
Même dans les meilleures relations, les individus peuvent manquer d’informations sur certains partenaires (romantiques ou non). Par exemple, comme nous l’avons vu précédemment, les partenaires anxieusement attachés sont plus susceptibles de harceler leur partenaire sur Facebook pour tenter d’apaiser leur anxiété et (espérons-le) de confirmer la dévotion éternelle de leur partenaire. Ces résultats suggèrent que les individus utilisent l’internet comme un moyen de faire face à leur propre désir d’en savoir plus sur l’autre.
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Plus précisément, des chercheurs de l’université d’Hawaï à Mãnoa ont appliqué ce que l’on appelle la théorie de la gestion motivée de l’information (TMIM) pour étudier la probabilité que les internautes recherchent des informations sur un proche.1 En bref, la TMIM suggère que l’utilisation d’Internet pour espionner les autres se produit lorsque les individus estiment qu’ils ne disposent pas d’autant d’informations qu’ils le souhaiteraient sur quelqu’un. La perception d’un manque d’informations les rend anxieux et les incite à trouver un moyen de réduire cette divergence d’informations anxiogène.
Les chercheurs ont demandé à plus de 600 personnes (2/3 étaient des étudiants de premier cycle ; l’autre 1/3 était constitué d’amis non étudiants ou de membres de la famille de certains de ces étudiants) de répondre à un certain nombre de questions « sur une relation interpersonnelle spécifique dans laquelle ils sont actuellement impliqués ». Bien que la plupart des participants aient parlé d’un partenaire romantique (38 %, y compris les partenaires sérieux et les conjoints), beaucoup ont mentionné des amis proches (25 %), des meilleurs amis (18 %) et des partenaires occasionnels (15 %) ; un petit sous-ensemble (4 %) a parlé d’un membre de la famille (4 %).
Pour tester le modèle, tous les participants ont effectué un certain nombre de mesures qui s’appuient sur différentes composantes du TMIM :
Divergence d’incertitude à propos d’un partenaire: par exemple, combien d’informations voulez-vous connaître sur la vie de votre partenaire ? par rapport à combien d’informations connaissez-vous sur la vie de votre partenaire?
Anxiété face à ce décalage: par exemple, ma relation avec mon partenaire me rend anxieux.
Attentes en matière de résultats: par exemple, une recherche en ligne d’informations sur mon partenaire produirait des informations [extrêmement négatives/extrêmement positives].
Efficacité d’adaptation: par exemple, je me sens capable de gérer la découverte d’informations sur mon partenaire que j’ai trouvées en ligne.
Efficacité de l’Internet: par exemple, je me sens à l’aise pour utiliser un logiciel Internet afin de rechercher des informations sur mon partenaire.
Recherche d’informations en ligne: par exemple, je regarde les commentaires, les photos et/ou les messages écrits sur mon partenaire.
Qu’ont-ils trouvé ?
Comme pour d’autres formes de recherche d’informations (telles que, oh je ne sais pas, le simple fait de parler à quelqu’un directement), tout découle d’un écart d’incertitude ou de la perception que vous n’en savez pas assez sur la vie d’un partenaire spécifique. Ceux qui ont ressenti le besoin d’en savoir plus ont éprouvé plus d’anxiété. Or, l’anxiété en soi motive les gens à rechercher des informations sur les personnes importantes de leur vie. Mais c’est là que le bât blesse : l’anxiété a également rendu les gens moins confiants dans le fait que l’espionnage révélerait de bonnes informations et a sapé leur confiance dans leur capacité à faire face efficacement à ce qu’ils découvriraient. En d’autres termes, l’anxiété nous incite à rechercher des informations sur d’autres personnes, mais nuit à la façon dont nous pensons nous sentir face à ces informations… Aïe.
Le modèle a fonctionné différemment selon les types de relations, la différence la plus intéressante étant peut-être que les individus étaient moins susceptibles d’essayer d’obtenir des informations sur leurs meilleurs amis par le biais d’une recherche en ligne. En réalité, nous demandons probablement à nos meilleurs amis lorsque nous voulons savoir quelque chose (être un meilleur ami comporte des avantages, apparemment).
D’un point de vue scientifique, ces résultats sont importants car ils fournissent des informations de base sur la mesure dans laquelle la recherche d’informations en ligne fonctionne de la même manière que d’autres formes de recherche d’informations sur les partenaires (résumé : c’est en grande partie la même chose). D’un point de vue personnel, l’utilité de ce travail pourrait être de mettre en évidence le rôle des divergences d’information – ou le fait de percevoir que nous n’en savons pas autant que nous le voudrions – pour encourager les gens à chercher des informations sur leurs partenaires. Mais il ne faut pas oublier que l’iSnooping manque souvent de contexte et d’autres détails importants qui aident les gens à savoir ce qu’il faut penser des informations qu’ils découvrent. Cette absence de contexte peut très bien alimenter l’anxiété déjà ressentie. Ne sous-estimez donc jamais le pouvoir du simple fait de parler à quelqu’un lorsque vous avez l’impression d’être dans le noir à propos de quelque chose qui compte vraiment pour vous et votre relation.
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Dr. Tim Loving – Science of Relationships articles | Website/CV
Les recherches du Dr Loving portent sur l’impact sur la santé mentale et physique des transitions relationnelles (par exemple, tomber amoureux, rompre) et sur le rôle des amis et de la famille dans l’adaptation à ces transitions. Il a été rédacteur en chef adjoint de la revue Personal Relationships et ses recherches ont été financées par le National Institute of Child Health and Human Development (Institut national de la santé infantile et du développement humain).
Source de l’image : www.ealuxe.com/things-you-didnt-know-about-facebook/ ![]()
