Pourquoi le tai-chi fait-il du bien ?

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Le tai-chi est une ancienne tradition chinoise qui offre une forme d’exercice douce et gracieuse. J’en suis à mon deuxième cours et je l’apprécie vraiment, même si mon Apple Watch indique que le tai-chi n’augmente pas de manière significative mon rythme cardiaque. Les avantages pour la santé fondés sur des données probantes sont considérables : prévention des chutes, arthrose, maladie de Parkinson, réadaptation pour les maladies pulmonaires obstructives chroniques, amélioration des capacités cognitives chez les personnes âgées, dépression, réadaptation cardiaque et post-AVC, et démence (Huston et McFarlane, 2016).

En outre, des données moins probantes font état d’une amélioration du bien-être psychologique, notamment d’une réduction du stress, de l’anxiété, des troubles de l’humeur et d’une augmentation de l’estime de soi (Wang et al. 2010). Comment expliquer ces bienfaits ? Selon la médecine traditionnelle chinoise, le tai-chi agit en équilibrant le yin et le yang et en redistribuant l’énergie qi. La psychologie propose un ensemble d’explications différentes : le tai-chi agit par le biais de mécanismes cognitifs, émotionnels et sociaux.

Effets cognitifs

Les mouvements lents du tai-chi donnent l’impression d’être simples, mais ils demandent en réalité beaucoup de concentration. Il faut garder le contrôle des deux bras, des deux jambes et des hanches, avec des mouvements nouveaux comme la formation d’un crochet avec une main. Un mouvement lent demande plus de concentration qu’un mouvement plus rapide et saccadé. En outre, les mouvements s’accompagnent d’une respiration profonde et contrôlée : lorsque les mains montent ou se rapprochent du corps, et lorsqu’elles descendent ou s’éloignent du corps, elles expirent.

De plus, une courte séquence de tai-chi d’une minute peut nécessiter dix combinaisons de mouvements différentes, chacune d’entre elles comportant quatre mouvements différents des mains et des pieds. Une séquence de cinq minutes peut nécessiter environ 200 actions différentes, sans compter la respiration contrôlée. Le tai-chi impose donc une charge cognitive importante à l’esprit.

Cette charge cognitive empêche mon esprit de vagabonder. J’ai essayé la méditation, mais je n’ai jamais pu la pratiquer plus de 20 secondes parce qu’elle est trop ennuyeuse et que mon esprit vagabonde vers des aspects plus intéressants de ma vie. En revanche, le tai-chi exige une concentration totale, renforcée par mon professeur qui remarque si je ne suis pas les instructions précises. Le fait de penser exclusivement aux mouvements du corps empêche les gens de penser à d’autres aspects plus stressants de leur vie tels que le travail, la santé et les conflits familiaux.

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Le fonctionnement de cette prévention est expliqué par ma théorie de la conscience. Votre cerveau forme de nombreuses représentations mentales qui sont des schémas différents d’allumage dans de grands groupes de neurones. Ces représentations sont en concurrence les unes avec les autres pour l’espace très limité de la conscience, vous ne pouvez garder qu’environ cinq à sept choses à l’esprit en même temps. Les mouvements complexes du tai-chi exigent de nouveaux types de représentations motrices qui prennent le dessus sur la conscience, supplantant les pensées troublantes. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles le tai chi réduit le stress.

Effets émotionnels

Le stress est également une question d’émotions, et le tai-chi a des effets émotionnels qui vont au-delà de la simple compétition cognitive. Les émotions dépendent à la fois de l’évaluation cognitive de la façon dont une situation affecte vos objectifs et de la détection des changements physiologiques, où les évaluations et les changements sont représentés par des représentations neuronales unifiées. Le tai-chi n’augmente pas le rythme cardiaque comme un exercice plus vigoureux, mais la respiration profonde a un impact physiologique comparable à celui de la méditation, en produisant un effet calmant.

La respiration profonde stimule le nerf vague, qui est la partie la plus longue du système nerveux autonome, reliant le cœur, les poumons et le tube digestif. Le fait de calmer le corps envoie des signaux au cerveau qui complètent la réévaluation résultant de l’impossibilité de penser aux aspects stressants de la vie. Le tai-chi réduit le stress en régulant les émotions et en détournant les pensées.

Effets sociaux

La plupart du temps, je pratique le tai-chi seul pendant une vingtaine de minutes, mais les cours sont des événements de groupe, tout comme les rassemblements dans les parcs auxquels participent un grand nombre de personnes, ce que j’espère faire lorsque j’aurai acquis plus de compétences. Le sociologue Randall Collins a souligné l’importance des rituels d’interaction dans lesquels les émotions et l’attention mutuellement concentrées produisent une réalité partagée qui génère de la solidarité. Les rituels d’interaction sont importants dans les observances religieuses, les événements sportifs, les danses et les concerts. Le tai-chi génère de la même manière une énergie émotionnelle à partir de pratiques de groupe, complétant les effets cognitifs et émotionnels individuels sur la réduction du stress.

Références

Huston, P. et McFarlane, B. (2016). Les bienfaits du tai-chi sur la santé : Quelles sont les preuves ? Canadian Family Physician, 62(11), 881-890.

Wang, C., Bannuru, R., Ramel, J., Kupelnick, B., Scott, T. et Schmid, C. H. (2010). Tai Chi on psychological well-being : systematic review and meta-analysis. BMC Complement Altern Med, 10, 23. doi:10.1186/1472-6882-10-23