Qu’est-ce que l’humilité culturelle ?

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

Points clés

  • L’humilité culturelle reconnaît que, dans de nombreuses disciplines, les professionnels doivent tenir compte des préjugés qu’ils ont personnellement.
  • Certains experts estiment que la combinaison de l’humilité culturelle et de la compétence culturelle aide les praticiens à travailler plus efficacement avec les clients.
  • Nous sommes mieux équipés pour travailler avec des populations peu familières lorsque nous avons une connaissance préalable des clients individuels et de leur culture.

Vous avez entendu parler de ce concept aux informations et l’avez sans doute vu dans la presse, précédé d’un hashtag : #CulturalHumility. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Les principes de compétence culturelle sont intégrés dans la plupart des lieux de travail et adoptés socialement. Cependant, lorsque nous ajoutons la notion d’humilité, nous reconnaissons une dimension supplémentaire de la sensibilité culturelle.

Les chercheurs considèrent la compétence culturelle et l’humilité culturelle comme deux disciplines différentes, liées par l’accent mis sur la reconnaissance et la célébration des différences entre les groupes de personnes. Pourtant, il existe des divergences d’opinion quant à la manière dont ces concepts s’articulent.

Image by Free-Photos from Pixabay
Source : Image par Free-Photos de Pixabay

La différence entre la compétence culturelle et l’humilité culturelle

Ella Greene-Moton et Meredith Minkler (2020), en discutant de la compétence culturelle et de l’humilité culturelle, décrivent la croyance selon laquelle il faut choisir l’une plutôt que l’autre comme un faux choix[i]. Elles affirment que les deux concepts ont été générés à la suite de la reconnaissance croissante du fait que dans de nombreux secteurs, y compris la médecine, la santé publique, le travail social et d’autres disciplines, les professionnels doivent prendre en compte et traiter les préjugés qu’ils entretiennent personnellement.

l’article continue après l’annonce

Greene-Moton et Minkler reconnaissent que ces deux concepts peuvent être utilisés de manière productive pour encourager l’autoréflexion et la pratique réflexive lorsqu’il s’agit d’évaluer et de répondre à des éléments tels que l’orientation sexuelle, la capacité ou le handicap, l’identité de genre, ainsi qu’une variété d’autres dimensions qui sont malheureusement caractérisées par le privilège, le déséquilibre du pouvoir et l’injustice qui ont un impact sur la santé et le bien-être.

Peter V. Nguyen et al. (2020) ont examiné la compétence culturelle et l’humilité culturelle en tant que pratique complète[ii]. Ils reconnaissent la nécessité pour les praticiens du travail social d’avoir des connaissances et des compétences adaptées à la culture pour fournir un service efficace aux clients issus de diverses populations, et d’intégrer l’humilité professionnelle en s’informant sur les nuances culturelles qui existent au sein de différentes populations afin d’éviter de succomber à des préjugés ou des stéréotypes personnels.

Nguyen et al. notent que bien que certaines personnes aient préconisé l’humilité culturelle plutôt que la compétence culturelle, ils pensent qu’il est nécessaire de pratiquer les deux. Ils reconnaissent que, parce qu’il peut être difficile de travailler avec des populations diverses, la combinaison des deux concepts peut permettre aux praticiens de travailler plus efficacement avec les clients. Ils reconnaissent que les praticiens sont mieux équipés pour travailler avec des populations peu familières lorsqu’ils ont des connaissances préalables sur les clients individuels ainsi que sur leurs cultures.

Comparaison critique

Ransford Danso (2018), qui se livre à une comparaison critique des concepts de compétence culturelle et d’humilité culturelle[iii], note que l’humilité culturelle est souvent promue pour son  » attrait sémantique « , ce qui lui évite d’être soumise à des analyses critiques. En ce qui concerne les pratiques culturellement compétentes, il affirme qu’au lieu de rejeter des outils de pratique potentiellement efficaces, les adapter et les mettre à jour pour qu’ils soient cohérents avec les développements actuels produiraient un niveau plus élevé de pertinence éclairée dans une culture de la diversité et de la différence.

En critiquant les points forts de l’humilité culturelle, Danso reconnaît toutefois sa capacité à libérer les praticiens du fardeau de devoir revendiquer une connaissance experte des autres cultures. Il décrit cette « dynamique libératrice » comme permettant aux praticiens de fournir des services et de s’engager de manière significative avec les clients, malgré les différences culturelles. Il note que l’humilité culturelle place le praticien en mode d’apprentissage plutôt qu’en position de pouvoir, de contrôle et d’autorité, en particulier en ce qui concerne les expériences culturelles où le client possède des connaissances supérieures.

Apparemment, les deux concepts sont valables, à la fois séparément et en combinaison, à différents égards. Apprendre à intégrer des pratiques sensibles à la culture dans nos vies, tant sur le plan personnel que professionnel, est une partie de plus en plus importante de la création d’une culture d’inclusion et de respect.

Références

[i] Greene-Moton, Ella, et Meredith Minkler. 2020. « Compétence culturelle ou humilité culturelle ? Moving beyond the Debate ». Health Promotion Practice 21 (1) : 142–45. doi:10.1177/1524839919884912.

[ii] Nguyen, Peter V., Matthias Naleppa, et Lopez Yeimarie. 2020. « Compétence culturelle et humilité culturelle : A Complete Practice ». Journal of Ethnic & Cultural Diversity in Social Work : Innovation in Theory, Research & Practice, avril. doi:10.1080/15313204.2020.1753617.

[iii] Danso, Ransford. 2018. « Compétence culturelle et humilité culturelle : Une réflexion critique sur les concepts clés de la diversité culturelle. » Journal of Social Work 18 (4) : 410–30. doi:10.1177/1468017316654341.