Le pardon peut être très bénéfique pour nos relations. Pour ne citer que quelques avantages, le fait de pardonner une transgression réduit la tension artérielle des victimes et de leurs partenaires fautifs,1 et augmente la satisfaction de la victime dans sa vie et son humeur positive.2 Les chercheurs commencent également à comprendre ce qu’il faut pour pardonner ; par exemple, nous sommes plus enclins à pardonner à nos partenaires lorsqu’ils s’excusent (c’est-à-dire qu’ils font amende honorable) pour leur mauvais comportement. Mais que se passe-t-il lorsque nous pardonnons à quelqu’un qui n’a pas essayé de se racheter ? Dans une série de quatre études, Laura Luchies et ses collègues ont constaté que le fait de pardonner à un partenaire qui ne fait pas amende honorable après un acte répréhensible érode l’estime de soi de la victime et la clarté de son concept de soi (la mesure dans laquelle nous avons une idée claire de nous-mêmes).3 En d’autres termes, il semble que nous perdions le respect de nous-mêmes et que nous nous sentions plus confus quant à notre identité si nous pardonnons à un partenaire qui n’a pas présenté d’excuses.
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Il est intéressant de noter que lorsque les partenaires fautifs essaient de réparer leur mauvais comportement, le fait de leur pardonner renforce l’ estime de soi et la clarté du concept de soi des victimes.3 Les auteurs ont expliqué que le fait d’offrir des excuses indique aux victimes qu’elles sont en sécurité et valorisées dans leur relation, et donc que lorsque les partenaires s’excusent pour leur mauvais comportement, les victimes se sentent plus en sécurité si elles choisissent de pardonner. En revanche, lorsque les partenaires ne s’excusent pas ou s’excusent faiblement, par exemple en présentant des excuses peu sincères, cela suggère aux victimes qu’elles ne sont pas terriblement appréciées dans leur relation, et les victimes qui pardonnent le mauvais comportement se sentent donc plus mal dans leur peau (comme si elles étaient un paillasson sur lequel leur partenaire peut marcher). En résumé, si votre partenaire s’excuse pour ses actes répréhensibles, pardonner peut être très sain pour vous, mais vous devez être prudent lorsque vous pardonnez à un partenaire qui n’a pas fait amende honorable pour une transgression.
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1Hannon, P. A., Finkel, E. J., Kumashiro, M. et Rusbult, C. E. (2012). The soothing effects of forgiveness on victims’ and perpetrators’ blood pressure. Personal Relationships, 19, 279-289.
2Bono, G., McCullough, M. E. et Root, L. M. (2008). Forgiveness, feeling connected to others, and well-being : Two longitudinal studies. Personality and Social Psychology Bulletin, 34, 182-195.
3Luchies, L. B., Finkel, E. J., McNulty, J. K. et Kumashiro, M. (2010). The doormat effect : When forgiving erodes self-respect and self-concept clarity. Journal of Personality and Social Psychology, 98, 734-749.

Sarah Stanton, M.Sc. – Articles surla science des relations | Site web/CV
Sarah s’intéresse à la manière dont différents types de personnes pensent, ressentent et se comportent dans les relations, aux résultats positifs et négatifs des relations associés à une faible capacité d’autorégulation, et à la manière dont les expériences relationnelles influencent la poursuite d’objectifs, les réactions corporelles au stress et les résultats en matière de santé mentale et physique.