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Points clés
- Les dictateurs prospèrent parce qu’ils semblent forts et efficaces, alors qu’ils sont en réalité arrogants et narcissiques.
- Le cercle intérieur des partisans (« hommes de main ») soutient les mauvais dirigeants parce qu’il partage le pouvoir.
- Trop souvent, nous évaluons l’efficacité des dirigeants sans tenir compte des moyens par lesquels ils réussissent.
- L’antidote à un mauvais leadership est l’engagement et le courage des suiveurs.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, 52 pays dans le monde sont dirigés par des dictateurs, soit plus de 25 % de l’ensemble des nations, couvrant la moitié de la masse continentale de la planète. En outre, certains pays démocratiques sont dirigés par des leaders autoritaires et d’autres aspirent à la dictature. Avec autant de dictateurs au pouvoir, nous devons nous demander : « Pourquoi les gens suivent-ils des dirigeants tyranniques ? »
Une raison évidente est la peur. Les tyrans sont punitifs et soumettent toute personne qui remet en cause leur autorité. Cependant, de nombreuses personnes suivent volontiers des dirigeants tyranniques. Pour mieux comprendre, nous devons explorer la psychologie qui sous-tend les mauvais dirigeants et ceux qui les suivent.
- De nombreuses personnes sont attirées par les leaders autoritaires. Nous apprécions les dirigeants forts et sûrs d’eux. C’est logique, car les gens veulent que leurs dirigeants les protègent. Trop souvent, cependant, les gens confondent l’arrogance et le narcissisme avec la force. Les dirigeants tyranniques sont, par nature, narcissiques, dépourvus d’empathie et confiants au point d’être arrogants. De nombreuses recherches suggèrent que les individus narcissiques sont plus susceptibles d’accéder à des postes de direction. Il est important de noter que nos recherches récentes suggèrent que certaines personnes pensent que les individus tyranniques et intimidants sont les « meilleurs » types de dirigeants, probablement parce qu’ils ont grandi dans des familles qui valorisaient les « tactiques dures » dans la résolution des conflits.
- De nombreux suiveurs ont soif de pouvoir. Jean Lipman-Blumen, dans son livre sur les leaders toxiques, suggère que les suiveurs permettent et soutiennent les mauvais leaders. Ils les aident à accéder à des postes de pouvoir et soutiennent leurs méfaits parce qu’ils sont autorisés à partager le pouvoir. Lipman-Blumen parle de ces mauvais suiveurs, qui se prélassent dans le pouvoir partagé des dirigeants toxiques, et les qualifie d’hommes de main. En outre, certains partisans soutiennent de mauvais dirigeants qui leur donnent ce qu’ils veulent au lieu de se concentrer sur ce qui est bon pour l’ensemble du pays ou de la collectivité.
- La fin justifie les moyens. Trop de gens assimilent l’efficacité à un « bon » dirigeant. Trop souvent, nous nous concentrons sur les résultats, mais nous négligeons de réfléchir à la manière dont ces résultats ont été obtenus. Les dirigeants tyranniques sacrifient les autres dans leur quête de victoire ou de maintien au pouvoir, tandis que leurs partisans détournent le regard.
- Beaucoup d’adeptes sont apathiques. Nous sommes nombreux à mettre nos dirigeants sur un piédestal. Nous les laissons prendre les rênes du pouvoir et nous détournons le regard, en supposant qu’ils feront ce qu’il faut. Il est du devoir des bons disciples de tenir les dirigeants responsables de leurs actions et de les rappeler à l’ordre en cas d’écart de conduite. Mais trop souvent, nous leur donnons un « laissez-passer » ou nous faisons des exceptions pour eux. C’est la raison pour laquelle de nombreux dirigeants s’en tirent avec des comportements méchants ou immoraux que les disciples et d’autres personnes ne pourraient jamais tolérer (« C’est bon parce qu’ils sont le dirigeant »).
Quel est l' »antidote » à un mauvais leadership ?
L’antidote à un mauvais leadership réside dans des partisans courageux et engagés qui servent de garde-fou lorsque le leader se comporte mal ou s’engage dans la mauvaise voie. Pour cela, il est impératif de favoriser un environnement dans lequel les citoyens se sentent habilités et protégés s’ils s’opposent aux mauvais dirigeants et à leurs comportements toxiques.
Références
Lipman-Blumen, J. (2005). The allure of toxic leaders : Pourquoi nous suivons des patrons destructeurs et des politiciens corrompus, et comment nous pouvons leur survivre. New York : Oxford University Press.
Walker, D.O.*, Reichard, R.J., Riggio, R.E. et Hansbrough, T. (2020). Who might support a tyrant ? An exploration of links between adolescent family conflict and endorsement of tyrannical implicit leadership theories. Journal of Leadership and Organizational Studies,27(4). 340-356. https://doi.org/10.1177/1548051820931243
Chaleff, I. (2004). The courageous follower : Standing up for and to our leaders. San Francisco : Berrett-Koehler.