Points clés
- Il existe quatre types d’excuses, chacun ayant des caractéristiques et des effets différents. Le premier est le « désolé » passif-agressif et cynique.
- Le « désolé » en minuscule maintient l’empathie et le rapport de base. Le « sorry » majuscule inclut la prise de responsabilité pour son rôle dans la rupture.
- Le ludique « soorry 🙂 » ne se contente pas d’une tentative de réparation, il insuffle aussi du jeu et du mouvement.
- La maîtrise des quatre excuses vous aidera à accroître l’intimité et la confiance dans votre relation.

Les partenaires s’excusent (ou ne s’excusent pas) tout le temps. Mais souvent, ces excuses n’ont pas l’effet escompté. Parfois, des excuses mal utilisées peuvent même nuire à la relation au lieu de la renforcer. Comment cela se fait-il ?
Car il existe en fait quatre types d’excuses qui peuvent utiliser le même mot, mais qui ont des significations complètement différentes. En apprenant et en maîtrisant les différents types d’excuses, nous pouvons améliorer l’intimité, l’empathie et le rapport dans notre relation.
Le cynique « Désolé ! »
« Désolé de ne pas t’avoir appelé, j’étais occupé avec tes enfants… »
Ce « désolé » n’est pas une excuse mais plutôt une attaque passive-agressive à l’encontre de votre partenaire. Il est utilisé de manière dédaigneuse pour soulager votre partenaire ou pour exprimer indirectement votre frustration ou votre colère. Il est généralement plus sarcastique, martyrisant ou non sincère.
Trop de « désolations » cyniques augmentent en fait l’agressivité et l’attitude défensive dans votre relation. Cela crée une dynamique moins généreuse, moins ouverte, moins empathique.
Le « désolé » minuscule
« Je suis désolé que vous m’ayez attendu pendant deux heures. »
Il s’agit d’un « pardon » empathique, dans lequel vous reconnaissez et validez la douleur ressentie par votre partenaire (que ce soit directement ou indirectement par vos actions). Ce « désolé » vient d’un endroit sincère et construit le rapport et l’intimité. Le « désolé » en minuscules est utile pour les petites ruptures, lorsque vous souhaitez vous joindre à l’expérience de votre partenaire avec empathie.
Trop de « désolations » en minuscules deviennent au fil du temps peu fiables et fausses. Les « désolations » en minuscules mettent l’accent sur la douleur de votre partenaire, mais pas sur votre propre responsabilité. Si vous continuez à vous excuser mais que vous ne modifiez pas votre comportement blessant, votre partenaire aura l’impression que vous l’apaisez et que vous n’assumez pas vraiment votre responsabilité. Il en résultera une plus grande méfiance et une plus grande distance dans la dyade.
La majuscule « Désolé »
« Je suis désolée d’avoir cassé ta tasse préférée. Je n’aurais pas dû la sortir avec les enfants. Je ne pensais pas du tout à toi et je me concentrais uniquement sur mon confort. »
Ces excuses comprennent une auto-confrontation, au cours de laquelle vous assumez la responsabilité de votre contribution à la dynamique. Dans ces excuses, vous ne vous contentez pas de comprendre ce que votre partenaire a ressenti, mais vous réfléchissez également à ce que vous avez fait de mal. Cette responsabilité s’appelle « assumer son ombre », c’est-à-dire reconnaître ses défauts et ses fautes sans se défiler, attaquer ou se défendre. Un tel aveu est non seulement le contraire du gaslighting, mais il montre à votre partenaire ce que sont la responsabilité personnelle et le développement personnel. Pour en savoir plus sur la façon d’assumer davantage votre part d’ombre, cliquez ici.
L’usage excessif du « désolé » majuscule peut devenir lourd et trop effacé. Il peut épuiser la pièce et alourdir chaque rupture, exigeant une réflexion et une discussion approfondies, ce qui est parfois exagéré.
Joueur « Soorry 🙂«
« J’ai oublié de vous offrir un verre de vin, ma chère, Soorry 🙂«
Ce dernier « désolé » est essentiellement une tentative de réparation ludique visant non seulement à présenter des excuses, mais aussi à rendre la situation plus amusante. Il signale à votre partenaire que vous ne vouliez pas lui faire de mal et que vous souhaitez rester proche et bon enfant. Il s’agit d’une excuse délicate, car elle doit être suffisamment sincère pour que votre partenaire vous croie, mais aussi suffisamment ludique pour détendre l’atmosphère.
L’excès de « Soorry 🙂 » peut sembler moqueur ou dépréciatif, votre partenaire ayant l’impression que vous ne prenez pas sa douleur au sérieux.
Comment maîtriser les quatre types de désapprobation
Une fois que vous aurez pris conscience des différents types d' »excuses », vous pourrez commencer à les utiliser consciemment dans votre relation et profiter des avantages liés à la maîtrise des excuses.
Tout d’abord, partagez cet article avec votre partenaire et clarifiez les quatre types d' »excuses » afin que vous puissiez tous deux profiter d’une dynamique d’excuses plus nuancée. Réfléchissez au type de « pardon » que chacun d’entre vous utilise le plus souvent. Commencez ensuite à intégrer d’autres types d’excuses en fonction de la situation.
Voici quelques bonnes pratiques concernant les quatre types d’excuses :
- Réduisez autant que possible le cynisme du « désolé ». Il nuit à votre relation. Mieux vaut ne pas s’excuser du tout que de présenter de fausses excuses ou des excuses passives-agressives.
- Utilisez la minuscule « désolé » pour les petits litiges.
- Pour les ruptures plus graves, prenez quelques instants, réfléchissez à votre contribution à la situation et offrez ensuite un sincère « désolé » majuscule.
- En règle générale, il convient de privilégier les « sorry » majuscules ( ), qui créent une atmosphère de responsabilité personnelle au sein de la dyade. Après le « désolé » majuscule, utilisez le « désolé » minuscule, qui crée et maintient une empathie de base. Ce n’est qu’après avoir maîtrisé ces deux excuses que vous commencerez à explorer l’aspect ludique du « soorry 🙂 », qui nécessite davantage de jeu et de confiance. Pour en savoir plus sur la manière d’introduire plus de jeu dans votre communication, cliquez ici.
Lorsque vous recevez des excuses de votre partenaire, restez curieux, empathique et généreux.
- S’il vous répond par un « désolé » cynique, au lieu de vous offusquer, demandez-lui ce qu’il veut dire.
- Lorsqu’il s’agit d’un « désolé » minuscule, remerciez-le de vous avoir reçu.
- Lorsqu’ils s’excusent, remerciez-les d’avoir assumé leur part d’ombre et résistez à la tentation de les cuisiner, de leur faire la morale ou de profiter de leurs excuses pour montrer à quel point ils avaient tort.
- Lorsqu’il propose un « soorry 🙂 » enjoué, allez vers son offre avec enjouement.
Il n’est jamais trop tard pour s’excuser.
La question est de savoir de quel « désolé » il s’agit.

