Dans un contexte économique particulièrement agité, marqué par l’incertitude des marchés et les tensions géopolitiques, nombreux sont les investisseurs qui se demandent comment protéger et faire fructifier leur patrimoine. Pourtant, comme le démontre l’expérience d’Eric Bertrand, directeur général d’une institution financière gérant plus de 200 milliards d’euros, les périodes de turbulence représentent également des opportunités uniques pour ceux qui savent adopter la bonne approche.
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Au cours de cet entretien exclusif avec Finary, Eric Bertrand partage son analyse approfondie de la situation économique actuelle, ses stratégies éprouvées pour naviguer dans les eaux troubles des marchés financiers, et surtout, sa méthode personnelle pour construire un patrimoine pérenne. Fort d’une double casquette unique de directeur général et de directeur d’investissement, son expertise traverse plusieurs cycles économiques et lui permet d’offrir des perspectives rares sur la gestion d’actifs en période de crise.
Ce qui rend son témoignage particulièrement précieux, c’est sa capacité à transformer les défis économiques en véritables opportunités d’investissement. Alors que beaucoup voient la crise comme une menace, Eric Bertrand nous montre comment elle peut devenir un tremplin vers l’enrichissement, à condition de maîtriser certains principes fondamentaux et d’adopter une vision à long terme.
Comprendre la nature du choc économique actuel
La situation économique que nous traversons actuellement ne correspond pas à une crise traditionnelle, mais plutôt à ce qu’Eric Bertrand qualifie de choc de marché profond. Cette distinction est fondamentale pour appréhender correctement les enjeux et adapter sa stratégie d’investissement en conséquence.
Contrairement aux crises cycliques classiques, le choc actuel se caractérise par une recomposition complète des cartes économiques mondiales, notamment sous l’effet des politiques commerciales agressives et des droits de douane imposés par certaines grandes puissances. Comme l’explique Eric Bertrand : « Quand Trump met 1000 commerçants dans une lessiveuse, il peut jouer sur l’essorage. Et ça n’a pas fini de tourner ». Cette métaphore illustre parfaitement la volatilité et l’imprévisibilité des marchés actuels.
Les mécanismes du choc tarifaire
L’ampleur des droits de douane annoncés a surpris la plupart des observateurs, représentant deux à trois fois ce qu’attendaient les intervenants sur les marchés. Cette violence dans l’annonce, combinée à une volonté affirmée de négociation, a créé des ondes de choc immédiates sur l’ensemble des places financières mondiales.
Ce qui différencie ce choc des crises précédentes, c’est sa nature multifactorielle : politiques commerciales agressives, tensions géopolitiques, incertitudes budgétaires et remontée brutale des taux d’intérêt créent un cocktail explosif qui teste la résilience des marchés financiers.
L’impact des politiques commerciales sur les marchés mondiaux
Les décisions politiques en matière de commerce international ont des répercussions directes et immédiates sur les marchés financiers. Eric Bertrand souligne particulièrement l’importance des droits de douane comme élément déclencheur de la volatilité actuelle.
La particularité des mesures tarifaires réside dans leur mise en œuvre rapide : « Il peut signer des décrets, tandis que les autres points nécessitent de passer par le Congrès ». Cette capacité d’action directe du pouvoir exécutif américain explique en partie la soudaineté et l’intensité des réactions des marchés.
L’effet domino sur l’économie réelle
Pour illustrer l’impact concret de ces politiques, Eric Bertrand prend l’exemple frappant de l’iPhone : « Aujourd’hui, tu achètes ton iPhone à 6000$. Avec les droits de douane, il pourrait passer entre 2000 et 2300$ de plus ». Cette augmentation significative du prix des produits de consommation courante démontre comment les décisions commerciales se répercutent directement sur le pouvoir d’achat des ménages et, par extension, sur l’ensemble de l’économie.
Les marchés européens, et particulièrement l’Allemagne et la France, ont réagi avec une certaine résilience, montrant selon Eric Bertrand que « l’Europe semble avoir clairement pris son destin en main ». Cette prise de conscience européenne représente un élément positif dans un contexte autrement préoccupant.
La réaction des marchés financiers face à l’incertitude
La violence de la réaction des marchés face aux annonces politiques s’explique par plusieurs facteurs structurels. Eric Bertrand identifie particulièrement la remontée brutale des taux d’intérêt comme élément déclencheur des corrections boursières.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « On a remonté de taux d’intérêt en 3 jours sur le 10 ans américain de 3,87% à 4,5% ». Une telle amplitude sur une si courte période ne s’était pas vue depuis 25 ou 30 ans, ce qui témoigne de l’extraordinaire volatilité du contexte actuel.
La différence fondamentale entre actions et dette
Eric Bertrand souligne une distinction cruciale : « Les actions, ce n’est pas pareil. Il y a beaucoup de momentum, on suit le discours, le narratif. Par contre, il y a un truc où ça s’arrête très vite, c’est la dette et le financement, la liquidité ». Cette différence explique pourquoi les marchés obligataires réagissent souvent plus violemment que les marchés actions face aux incertitudes politiques et économiques.
L’exemple britannique de Liz Truss, dont le plan économique « a duré cinq semaines », montre à quel point les marchés peuvent sanctionner rapidement les politiques considérées comme irresponsables en matière de financement public.
Les opportunités d’investissement en période de turbulence
Contrairement à l’intuition populaire, les périodes de volatilité et d’incertitude représentent des opportunités d’investissement exceptionnelles pour les investisseurs avisés. Eric Bertrand partage plusieurs stratégies pour identifier et capitaliser sur ces opportunités.
La première règle consiste à ne pas céder à la panique et à maintenir une vision à long terme. Comme le rappelle Eric Bertrand, les marchés financiers ont toujours surmonté les crises, et ceux qui ont su garder leur sang-froid ont été récompensés.
Les secteurs résilients en période de crise
Certains secteurs démontrent une résilience particulière face aux turbulences économiques :
- Les valeurs défensives (santé, utilities, consommation de base)
- Les technologies essentielles
- Les infrastructures critiques
- Les matières premières stratégiques
Eric Bertrand souligne également l’importance de la diversification géographique, notant que « l’Europe semble avoir clairement pris son destin en main », ce qui pourrait représenter une opportunité intéressante pour les investisseurs.
Le timing d’entrée sur les marchés
La question du timing est cruciale en période de volatilité. Eric Bertrand recommande une approche de moyennisation (dollar-cost averaging) plutôt que de tenter de timer le marché parfaitement. Cette stratégie consiste à investir des montants fixes à intervalles réguliers, permettant de lisser le prix d’achat moyen sur la durée.
La méthode personnelle d’Eric Bertrand pour construire un patrimoine
L’un des moments les plus attendus de l’entretien concerne la méthode personnelle qu’Eric Bertrand utilise pour construire le patrimoine de ses enfants. Cette approche, éprouvée par un professionnel gérant 200 milliards d’euros, offre des enseignements précieux pour tout investisseur.
Eric Bertrand applique pour ses enfants les mêmes principes que ceux qu’il recommande aux investisseurs institutionnels, mais adaptés à un horizon de placement plus long : « J’ai ouvert des comptes pour mes gamins pour un achat de première maison dans 15 ans ». Cette vision à très long terme lui permet d’adopter des stratégies plus audacieuses et de mieux supporter la volatilité à court terme.
Les piliers de sa stratégie patrimoniale
La méthode d’Eric Bertrand repose sur plusieurs principes fondamentaux :
- Diversification systématique : ne jamais concentrer ses investissements sur un seul actif ou une seule classe d’actifs
- Horizon long terme : investir avec une perspective de 10 à 20 ans minimum
- Réinvestissement des dividendes : capitaliser sur les intérêts composés
- Adaptation progressive : faire évoluer la stratégie en fonction de l’âge et des objectifs
Cette approche méthodique contraste avec le comportement de nombreux investisseurs particuliers qui cherchent souvent des gains rapides au détriment d’une stratégie cohérente sur le long terme.
Gestion d’actifs : fonds actifs vs fonds passifs
Une question cruciale pour tout investisseur concerne le choix entre fonds actifs et fonds passifs (ETF). Eric Bertrand apporte un éclairage précieux sur ce débat, en tant que professionnel qui manage à la fois des fonds actifs et observe la montée en puissance des ETF.
La question est particulièrement pertinente « quand on regarde leurs excellents résultats » récents, note Eric Bertrand. Les performances impressionnantes des ETF ces dernières années ont en effet conduit de nombreux investisseurs à remettre en question la pertinence des frais plus élevés des fonds actifs.
Les avantages respectifs des deux approches
Eric Bertrand identifie des avantages spécifiques à chaque approche :
| Fonds actifs | Fonds passifs (ETF) |
| Gestion adaptative en période de crise | Frais de gestion réduits |
| Potentiel de surperformance | Transparence totale |
| Expertise sectorielle | Diversification immédiate |
| Gestion du risque active | Liquidité élevée |
La conclusion d’Eric Bertrand est nuancée : « La question n’est pas de choisir l’un ou l’autre, mais de savoir quand utiliser chaque outil ». Les fonds actifs peuvent apporter une réelle valeur ajoutée dans les marchés complexes et volatils, tandis que les ETF offrent une solution efficace pour la partie cœur de portefeuille.
Les erreurs à éviter en période de crise économique
L’expérience d’Eric Bertrand lui permet d’identifier clairement les pièges dans lesquels tombent de nombreux investisseurs pendant les périodes de turbulence économique. Connaître ces erreurs permet de les éviter et de préserver son capital.
La première erreur, et sans doute la plus courante, consiste à vendre sous l’effet de la panique. Comme le rappelle Eric Bertrand, « les marchés ont toujours rebondi après les crises ». Vendre au plus bas de la crise revient à cristalliser ses pertes et à se priver de la reprise ultérieure.
Les pièges comportementaux
Plusieurs biais comportementaux guettent les investisseurs en période de crise :
- L’excès de confiance : croire que l’on peut prévoir le moment exact du rebond
- L’aversion aux pertes : refuser de vendre des positions perdantes par orgueil
- Le mimétisme : suivre la foule dans ses mouvements de panique
- Le court-termisme : oublier ses objectifs de long terme
Eric Bertrand insiste particulièrement sur l’importance de rester discipliné et de respecter son plan d’investissement initial, même lorsque les émotions poussent à agir différemment.
La sur-réaction aux actualités
Un autre écueil identifié par Eric Bertrand concerne la tendance à sur-réagir aux actualités économiques. Il note que « les marchés anticipent souvent les événements bien avant qu’ils ne se produisent », ce qui signifie que vendre après une mauvaise nouvelle revient souvent à vendre au plus bas.
La vision à long terme : préparation de la prochaine génération
L’approche patrimoniale d’Eric Bertrand pour ses enfants offre des enseignements précieux sur la préparation financière des générations futures. Sa méthode combine pragmatisme et vision long terme, avec des applications concrètes pour tout investisseur soucieux de transmettre un patrimoine.
L’objectif affiché est clair : « un achat de première maison dans 15 ans ». Cette précision dans l’horizon d’investissement permet de construire une stratégie cohérente et adaptée, loin des spéculations à court terme qui caractérisent souvent l’investissement particulier.
Les principes éducatifs en matière financière
Au-delà de la simple construction patrimoniale, Eric Bertrand insiste sur l’importance d’éduquer les jeunes générations aux principes de base de la finance :
- Comprendre la valeur de l’argent et de l’épargne
- Appréhender les mécanismes des intérêts composés
- Développer une culture de l’investissement responsable
- Apprendre à gérer le risque de manière éclairée
Cette dimension éducative est essentielle pour Eric Bertrand, qui considère que « la meilleure transmission est celle qui inclut la connaissance ». Un patrimoine transmis sans la compréhension des principes qui ont permis de le construire risque en effet d’être rapidement dilapidé.
Les instruments privilégiés pour les jeunes
Pour ses enfants, Eric Bertrand privilégie des instruments adaptés à un horizon long terme : assurance-vie, PEA, et certains fonds actions mondiaux avec des perspectives de croissance solides. La clé réside dans la régularité des versements et la patience, deux vertus cardinales de l’investissement réussi selon le gestionnaire expérimenté.
Questions fréquentes sur l’investissement en période de crise
Cette section répond aux interrogations les plus courantes que se posent les investisseurs face aux turbulences économiques actuelles, en s’appuyant sur l’expertise et les conseils d’Eric Bertrand.
Faut-il liquidier ses positions en cas de crise ?
Absolument pas, répond catégoriquement Eric Bertrand. L’histoire des marchés financiers montre que ceux qui ont conservé leurs positions pendant les crises ont été récompensés sur le long terme. La liquididation en période de panique transforme les pertes potentielles en pertes réelles et prive l’investisseur de la reprise ultérieure.
Comment identifier le bon moment pour réinvestir ?
Eric Bertrand recommande une approche méthodique plutôt qu’une tentative de timing parfait : « La moyennisation est votre meilleure alliée ». En investissant des montants fixes à intervalles réguliers, vous lissez votre prix d’achat moyen et évitez le piège de chercher le moment parfait pour investir.
Quelle part du portefeuille doit rester liquide ?
La réponse dépend de votre situation personnelle, mais Eric Bertrand suggère de conserver 6 à 12 mois de dépenses courantes en liquidités. Cette réserve de sécurité permet de faire face aux imprévus sans être contraint de vendre des investissements au mauvais moment.
Les cryptomonnaies ont-elles leur place dans un portefeuille crise ?
Eric Bertrand adopte une position prudente : « Les cryptomonnaies peuvent représenter une petite partie spéculative d’un portefeuille, mais jamais le cœur de la stratégie ». Leur volatilité extrême les rend inadaptées comme valeur refuge en période de turbulence.
L’analyse approfondie d’Eric Bertrand nous livre des enseignements précieux pour naviguer dans les eaux troubles des marchés financiers actuels. Loin de représenter une simple menace, les périodes de crise et de volatilité offrent des opportunités uniques pour ceux qui savent adopter la bonne approche. La clé du succès réside dans la combinaison de plusieurs principes fondamentaux : une vision long terme, une diversification rigoureuse, une discipline inébranlable face aux émotions du marché, et surtout, la capacité à voir au-delà de l’horizon immédiat des turbulences.
La méthode personnelle qu’Eric Bertrand applique pour ses enfants démontre l’importance de commencer tôt et de maintenir le cap, quel que soit le contexte économique. Comme le rappelle le gestionnaire expérimenté, « les marchés ont toujours surmonté les crises, et ceux qui ont su garder leur sang-froid ont été récompensés ». Cette perspective historique doit nous guider dans nos décisions d’investissement, surtout lorsque l’incertitude semble dominer.
Pour mettre en pratique ces enseignements, commencez dès aujourd’hui par revoir votre stratégie d’investissement à l’aune des principes partagés par Eric Bertrand. Établissez un plan clair, diversifiez vos actifs, et surtout, gardez le cap face aux inévitables turbulences des marchés. Votre future sécurité financière vous remerciera de cette discipline.