Un lecteur a récemment posé la question suivante :
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Q : Pourquoi une rupture donne-t-elle l’impression que la personne vous rejette ? Même si vous êtes assez satisfait de vous-même ? Je pense que ce que je demande également, c’est pourquoi, lorsque quelqu’un dit « C’est moi, pas toi », pourquoi cela fait-il encore mal ?
R : Merci d’avoir posé votre question. Le rejet social est douloureux dans presque tous les contextes. Le fait d’être mis à l’écart des autres est pénible parce que cela menace plusieurs de nos besoins fondamentaux, comme notre besoin d’appartenance. De nombreuses expériences ont testé ce phénomène à l’aide d’un jeu informatique appelé « Cyberball ». Dans ce jeu, les participants jouent à un « catch » virtuel en utilisant une souris pour sélectionner les autres joueurs à qui lancer la balle. Les chercheurs ont constaté que lorsque les autres joueurs cessent de lancer la « balle » aux participants, ceux-ci font état d’une baisse de leur estime de soi, de leur sentiment d’appartenance et de contrôle, et déclarent que leur existence a moins de sens. Il est intéressant de noter que les participants signalent ces effets même lorsqu’on leur dit que ce n’est qu’un ordinateur qui les ostracise.1 Il n’est donc pas étonnant que lorsqu’une personne importante vous exclut de sa vie, cela fasse mal.
Malheureusement, lorsque les gens sont rejetés par la société, ils adoptent souvent des comportements autodestructeurs, tels que s’en prendre aux autres (par exemple, « je vous emmerde, je rentre chez moi ») ou se blâmer (par exemple, « qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »).2 La rupture implique non seulement des réactions émotionnelles telles que la tristesse, mais aussi des processus cognitifs tels que l’incapacité à cesser de penser à un ex-partenaire. L’ampleur du chagrin que vous ressentez dépend réellement de votre proximité avec le « rejeteur ». Plus un couple était proche et intime, plus les identités de chacun des partenaires étaient imbriquées.3 Dans une étude menée pour vérifier cette hypothèse, on a demandé à des personnes de s’évaluer elles-mêmes et d’évaluer leur partenaire intime sur des critères tels que « drôle » et « intelligent ». On leur a ensuite présenté ces mots sur des ordinateurs et on leur a demandé de sélectionner des mots qui ne décrivaient qu’eux-mêmes, aussi vite qu’ils le pouvaient. Les chercheurs ont constaté que les personnes qui avaient rompu avec leur partenaire et qui étaient en train de faire le deuil de la relation avaient du mal à choisir les traits qui les décrivaient elles-mêmes plutôt que leur ex-partenaire – elles commettaient beaucoup d’erreurs. En d’autres termes, ils confondaient leur propre identité avec celle de leur partenaire, même après la fin de la relation.4
Par conséquent, lorsqu’un ex vous rejette et que votre identité est étroitement liée à la sienne, l’excuse « Ce n’est pas toi, c’est moi » ne tient pas la route – « toi » et « moi », c’est la même chose. Lorsque vous vous faites larguer, vous avez dans une certaine mesure l’impression que c’est vous qui êtes en cause. Heureusement, au fur et à mesure que vous vous séparez de cette personne et que vous rétablissez votre propre identité, cette perception change.4 Tenez bon.
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1Zadro, L., Williams, K. D., & Richardson, R. (2004). How long can you go ? Ostracism by a computer is sufficient to lower self-reported feelings of belonging, control, self-esteem, and meaningful existence. Journal of Experimental Social Psychology, 40, 560-567.
2Blackhart, G. C., Baumeister, R. F. et Twenge, J. M. (2006). Rejection’s impact on self-defeating, prosocial, antisocial, and self-regulatory behaviors. Dans K. D. Vohs & E. J. Finkel (Eds.), Self and Relationships : Connecting intrapersonal and interpersonal processes, pp. 237-243. New York : Guilford Press.
3Aron, A., Aron, E. N., & Smollen, D. (1991). Inclusion of the other in the self scale and the structure of interpersonal closeness. Journal of Personality & Social Psychology, 63, 596-612.
4Boelen, P. A., & van den Hout, M. A. (2010). Inclusions of the other in the self and break-up related grief following relationship dissolution. Journal of Loss & Trauma, 15, 534-547.
Dr. Jennifer Harman – Adventures in Dating… | Science of Relationships articles | Website/CV
Les recherches du Dr Harman portent sur les comportements relationnels qui exposent les personnes à des risques de problèmes de santé physique et psychologique, comme la façon dont les sentiments et les croyances en matière de risque (par exemple, la prise de risques sexuels) peuvent être biaisés dans une relation. Elle étudie également le rôle du pouvoir dans l’engagement relationnel. ![]()