Premiers, meilleurs, pires, interdits et regrettés : baisers et embrassades

Il y a de fortes chances que vous ayez eu votre premier baiser en participant à un jeu de baisers – vous savez, ces jeux séculaires comme Spin-the-Bottle, Seven Minutes in Heaven et Run-Chase-Kiss ? Ces jeux se déroulent généralement lors du passage de l’enfance à l’adolescence (et peut-être lors de quelques fêtes de bureau plus tard dans la vie, mais n’en parlons pas).

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Mais qu’en est-il de votre premier « vrai » baiser dans un contexte véritablement romantique ou sexuel ? La plupart des gens se souviennent très clairement de leur premier baiser. Pour de nombreuses filles, ce baiser peut entraîner des changements dans leur sentiment d’être une personne sexuelle.1 D‘autres premiers baisers sont également remarquables. Le premier baiser dans une nouvelle relation est un événement particulièrement étourdissant, la nouveauté d’un nouveau partenaire dure un certain temps et la recherche suggère que nous utilisons cette expérience du baiser pour trier les personnes avec lesquelles nous avons une bonne compatibilité génétique.2 À un moment donné, la plupart des relations romantiques passent de la phase des montagnes russes caractérisée par des baisers passionnés à la phase plus stable et affectueuse de l’amour compagnon.3 Comment le baiser change-t-il au cours de cette transition ?

Une enquête menée auprès de 695 adultes (18-67 ans) a révélé que ceux qui en sont aux premiers stades d’une relation amoureuse estiment qu’ils s’embrassent environ 55 fois par semaine, tandis que ceux qui ont une relation plus établie estiment qu’ils s’embrassent environ trois fois par jour (au revoir, bonjour, bonne nuit ?).4 Ces différences sont intéressantes en elles-mêmes. Mais les chercheurs ont également demandé aux participants de décrire en détail les différents types de baisers qu’ils ont reçus, en commençant par leur tout premier baiser, et les descriptions sont fascinantes.

Les premiers baisers ont généralement eu lieu au début ou au milieu de l’adolescence, le plus souvent avec un partenaire. Et l’émotion prédominante qui caractérise ces premiers baisers ? La nervosité. Pourtant, lorsqu’on leur pose la question, la plupart d’entre eux ne changent rien à cette expérience.

Les personnes interrogées se souviennent que les meilleurs baisers ont été échangés avec leur partenaire actuel (47 %), un partenaire précédent (34 %) ou un coup de foudre (19 %). La passion (35 %), le sentiment amoureux (23 %), l’anticipation ou la surprise (33 %), ou encore l’émotion liée à l’identité de la personne (16 %) sont les éléments qui ont le plus marqué les baisers, plutôt que les aspects techniques d’un bon baiser (12 %), tels qu’une action incroyable sur les lèvres ou une pression et une coordination parfaites : « C’était romantique et délicieux, et tout s’est envolé ».

Les pires baisers impliquent aussi souvent le partenaire actuel (44 %), une connaissance ou un ami (51 %), plutôt qu’un partenaire antérieur (5 %). Ce qui a été le pire, c’est le baiser lui-même, c’est-à-dire l’haleine de café, trop de salive ou les dents qui claquent (52 %), le manque de passion (25 %) ou le fait que le baiser ait été forcé (9 %). Voici quelques citations qui illustrent ce point de vue : « Comme s’il essayait de me manger le visage » et « J’avais l’impression d’embrasser un membre de ma famille ».

Les baisers interdits ont été définis comme des baisers qui ont lieu lorsque l’un ou les deux individus ont déjà un partenaire. Environ la moitié des participants (51 %) ont déclaré avoir embrassé quelqu’un qui n’était pas leur partenaire, même s’ils étaient déjà en couple, et un peu plus (55 %) ont déclaré avoir embrassé quelqu’un dont ils savaient qu’il avait un partenaire. (Les participants pouvaient déclarer les deux types d’expériences, d’où le chevauchement des pourcentages).

Regretted kisses came in two primary forms: “Bad” kisses (see above) and kisses that did not go further.  “The Avoid-Breaking-Up-on-Valentine’s-Day kiss” or “My 2am wince memory. Thank you for reminding me.”

Le plus intéressant a été de demander aux participants s’ils préféraient renoncer à un baiser ou à une fellation. Environ la moitié d’entre eux (49 %) ont répondu qu’ils préféreraient renoncer au sexe oral (aucune différence selon le sexe ou l’orientation sexuelle !), tandis que 23 % ont déclaré qu’ils renonceraient au baiser. Les autres n’ont pas pu se prononcer.

En bref, ces recherches montrent clairement qu’il existe un véritable buffet de baisers, certains plus mémorables que d’autres, et que le baiser ajoute clairement de la valeur à notre expérience. Quelqu’un a écrit un jour : « Les baisers gardés sont gaspillés ». Allez-y et profitez-en.

1O‘Sullivan, L. F., & Brooks-Gunn, J. (2005). The timing of changes in girls’ sexual cognitions and behaviors in early adolescence : A prospective, cohort study » , Journal of Adolescent Health, 37, 211-219.

2Wlodarski, R. & Dunbar, R. I. M. (2013). Examining the possible functions of kissing in romantic relationships « , Archives of Sexual Behavior, 42, 1415-1423.

3 Hatfield, E. et Sprecher, S. (1986). Measuring passionate love in intimate relationships. Journal of Adolescence, 9, 383-410.

4 O’Sullivan, L. F. (2015). First, forbidden, stolen & regretted : Kisses and kissing in the sexual scripts of men and women. Manuscrit en cours de révision.

Dr. Lucia O’Sullivan

Professeur de psychologie – Université du Nouveau-Brunswick

@LuciaOSullivan sur twitter

Les recherches de Lucia portent principalement sur la communication sexuelle et la prise de décision chez les jeunes, la santé sexuelle, le fonctionnement et les changements dans les rôles et les interactions qui définissent les relations intimes des adolescents et des jeunes adultes. Ces dernières années, elle s’est particulièrement intéressée à l’impact de la technologie et des médias sociaux sur les relations intimes, et a étudié des sujets aussi variés que l’infidélité, le fandom, les scénarios romantiques, la pornographie, le sexe oral et le baiser. Elle est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les comportements des adolescents en matière de santé sexuelle et a une longue expérience des collaborations internationales sur les questions relatives à la santé sexuelle et génésique des jeunes.

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