dont la sociabilisation du genre et le développement de notre sexualité influencent nos relations à l’âge adulte. Elle étudie également les relations interpersonnelles dans le contexte familial et la manière dont notre développement et nos relations familières influencent notre croissance et notre maturation.

Dr. Charlotte Markey – Articles surla science des relations | Site web/CV

Les recherches du Dr Markey portent sur des questions centrales de la psychologie du développement et de la santé. Elle s’intéresse notamment aux influences sociales sur les comportements alimentaires (alimentation, régimes, image corporelle) dans les relations parents-enfants et dans les relations amoureuses.

Source de l’image : liesyoungwomenbelieve.com Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...